Marathon critique BD, spécial 0 carotte !

Il est d’usage de parler des lectures qui passionnent, questionnent ou enragent. Que l’on décerne 1 ou 4 carottes, tous les livres méritent leur critique (ou pas, si on a la flemme). Comme beaucoup de lecteurs, Federico en lit parfois des vertes et des pas mûres qui ne méritent même pas une critique 0 carotte, des « choses » qui font honte au papier recyclé sur lequel elles sont imprimées. Voici donc un marathon critique de BD qui, selon Federico, n’auraient pas dû être éditées…

noté 0 sur 4 Partout

Panda aime

© Delcourt, 2013Voilà un livre qui ne sert à rien, mais à rien du tout. Panda aime est l’adaptation d’un blog BD où sont relatés les activités et passions d’un panda : Panda aime arroser les réverbères, Panda aime le café, Panda aime le froid, se mettre en colère, se dissoudre… avec l’illustration qui accompagne le texte. Autant notre ami lapin se refuse d’avoir un avis tranché sur cette initiative bloguesque (lui-même est un lapin victime des trucs aussi intéressants que débiles du ouèbe), autant il ne cautionne absolument pas la publication papier du blog. Aucun intérêt, voilà tout. Federico pourrait se lancer dans un discours hargneux sur la nouvelle mode consistant à publier les blogs BD à la va-comme-je-te-pousse, histoire d’être sur le marché blogosphère et d’essayer de rafler les lecteurs du blog sans vraiment se questionner sur la pertinence d’une publication papier et d’une diffusion en librairie de ce genre de truc conçu à la base pour et par Internet. Dans la même veine, notre lapin agacé a lu l’adaptation papier de Le petit monde de Liz (blog mignon qu’il suit lui-même mais qui n’a pas grand intérêt une fois imprimé) et La petite mort, qu’il n’a pas trouvé aussi drôle que cela promettait.

starfuckeuseStarfuckeuse

Encore une BD qui non seulement ne sert à rien, mais qui est en plus très moche. Moche dans le dessin et les couleurs, mais aussi moche dans le texte et l’humour. Un humour qui n’est donc franchement pas drôle, ressemblant davantage à une private joke de l’auteure et ses copines. Federico a eu honte pour elle, mais aussi honte de lire ces pages totalement vide de sens et surtout de finesse. Il l’avoue, il a esquissé un sourire deux fois, mais ça ne suffit pas ! Ah mais il faut peut-être vous raconter de quoi ça cause. *soupir* Alors, c’est l’auteure qui nous raconte les fois où elle a couché (ou pas) avec des stars : Léonardo, Brad, Johnny, Richard, Angelina, Britney, etc. Deux questions demeurent : « Pourquoi ? » et « Mais qui va acheter ça ? »

Les Aventuriers de la mer, tome 1 : Vivacia

© Soleil, 2013Lorsqu’il était un lapereau boutonneux, Federico a englouti les romans fantasy de Robin Hobb : les cycles de L’Assassin royal et des Aventuriers de la mer. C’était génial ! L’adaptation en bande dessinée de L’Assassin royal ne l’avait pas vraiment convaincu, et il s’était arrêté au deuxième tome. Lorsqu’il a vu la couverture des Aventuriers de la mer, Federico s’est dit « noooonnn ! » Cette adaptation est la preuve intangible qu’il n’est pas donné à toute œuvre littéraire d’être adaptée sous une autre forme, que ce soit un roman adapté en BD, ou un livre adapté en film. Ici, la saga de Robin Hobb est buldozerée par la grosse machine Fantasy-Soleil : dessin approximatif et stéréotypé du genre, personnages vidés de toute profondeur et hissés au rang de tropes, subtilités du scénario lessivées à grands renforts de violons… Bref, c’est beurk.

Maintenant vous savez ce que vous n’avez pas besoin de lire, Federico a perdu quelques minutes de son temps précieux rien que pour vos beaux yeux… Merci qui ?

Panda aime, Keison, Delcourt, 2013

Starfuckeuse, Hélène Bruller, Delcourt, 2014

Les Aventuriers de la mer, tome 1 : Vivacia, Audrey Alwett (scénario) et Dimat (dessin), Soleil Productions, 2013

La promenade des Russes

En ce moment, Federico à un peu de mal. À lire, à écrire, à regarder des films en entier, à se concentrer, etc. La faute à une procrastinéose en plaque doublée d’une crise aigüe de rêveralgite qui le conduit souvent à digresser à mort sur Internet.

