Ma vie avec les chimpanzés

Un récit de Jane Goodall, traduit de l’anglais par Florence Seyvos.

3 carottes

Depuis longtemps sur son étagère, Federico a enfin pris le temps de lire ce texte de la célèbre éthologue (étude du comportement des différentes espèces animales, ndl), et il l’a dévoré en quelques heures comme un glouton !

Dans Ma vie avec les chimpanzés, Jane Goodall raconte son histoire au jeune public. Elle s’adresse ainsi directement au lecteur, mais toujours d’égal à égal dans un soucis pédagogique et de partage d’expériences. Federico a aimé ce ton sincère et plein d’humanité qui en rend la lecture plus qu’agréable et son auteure extrêmement attachante !

ma-vie-avec-les-chimpanzesJane Goodall commence par nous raconter son enfance en Angleterre pendant les années 1930 et 1940 : sa vie à la ferme et à la campagne, et l’intérêt qu’elle a très tôt pour les animaux. Petite, elle observait les poules pondre cachée dans le poulailler, elle dressait les chiens en valorisant leur intelligence, et faisait des courses d’escargots en veillant à leur quota de salade et à ne pas leur toucher les yeux pour ne pas leur faire mal… Comment ne pas être touché par tant d’empathie et de douceur ? Federico a véritablement craqué pour Jane !

Jeune femme, Jane étudie et travaille à Londres et Oxford. Puis, enfin, elle réalise son rêve en partant pour l’Afrique afin de rendre visite à une amie. Elle rencontre alors l’archéologue Louis Leakey qui, voyant son intérêt et son savoir, en fait son assistante, avant de lui proposer de mener par elle-même un programme d’observation d’une tribu de chimpanzés dans la vallée de Gombe, en Tanzanie. Elle a 23 ans.

Pendant des années, Jane observe les chimpanzés dans la jungle. Elle apprend à connaître la tribu et donne des noms à chacun ; elle assiste aux naissances, aux maladies et décès, aux prises de pouvoir, à l’éducation des plus jeunes et au développement de leur caractère, à leur façon de se nourrir, de dormir… C’est elle qui les étudia en train d’utiliser des outils, une découverte majeure à l’époque.

Notre ami lapin est tout admiratif devant cette femme qui, avec la simple observation, beaucoup de patience et un respect infini, a permis de développer l’étude du comportement animal et de sensibiliser les esprits à leur cause. On peut dire que Jane Goodall a le cœur sur la main, et son empathie envers le monde animal est sans limite. Son récit est riche de multiples anecdotes et de réflexions qui nous donnent une belle leçon d’humanisme. Une personne comme Federico aimerait en rencontrer tous les jours…

Jane Goodall, trad. Florence Seyvos, Ma vie avec les chimpanzés, L’École des Loisirs, 1988, 108 pages

Genesis

Un roman (ado) de Bernard Beckett.

La couverture de ce roman de science-fiction n’est pas passée inaperçue et avait de quoi attiser la curiosité de notre cher lapin. Le concept est prometteur : une jeune fille, Anaximandre, passe l’oral de l’examen d’entrée devant trois membres du jury de l’Académie. Son sujet d’étude : Adam Forde, l’homme qui, des années auparavant, a entraîné la fin du régime de la République de Platon. Résistant malgré lui, il sera condamné à converser avec le robot Art qui a l’apparence d’un orang-outan, et dont les capacités intellectuelles se développent lorsqu’il interagit avec des humains.

L’héroïne poursuit son exposé pendant les cinq heures qui lui sont imparties, elle doit faire preuve de son esprit d’analyse et tente parfois d’interpréter différemment les faits historiques. D’une manière étrange, toutes ses réactions émotionnelles sont scrutées par le jury qui l’entraîne dans des réflexions psychologiques et philosophiques sur la vie d’Adam Forde.

État totalitaire, révoltes, héros résistants, robots… l’univers dystopique est bien présent dans le livre, mais il se réfère à l’époque d’Adam Forde, des dizaines d’années avant le temps du récit. Des questions essentielles pour le lecteur sont sans réponse : si la République de Platon n’est plus, dans quelle société vit aujourd’hui Anax ? Quelle est cette Académie pour laquelle elle postule ? Ce manque de repères est perturbant pour le lecteur qui se plonge alors dans l’histoire d’Adam Forde, devinant que la clé du mystère s’y trouve.

L’énigme a donc de quoi tenir en haleine, et notre lapin a en effet été secoué par la révélation finale qui se dévoile à l’avant-dernière page… Mais, si c’est certes le moment logique pour donner la réponse qui explique tout le roman, c’est un peu trop tard : Federico était un peu perdu, sonné par les considérations philosophiques et les retors de la relation entre Adam et Art. De plus, l’histoire développe très peu de personnages : elle se déroule dans un huis clos entre Anaximandre et le jury, et relate principalement les échanges entre Adam Forde et Art. Federico a donc eu du mal à s’investir dans ce roman pourtant très bien construit et au dénouement, sinon brutal, efficace.

Bernard Beckett, Genesis, Gallimard Jeunesse, 192 pages, 11,50 €