Terriérama n°6

Terriérama est le premier magazine en ligne publié de façon pas du tout régulière qui vous parle de films sortis il y a 2 ans et demi, de séries pas encore diffusées en France, du CD que Federico vient juste de retrouver dans les coussins du canapé et autres choses ébouriffantes !

Cinéfilapin

The Riot Club, un film de Lone Scherfig

riot clubFondé à l’université d’Oxford au XVIIIe siècle, le Riot Club est réservé à la future élite britannique. Composé de dix jeunes hommes, ce club ne fait pas vraiment dans l’organisation de soirées bingo caritatives. Leur créneau serait plutôt sexe, drogue et cor de chasse. Le début du film les rend assez séduisants : ils sont beaux,riches, drôles et brillants. Alors oui, ils sont aussi très imbus d’eux-même et d’une arrogance folle mais on ne peut pas s’empêcher de bien aimer ces aristo perdus dans un XXIe siècle construit sans eux.

Comment se fait-il alors qu’en sortant du cinéma Federico avait une furieuse envie de leur donner des coups de pieds ?

Parce que Lone Schering, réalisatrice danoise et élève de Lars Von Trier, n’est pas là pour enjoliver la réalité mais pour nous la montrer telle qu’elle est dans ces clubs. Pourris par leur éducation de futurs maîtres du monde et bouffis de privilèges datant du mésozoïque, nos dix compères vont peu à peu révéler leur nature vandalesque et, au cours d’un huis clos nerveux et révoltant, se lancer dans une croisade contre les classes populaires. Ils révèlent un comportement et des idées qu’on pensait disparues dans les tranchées de la Somme, en particulier à l’égard des femmes, faisant preuve d’une misogynie de haut vol.

Remarquablement filmé et interprété, ce film est inspiré de clubs existant réellement, ce qui n’en est que plus atterrant. La fin laisse entrevoir un espoir que toutes les graines ne soient pas pourries mais on reste quand même avec un sale goût dans la bouche. C’était le but.

Envoyé spécial

Ça faisait un sacré bail qu’il n’avait pas été y promener son pompon, mais cette année Federico est enfin retourné au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo ! C’était une visite expresse puisqu’il n’y a passé que la journée du 25 mai, mais il a eu l’occasion de voir plein de gens et de choses intéressantes.

Dans la ville intra-muros, notre ami lapin a assisté à une rencontre très rafraichissante sur les pôles au cours de laquelle se sont exprimés Jean-Louis Étienne, Isabelle Autissier et Charlie Buffet. Ils ont parlé de leurs ouvrages respectifs évidemment (que vous pouvez découvrir en cliquant sur les noms des auteurs, parce qu’on va pas vous faire tout le boulot non plus) mais pas que. La discussion entre ces trois auteurs-voyageurs s’est articulée autour des thèmes enchanteurs de l’aventure, du dépassement de soi, du froid et du matériel de randonnée polaire.

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À défaut d’être nette et bien cadrée, cette photo à le mérite de prouver que Federico et ses talents de photographe étaient bien présents à Saint-Malo !

Après ça, Federico est passé en mode militant et a assisté à une rencontre avec l’activiste Paul Watson, leader de l’organisation Sea Sheperd que vous avez déjà croisé dans ce terrier. Il a évoqué ses actions sur les mers du globe pour arrêter par tous les moyens les flottes de pêche industrielle qui ravagent les océans et déciment leurs habitants. Cétacé ! Très controversé, en particulier dans les milieux écologistes, à cause de l’aspect très spectaculaire des interventions de Sea Sheperd, Paul Watson a en tout cas beaucoup intéressé notre ami lapin. Il faut dire que l’homme est un habile communicant, qui a rapidement transformé la rencontre en one man show bien huilé qu’il répète certainement aux quatre coins du globe. Mais contre les gargantuesques entreprises qui pillent les ressources naturelles et leur lobbys, il faut au moins ça.

Federico n’a pas fait qu’écouter des gens parler. Au cours de ses pérégrinations, il est arrivé par hasard dans une exposition qui l’a fait fulminer. Main basse sur la terre réunit les photos que Marie Dorigny a prises au Mozambique où des dizaines d’agriculteurs sont expropriés par des entreprises étrangères qui convoitent leur terres pour y installer des exploitations de monoculture industrielle. En creusant un peu, Federico a découvert que cette photographe a déjà immortalisé la colère et la détresse de personnes ainsi bafouées. Son travail a profondément marqué notre ami lapin.