Pour ne rien arranger, Federico a essuyé quelques déceptions littéraires. Après s’être pâmé sur Anima et Les Apparences, les dernières lectures n’ont pas été des plus emballantes. Le deuxième livre de Gilles Legardinier, Complètement cramé lui est tombé des pattes. Alors qu’il s’attendait à un bon moment de rigolade, Federico a été franchement déçu et a rapidement interrompu sa lecture. La chose la plus marrante du livre semble être le chat halluciné de la première de couverture, qui est digne des meilleurs lolcats. Le premier roman jeunesse de Henning Mankell (qui avait pourtant séduit Federico avec Les chaussures italiennes, ne cherchez pas l’article, il n’y en a pas) a complètement dérouté notre ami lapin. Centré sur un héros coincé entre l’enfance et l’adolescence, Les ombres grandissent au crépuscule est un joli roman mais sa couverture et son titre (plutôt moroses et inquiétants) sont en total décalage avec le contenu. Il n’en fallait pas plus pour que Federico soit perturbé.

Sans parler des quelques livres dont Federico n’a lu que quelques pages, parce que ça ne l’emballait pas et qu’il préférait lire un Jane Austen (dont il sera bientôt question sur ce blog) et rêvasser en crinoline, ou se prendre des claques dans le museau en lisant la suite de Divergente. Notons que ce deuxième tome à entièrement répondu aux attentes de Federico. Pour ne pas spoiler l’histoire du tome 1 (la bonne excuse), notre ami lapin a eu la flemme choisi de ne pas en faire un article. Sachez seulement qu’il envoie du pâté en terme d’action et de surprises, et que Tris fait face à des choix qui la rendent terriblement intéressante.

À ce stade, vous vous dites : « D’accord, Federico a décidé de faire un marathon critique anorexique, mais du coup, c’est quoi cette histoire de promenade des Russes ? »

Patience lecteur ! Cette longue introduction est là pour expliquer que malgré toutes les difficultés que Federico a vécues dans ses lectures dernièrement, il va sous vos yeux ébahis, chroniquer un ouvrage.

Et cet ouvrage, ben c’est La promenade des Russes. De Véronique Olmi. Et paf, 3 carottes !

noté 3 sur 4

Trouvé par hasard, ce roman est la jolie surprise de fin d’année pour Federico. On y rencontre Sonia, 13 ans qui, quelque part dans les années 1960-70 (aucune précision précise sur ce point dans le livre) va squatter chez sa grand-mère alors que sa mère a décidé de faire une énième escapade et que son père n’est pas très motivé pour s’occuper d’elle.©LGF

Voici donc Sonia coincée à Nice avec une grand-mère constamment inquiète. Macha a en effet quitté la Russie pendant la révolution et voit partout le spectre meurtrier des soviétiques. C’est un poids lourd à porter pour Sonia qui préférerait être une catholique bien française et jouer dans les rues plutôt que de se balader au ralenti avec la main de sa grand-mère qui lui broie l’épaule.

Pourtant, l’été de ses 14 ans va marquer un tournant décisif dans la relation entre Sonia et Macha. Cette dernière garde avec elle un terrible secret lié à l’assassinat de la famille Romanov et à la disparition d’Anastasia. Quand Sonia réalise que cette histoire est en train d’engloutir cette vieille femme qui se veut plus solide qu’elle ne l’est, la jeune fille décide de prendre les choses en main.

Ce roman aux allures d’autobiographie est aussi vif et malicieux que son héroïne. Federico a beaucoup apprécié cette balade toute simple, le temps d’un été, dans le Nice de Sonia et Macha. Véronique Olmi maîtrise l’art d’aller à l’essentiel et conte les pensées de Sonia avec beaucoup de spontanéité.

Véronique Olmi, La promenade des Russes, LGF, novembre 2012, 216 p.

Federico a presque lu pour vous

Federico n’est pas un lapin très patient et un lecteur assez volage. Par conséquent, les livres ont très peu de temps pour retenir son attention : quelques mollesses dans les premières pages peuvent suffire à notre ami lapin pour passer à autre chose. Impitoyable.

