Moon Palace

 Un roman de Paul Auster, traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf.

© Paul Auster - Actes Sud

4 carottes

Peut-être est-ce parce qu’il l’a lu en premier, mais Moon Palace est (pour le moment) le roman de Paul Auster préféré de Federico.

Dans ce roman, on suit les pas de Marco Stanley Fogg, étudiant new-yorkais orphelin, sans le sous et gros lecteur. Ses pas le conduiront à l’errance dans les allées de Central Park, jusqu’à la demeure du vieil infirme Thomas Effing, en passant par les bras de la charmante Kitty Wu. Le récit de Marco est relayé par d’autres longs récits qui font voyager le lecteur à travers les destins d’autres protagonistes plus ou moins liés au héros. On retrouve les thèmes clés de Paul Auster : le vagabondage, le voyage, la quête d’identité, le hasard…

Cette lecture a un peu été comme une claque pour votre doux lapin : le style parfaitement maîtrisé de l’auteur et les histoires qui se dévoilent avec mystère et limpidité l’ont véritablement charmé. Les énormes paragraphes qui se lisent avec aisance ont englouti Federico dans une lecture captivée. Moon Palace a vraiment été une « lecture englobante », de celles qui vous happent dès les premières lignes et qui vous font tout oublier autour de vous. Un pur plaisir littéraire en somme.

Moon Palace, Paul Auster, Actes Sud, 1993 (version originale parue en 1989), 480 pages

Nikolski

Un roman de Nicolas Dickner.

Notre ami lapin a eu un véritable coup de cœur pour ce roman qu’il a dévoré en très peu de temps ! Paru chez un petit éditeur indépendant, ce livre est un best-seller couronné de nombreux prix au Québec et à l’étranger. Federico ne pouvait donc pas le mettre de côté dans sa découverte de la littérature québécoise contemporaine, et il a eu bien raison.

Nikolski, c’est un livre plein de vie, de mots et de voyages. Un livre comme il se doit, en somme.

Nikolski est donc un livre que l’on lit avec grand plaisir, et ce dès les premières pages. D’emblée, les histoires des divers personnages nous sautent à la figure avec entrain et joie de vivre ; on découvre avec délectation les petites et grandes aventures des héros, à la fois très communs et hors du commun…

Entre autres, c’est l’histoire de Noah, de Joyce et celle d’un narrateur sans nom. Chacun de leur côté, ces jeunes gens (autour de la vingtaine) entament leur premier grand voyage, celui de l’autonomie, dans la ville de Montréal. Noah quitte sa mère qui parcourt en roulotte depuis des années les prairies de l’Ouest canadien, Joyce laisse derrière elle le village isolé des îles du nord au parfum d’Acadie, quant au narrateur inconnu, il fait le ménage dans la maison familiale de la banlieue de la métropole après le décès de sa mère. Le roman vous fait donc pas mal voyager dans les paysages canadiens, de Sept-Île à Vancouver, et avec un crochet par l’Amérique du Sud…

Petite note : Nikolski, c’est le nom d’un village sur une minuscule île au large de l’Alaska. Pour savoir ce qu’il fait là, il faudra lire le livre bien sûr !

Si les trois héros ne le savent pas, le lecteur, lui, est dans la confidence : tous ces personnages sont liés, que ce soit par des liens familiaux ou par des objets incongrus comme un compas qui n’indique pas le nord ou un livre sans couverture… On a même droit à des récits de flibustiers, de civilisations amérindiennes, d’une poissonnerie, de l’archéologie des déchets et du fonctionnement des bureaux de poste… Non, ce n’est pas fouillis, c’est bien au contraire foisonnant d’inventivité et de grande ouverture sur le monde !

Federico vous incite très fortement à lire ce livre si vous avez besoin de vous détendre, de prendre le temps de vivre et vous laissez porter par des mots justes sur des histoires touchantes. Car le style de l’auteur est lui aussi un argument de poids pour vous décider : la maîtrise de l’écriture est si complète et sincère que la lecture n’en est que plus agréable et enivrante… On aimerait juste pouvoir se resservir à volonté !

Nikolski, Nicolas Dickner, Québec, éditions Alto, 2005, 328 pages (publié en France chez Denoël)

Nikolski est pas mal proche de l’esprit de cet autre livre, déjà adoré auparavant par votre serviteur lapin. Voilà une nouvelle raison d’aller le lire !