©Marie Dorigny

Technologie technique

Ami lecteur, toi qui écrit des choses avec tes papattes sur ton clavier, n’es-tu pas las de toutes ces sollicitations sur ton écran qui viennent te déconcentrer et t’inviter à la plus pernicieuse des digressions ? Comme Federico, tu n’en peux plus de commencer la rédaction d’un texte avec de hautes ambitions d’efficacité et de finir dans les tréfonds de l’Internet sans que ton œuvre n’ait avancé le moins du monde ? Nous avons la solution ! Ça s’appelle Omm Writer, ça fait quelques années que ça existe, mais comme d’habitude, Federico aime prendre son temps avec la technologie.

Soyons clair, Omm Writer n’est pas un logiciel qui vous colle des tartes dès que vous détachez votre regard de votre traitement de texte. Non, Omm Writer EST un traitement de texte. Sauf qu’au lieu de vous proposer mille et une solutions de mise-en-page-publipostage-import-pdf-lien-hypertexte-emballé-c’est-pesé, Omm Writer vous laisse le choix entre différentes musiques d’ambiances, tonalités pour les touches du clavier et fonds d’écran zen. Dès que vous écrivez, les quelques boutons d’option s’effacent pour ne laisser qu’un fond très épuré et par dessus, votre texte.

Depuis qu’il l’a découvert, Federico n’écrit plus ses articles que sur ce logiciel et fignole la mise en page dans son interface WordPress. Et ça marche ! Écrire était déjà un plaisir, c’est maintenant un véritable moment de détente. Le petit cliquetis des touches du clavier est tellement addictif que Federico ne voudrait plus arrêter de taper !

En direct de Westeros

Lors de la diffusion des deux dernières saisons de Game Of Thrones, une mode est apparue dans la presse en ligne : les chroniqueurs qui annoncent pourquoi ils ont arrêté de regarder la série. Portée aux nues lors de sa première saison, GOT fait de plus en plus grincer des dents. Trop de violence, trop de sexe, trop de sexe violent, etc. : les arguments qui motivent les gens à passer leur chemin ne manquent pas. Comme Federico essaie de suivre un peu la mode quand même, il vous annonce maintenant que pour lui, Game Of Thrones à la télé, c’est fini.

jon snow

Ne me regarde pas comme ça Jon, je ne reviendrai pas sur ma décision.

Pour notre ami lapin, les motifs de rupture sont nombreux. L’un d’eux (le principal) est la sensation de ne plus du tout s’y retrouver. Entre la série et les livres, le gouffre se creuse de plus en plus et ce ne serait pas si grave aux yeux de Federico s’il n’avait pas la nette impression que le scénario de la série est en train de prendre les devants sur le tome 6 (qui devrait paraître d’ici à la fin du monde). Par conséquent, Federico a passé les quatre premiers épisodes de la saison 5 à bondir sur son canapé à grand renfort de « Mais que quoi ?! Ceci n’est point encore survenu dans le livre ! Ne me gâchez pas ma lecture, je vous en conjure ! » (en moins poli). Et puis quelles certitudes avons-nous que les avancées prises par la série maintenant seraient conformes avec ce que nous concocte l’auteur George R. R. Martin ? Que de confusion chez notre ami lapin !

Par ailleurs, Federico avait franchement moins de plaisir à visionner les Stark et les Lannister se prendre le chou. Alors que la série avait commencé en fanfare avec un scénario fidèle aux livres et un casting bad ass, les deux dernières saisons ont accéléré le rythme à grand renforts de raccourcis et de manque de finesse, envoyant aux oubliettes toutes les subtilités qui font la richesse de l’univers de Martin et se cantonnant au sensationnel qui a fait son succès : les nénés et le sang qui gicle. Ainsi, à son humble avis, Federico trouvait que la série était de moins en moins une bonne série : expéditive, éparpillée et sans profondeur…

Bravo les mecs pour ce beau gâchis.

Bravo les mecs pour ce beau gâchis.

Federico ne s’est pas morfondu longtemps : de chouettes séries il y en a des tas ! Et il retrouvera ses personnages préférés entre les pages des bouquins, ce n’est pas pour lui déplaire !