Quoique, pas tant que ça puisque Federico va dès à présent consacrer un article aux ouvrages qui lui sont tombés des pattes ces derniers mois.

D’autant plus que Federico n’est pas toujours à blâmer. En effet, même si certains pourraient en douter, votre dévoué chroniqueur à une vie et il lui arrive parfois d’avoir des moments de je-n’ai-vraiment-pas-envie-de-lire-en-ce-moment-et-ça-me-déprime. Jim Harrison a eu le malheur d’arriver lors d’un de ces passages à vide et son dernier ouvrage, Grand Maître, n’était résolument pas adapté à la situation. Il raconte l’histoire d’un flic juste retraité qui continue néanmoins à poursuivre le gourou d’une secte accusé d’abus sexuels sur mineurs. Le héros du livre, Sunderson, traîne derrière lui pas mal de boulets, dont son mariage raté, son obsession pour les femmes et son goût prononcé pour l’alcool. Tout cela tourne en permanence dans son esprit tourmenté, incapable de trouver le calme. C’est donc un bel ouvrage, assez cru et très américain, qu’avait Federico entre les pattes. Cependant, après avoir mis de longues semaines à lire la première partie, notre ami lapin a abandonné, insatisfait de ses conditions de lecture.

Jim Harrison, traduit par Brice Matthieussent, Grand Maître, Flammarion, septembre 2012, 349 p.

Dans le coin des ados, nous trouvons Beyonders, de Brandon Mull, connu par les djeuns pour sa saga fantastique Fablehaven. Beyonders est le premier tome d’une nouvelle série (ce qui d’ailleurs n’est pas du tout mentionné sur la couverture, histoire de bien tromper les amateurs de tomes uniques) qui propose au lecteur de rejoindre un univers imaginaire peuplé de créatures fantastiques. Pour cela il suffit de suivre le héros (dont le nom s’est perdu dans le cerveau de Federico) qui, après être tombé dans la gueule d’un hippopotame (!) se retrouve mêlé à une curieuse cérémonie de… suicide collectif. Autant vous le dire, il y a de la bizarrerie en perspective et donc de quoi allécher notre ami lapin. Les 50 premières pages sont intéressantes, l’écriture est respectable et l’auteur ne tarde pas à planter son décor ainsi qu’à positionner ses personnages. Sans quelques contraintes extérieures qui l’ont poussé à interrompre sa lecture, Federico aurait certainement poursuivi histoire de voir où tout cela allait l’emmener. Mais il faut se rendre à l’évidence, l’étincelle qui aurait pu reconduire notre lecteur aux longues oreilles vers cet ouvrage n’était pas là et l’expérience n’est pas allée plus loin.

Brandon Mull, traduit par Marie-José Lamorlette, Beyonders, tome 1 : Vers l’autre monde, Nathan, avril 2012, 537 p.

Il en est allé de même avec Les désorientés d’Amin Maalouf. Objectivement, on doit pouvoir considérer la première moitié du roman comme d’excellente facture. Mais d’un point de vue Federicoesque, ça n’a pas pris. N’y connaissant rien à l’histoire libanaise, Federico a trouvé dans cette lecture des éléments sur le conflit qui a déchiré le pays. Pour le reste, Federico a lu cette histoire du retour au pays d’un émigré sans y porter un grand intérêt. C’est bien écrit, on ne s’ennuie pas, mais cette lecture n’a fait naître aucune émotion chez votre serviteur, si ce n’est l’envie que l’action s’étire un peu moins et qu’on en arrive au retrouvailles promises dans le résumé. À la moité du livre, Federico a donc lâchement interrompu sa lecture à la moitié pour aller mettre ses moustaches ailleurs. Il n’est jamais revenu.

Amin Maalouf, Les désorientés, Grasset, septembre 2012, 520 p.

Au final, Federico ne regrette pas de ne pas avoir achevé ces trois ouvrages : cela lui a donné plus de temps pour en lire d’autres. Et si vous êtes sages, Federico vous en parlera prochainement.

Puisque cet article est consacré aux lectures interrompues, il est normal que la fin soit abrupte.

Passons à autre chose !

