L’île au trésor

Un roman de Robert Louis Stevenson (1883)

Comme vous le savez probablement, lapins et marins ne faisaient pas très bon ménage dans les temps jadis. Sous prétexte que les premiers auraient entraîné le naufrage de navires en rongeant les cordages de chanvre, les seconds les ont bannis de leur vocabulaire. Pour évoquer les semblables de Federico, on parlait alors de « pollop », de « l’animal aux longues oreilles », « du cousin du lièvre » voire de la « langoustine des prés »1.

Pas rancunier, Federico a quand même plongé ses moustaches dans un classique de la littérature d’aventure : L’île au trésor.

Notre ami lapin avait déjà vaguement entendu parlé du mythique Long John Silver, mais par bonheur il n’en savait pas plus sur ses aventures. Il a donc pu profiter de chaque page tournée et savourer les surprises du récit. Pour vous offrir ce même plaisir, Federico vous épargne le résumé (que vous trouverez très facilement au besoin). Notre rongeur a parfois du mal à comprendre pourquoi un livre lui a plu. Ici, la recette est simple : un jeune narrateur sympathique et un peu tête brûlée, des personnages ambivalents et moult retournements de situation. Le tout narré avec simplicité et précision. Nous épargnant les longues descriptions, Stevenson se concentre sur l’action et sur les motivations (souvent troubles) des héros. Parmi ces derniers, le fameux Long John Silver, magnifique gentilhomme de fortune est le digne représentant de l’univers à la fois sombre et flamboyant de la piraterie. Celle-ci et, plus globalement, le monde si particulier des marins (il faut être bien particulier pour ne pas aimer les lapins) est décrit à travers le regard fasciné du jeune narrateur, Jim Hawkins. Comme lui, Federico est parti à l’aventure sans savoir ce qui l’attendait et il n’a pas été déçu du voyage.

Ce seront donc 3 carottes pour ce roman à lire de 10 à 110 ans dans l’une des multiples éditions qui existent.

1. « Les superstitions des marins », Wikipédia.

Vanille, flibustière des Antilles

Un roman de Nicole Maymat

La mer des Caraïbes au XVIe siècle, les conquistadors, des pirates, un trésor maya, des personnages au grand cœur… En lisant la quatrième de couverture de ce roman pour les djeuns, Federico se sentait prêt pour partir à l’abordage des mers et vivre une grande aventure.

Eh bien, il repassera. Ce livre si prometteur a été une grande déception pour notre moussaillon aux grandes oreilles. Certes, l’auteur a fait plein de recherches pour nous faire vivre l’époque de la flibuste comme si on y était, mais de grâce, chers auteurs, arrêtez avec vos glossaires en fin de livre ! Comment voulez vous entrer dans l’action d’un livre si toutes les deux phrases vous devez aller à la dernière page pour lire la définition d’un mot. Les notes de bas de page, qui ne sont pas très esthétiques certes, seraient quand même bien plus confortables pour le lecteur qui se lasse très vite de ces allers et retours.

Ensuite il y a les personnages, pas vraiment attachants, la faute à une narration ratée. Pourtant, le choix de la placer dans la bouche d’un ancien matelot de Vanille, aurait dû nous rapprocher d’eux. Mais au fil des souvenirs de ce personnage – autrefois amoureux de Vanille, comme la moitié de l’équipage en fait – Federico n’a eu de cesse de voir s’éloigner les personnages. La fameuse Vanille semble trop caricaturale et les émotions qui la secouent restent étrangères au lecteur.

Quant à l’action (les bastons, que diable !), elle est éludée ou réduite à peu de choses, tout va trop vite et Federico n’a pas pu suivre ce bateau qui portait pourtant un bon trésor.

Nicole Maymat, Vanille, flibustière des Antilles ou le trésor d’Ix-Chilam Balam, Paris, Seuil, 138 p., 8 € 50