Circé

Un roman de Madeline Miller, traduit de l’anglais par Christine Auché.

4 carottes

Le soublime tableau de John William Waterhouse, Circe invidiosa

En tant que sorcière dont Ulysse va déjouer les pièges, Circé est l’un des personnages secondaires de L’Odyssée d’Homère. Madeline Miller a décidé d’en faire l’héroïne de son dernier roman et Federico applaudit l’idée des deux pattes ! L’auteure étoffe l’histoire de Circé avec force détails et elle a de la place pour en mettre car celle-ci est immortelle. Notre ami lapin a donc eu la chance de parcourir le palais du tout puissant Hélios, père de Circé, au cours de l’enfance pas vraiment dorée de cette dernière. Il a assisté, fasciné, aux querelles intestines entre dieux et titans, ainsi qu’aux interminables journées de ces être aussi mesquins que beaux, qui s’amusent en tourmentant les mortels.

Dans cet univers où tout est simple, brillant et beau, la jeune déesse ne trouve pas sa place. Dès son plus jeune âge, sa fascination pour les mortels l’incite à transgresser les règles, un peu plus à chaque fois, ce qui la conduira à un exil ordonné par l’Olympe pour la punir mais aussi, et surtout, pour museler ses pouvoirs de sorcière. Mais l’île d’Ééa, où elle est conduite, ne sera pas qu’une prison : elle va y développer ses talents, notamment celui pour les potions et les poisons, à l’abri des regards et devenir la femme fascinante que décrit Madeline Miller.

Federico a tellement aimé ce livre, vous n’avez pas idée ! Chaque phrase a été un bonheur pour lui. Cette lecture est une parfaite illustration de l’expression « les nourritures intellectuelle » car notre ami lapin s’est senti rempli de son intérêt pour le monde des dieux, décrit par l’auteure comme si elle l’avait visité, avec tant de réalisme qu’on s’y croirait (pour un univers imaginaire, inconcevable par l’esprit des mortels, c’est assez fort) et pour Circé. Sa jubilation quand elle développe une nouvelle potion, son enthousiasme, quand elle parcours son île, la découvre et fait corps avec elle, sa détresse quand les mortels auxquels elle s’attache frôlent la mort, sa détermination pour s’arracher à son destin : toutes ces émotions et bien d’autres ont tenu Federico captif de cette histoire.

Circé est ancrée dans son époque, quelque part dans la Grèce antique, et pourtant elle est très moderne et pourrait facilement être transposée dans une histoire contemporaine. Sauf qu’elle n’aurait pas trop le droit de transformer les gens en cochons, c’est pas hyper poli quand même.

Ulysse et les autres, mortels ou divins, sont donc cette fois-ci les personnages secondaires d’un récit qui réhabilite la sorcière. En lui donnant un passé et un futur au-delà de l’épisode Homérique, Madeline Miller apporte des nuances bienvenues au mythe de Circé, nous montrant sa qualité de sorcière comme une force créatrice et bienveillante, et pas que comme quelque chose de néfaste (mais un peu quand même, je me permets d’insister sur le fait que transformer des gens en cochon c’est mal, n’essayez pas ça chez vous).

Federico vous remercie Madeline, pour cette envoûtante lecture, sans oublier Christine Aucher pour son impeccable traduction !

Madeline Miller, trad. Christine Auché, Circé, Rue Fromentin, mai 2018, 448 p.