Boo, le plus chou des chiens

La beauté et la créativité des albums pour enfants raviront toujours Federico. Comme pour mettre en valeur la qualité du travail de beaucoup d’éditeurs, certains d’entre eux semblent faire des concours de mochitude (laideur en patois de la garenne). Federico a ainsi repéré quelques maisons d’éditions ou collections dont les ouvrages ont l’air d’avoir été illustrés sur Paint et écrits par un GPS.

Ceux-là, notre ami lapin les fuit, préférant se concentrer sur les publications d’éditeurs équipés d’esprits créatifs. Comme ceux-ci (si vous avez suivi les articles de Federico avec sérieux, il est inutile de vous rappeler qui sont les éditeurs en question) :

Stoooooop ! Qu’est-ce que c’est que CELA !?

C’est Boo, le plus chou des chiens, création Milan Jeunesse. C’est sorti en mai 2012 et Federico n’a toujours pas compris le sens de cette entreprise éditoriale tout à fait sérieuse.

Pour commencer, Boo est un loulou de Poméranie qui a une grosse tête dans tous les sens du terme : il se présente comme un toutou adorable et trop stylé que tout le monde aime. Pour la leçon d’humilité, nous repasserons. Tout au long (très long) des 85 pages du livre, Boo nous conte sa life et nous parle de toutes les choses qui font remuer sa petite queue. Dans le désordre : dormir, porter des vêtements tendance, bronzer (!?) et être avec son ami Buddy, qui a eu le bon goût de se cacher derrière ses poils. Afin de ne pas passer pour quelqu’un de futile qui s’arrête au physique, Federico n’i nsistera pas lourdement sur le fait qu’il ne trouve pas ce chien mignon pour deux carottes. Il ne dira pas non plus que, pour lui, Boo tient plus de la peluche pour jet setteuse écervelée que de l’adorable toutou.

Concentrons nous sur le fond, ce qui va être rapide. En effet, le peu de texte présent dans l’ouvrage se contente de décrire des photos pas drôles qui se ressemblent toutes. Pas d’histoire donc, juste des instantanés de la merveilleuse vie de Boo, du style « j’adore me promener » ou « pour mon anniversaire mes amis m’offrent des cadeaux » … Mouiii. Mais le pire est encore à venir.

En voyant ce livre, notre ami lapin a éclaté d’un rire condescendant et a pensé : « mais qui va acheter ça ? »

Eh bien, potentiellement, 4 708 354 personnes. Soit le nombre de personnes qui aiment la page Facebook de Boo. (Du moins, à l’heure où nous publions cet article)

Ça jette un froid.

En se documentant pour les besoins de cet éminent article, Federico a en effet découvert que Boo était une vraie star sur le net et que les éditions Milan ne se faisaient que l’écho de ce phénomène au faciès surdimensionné. En tapant son prénom sur un moteur de recherche, on peut trouver des vidéos de Boo, beaucoup moins drôles que celles de Maru, l’autre coqueluche des internautes. Finalement, le vrai potentiel comique de Boo s’est révélé le jour où le monde a cru qu’il était mort dans une mare au canards. Lol.

J. H. Lee, Gretchen Lemaistre, Boo, le plus chou des chiens, Milan, mai 2012, 85 p.

Et que ceux qui seraient tentés de dire « Muuuais, un blog avec un lapin qui se moque d’un livre avec un chien, c’est un peu l’hôpital qui se moque du chaudron » aillent (re)consulter cet article. On en reparle juste après.

Madison Avery, tome 1 : Ange Gardien

Certains livres sont vexants. Ils sont écrits de façon tellement tarabiscotée qu’on n’y comprend rien. Voilà pourquoi Federico a abandonné la lecture du premier tome de la trilogie Madison Avery à la page 34 : parce que ce n’est vraiment pas clair.

Là où certains auteurs passent un chapitre à planter le décor de leur histoire, Kim Harrison plonge le lecteur au cœur de l’action de son livre. Le souci c’est que, comme elle écrit avec des palmes, Federico a plutôt eu l’impression d’être largué en plein champ de bataille : courage, fuyons.

Difficile de dire ce qui cloche dans l’écriture de ce livre : des phrases trop courtes ou trop longues ? Des virgules mal placées ? Des descriptions inutiles ? Un peu de tout ça. Mais le pire réside dans les métaphores tirées par le pompon. Exemples : « nous sommes aussi vulnérables que des canards sur l’eau ». Moui, mais encore ? « Je sentis son parfum de tournesols au crépuscule ». D’accord. Et ? « J’eus la sensation qu’on frottait des plumes sèches sur mon âme ».

C’est une autre culture.

En plus la couverture est moche.

Madison Avery, tome 1 : Ange Gardien, Kim Harrison, Castelmore, octobre 2011, 285 p.

Boneshaker

Un roman de Cherie Priest.

Il est impossible pour notre ami Federico de donner une note à ce livre : sa lecture a été sauvagement interrompue par une horde de morts vivants affamés. Or Federico n’aime pas les morts vivants. Les gens bizarres qui mangent les autres, cela ne lui semble pas très correct pour sa tranquillité d’esprit. Ainsi, afin de s’éviter une nuit blanche, notre rongeur a du mettre un terme à une lecture pourtant prometteuse.

Tout commence par une plongée dans un genre inconnu pour Federico : le steampunk. Si vous avez la flemme de lire l’article de Wikipédia, voici un résumé très résumé. Le steampunk est un genre littéraire qui place l’action de ses romans dans un XIXe siècle et imagine un développement fulgurant des machines à vapeur et autres technologies. Pour finir, signalons qu’un des précurseur de ce genre n’est autre que notre Jules Verne national.

Bonshaker, premier tome de la série Le siècle mécanique, nous plonge donc dans un Seattle sombre dont le centre historique est rendu inaccessible par un gaz mortel. Ce gaz a été libéré par le Boneshaker, sorte de super foreuse ayant échappé à son concepteur. Sous ce ciel on ne peut moins clément, parcouru par des dirigeables, vivent Briar Blue et son fils Zeke. Ils ne sont autre que la femme et le fils du défunt créateur du Boneshaker. Le jeune Zeke décide de rejoindre le centre de la ville afin de rassembler les éléments qui prouveront que son père n’est pas coupable du cataclysme qui a ravagé la ville. Mauvaise idée vous dira Federico : le centre de la ville est bondé de malfrats qui profitent de l’air vicié pour se planquer et de personnes que le gaz létal a plus ou moins tué. Consciente de ce terrible danger, Briar part à sa poursuite. Deuxième mauvaise idée. Sa rencontre avec les pas encore morts affamés de chair humaine marque la fin de la lecture de Federico.

C’est dommage, vraiment dommage. En effet, l’univers créé par Cherie Priest est très crédible et les mots qu’elle utilise sont d’une telle efficacité que le lecteur partage la sensation d’étouffement que ressentent les personnages. La relation entre la mère et son fils est très bien construite. La tension entre les deux personnages est palpable et quand Zeke prend la tangente, il réveille chez sa mère une femme prête à tout, qui laisse tomber ses habits d’ouvrière lasse pour revêtir ceux d’une aventurière courageuse.

Federico recommande cette lecture à tous les amateurs d’atmosphères sombres et mystérieuses, qui n’ont pas peur de la trouille.

Boneshaker, Cherie Priest, Eclipse, 10/2010, 460 p., 18 €.

La double vie d’Ana Song

Un roman de Minh Tran Huy

Les livres sont un fabuleux vecteur d’émotions : une histoire qui vous émeut aux larmes, des situations qui vous consternent, une médiocrité littéraire qui vous fait rire… Autant de sensations qui ouvrent à un échange sans fin et laissent des souvenirs tenaces.

Alors que faire quand un livre ne vous fait strictement rien ? Quand sa lecture ne fait naître en vous ni joie, ni admiration, ni dégoût, pas même de l’ennui ? Voilà ce qui s’est passé pour Federico quand il parcourait les pages de La Double Vie d’Ana Song. Rien. Le néant total. Alors oui, c’est  bien écrit, ça parle de sujets intéressants (la création, l’amour absolu, les médias et leurs jugements sans appel), tout le monde a salué ce livre qui a déclenché chez ses lecteurs un flot de compliments. Mais pour Federico, rien. La question est : qu’est-ce qu’il a bien pu rater que tous les autres ont vu et qui lui aurait donné la clé d’un livre à côté duquel il est totalement passé.

Il est frustré notre ami lapin, parce qu’il sent que beaucoup de choses auraient pu lui arriver dans cette lecture. Alors on mettra une carotte parce que, même si il n’a jamais pu le toucher, Federico a aperçu un grand roman dans ces pages.

Minh Tran Huy, La Double Vie d’Ana Song, Actes Sud, août 2009, 192 p., 18 €

Vanille, flibustière des Antilles

Un roman de Nicole Maymat

La mer des Caraïbes au XVIe siècle, les conquistadors, des pirates, un trésor maya, des personnages au grand cœur… En lisant la quatrième de couverture de ce roman pour les djeuns, Federico se sentait prêt pour partir à l’abordage des mers et vivre une grande aventure.

Eh bien, il repassera. Ce livre si prometteur a été une grande déception pour notre moussaillon aux grandes oreilles. Certes, l’auteur a fait plein de recherches pour nous faire vivre l’époque de la flibuste comme si on y était, mais de grâce, chers auteurs, arrêtez avec vos glossaires en fin de livre ! Comment voulez vous entrer dans l’action d’un livre si toutes les deux phrases vous devez aller à la dernière page pour lire la définition d’un mot. Les notes de bas de page, qui ne sont pas très esthétiques certes, seraient quand même bien plus confortables pour le lecteur qui se lasse très vite de ces allers et retours.

Ensuite il y a les personnages, pas vraiment attachants, la faute à une narration ratée. Pourtant, le choix de la placer dans la bouche d’un ancien matelot de Vanille, aurait dû nous rapprocher d’eux. Mais au fil des souvenirs de ce personnage – autrefois amoureux de Vanille, comme la moitié de l’équipage en fait – Federico n’a eu de cesse de voir s’éloigner les personnages. La fameuse Vanille semble trop caricaturale et les émotions qui la secouent restent étrangères au lecteur.

Quant à l’action (les bastons, que diable !), elle est éludée ou réduite à peu de choses, tout va trop vite et Federico n’a pas pu suivre ce bateau qui portait pourtant un bon trésor.

Nicole Maymat, Vanille, flibustière des Antilles ou le trésor d’Ix-Chilam Balam, Paris, Seuil, 138 p., 8 € 50

La mauvaise rencontre

Un livre de Philippe Grimbert.

noté 2 sur 4

Parce qu’il a pas que ça à faire non plus, que de faire les lectures que VOUS devriez faire, de temps en temps, Federico lit plus ou moins. Dans le cas du dernier roman de Philippe Grimbert, il s’est contenté des 5o premières et des 50 dernières pages.

mauvaise-rencontre-09C’est l’histoire de deux amis fusionnels : Loup (nom qui fait frémir notre ami lapin), le narrateur, et Mando. Dès leur enfance, ils sont inséparables mais Loup ne réalise pas encore l’importance qu’il a aux yeux de son ami : il va commettre des erreurs, des petites lâchetés de gamin qui auront des répercutions dramatiques bien plus tard. Voici une des premières phrases du livre, qui trace la ligne directrice de l’ouvrage :

« Rien n’aurait dû les séparer, croix de bois croix de fer, à la vie à la mort. Il n’y a pas eu de rivalités imbéciles, c’est autre chose qui les a déchirés, quelque chose qui était là depuis le début, mais que personne ne pouvait imaginer. » p. 12

La centaine de pages lue par Federico l’a plutôt intéressé. Plutôt mais pas trop. Le style est fluide et simple, l’auteur ne fait pas de fioritures et se concentre sur son récit. Les cinquante premières pages n’ont pas été suffisantes pour que notre ami lapin entre dans l’histoire et s’attache aux deux personnages. Par conséquent, en reprenant le récit à 50 pages de la fin – et même en ayant lu quelques pages au milieu – il était un peu largué vis-à-vis de leur évolutions. Néanmoins, Federico a apprécié de suivre cette histoire du point de vue d’un des protagonistes  qui, de son enfance à l’âge adulte, se construit à travers cette amitié et des rencontres qui vont le marquer. Des carottes intéressées mais peu enthousiastes.

Philippe Grimbert, La mauvaise rencontre, avril 2009, Grasset, 213 p., 19 € 49