Pêcheur d’Islande

Un roman de Pierre Loti.

2 carottes

Federico a toujours connu ce roman dans la bibliothèque de ses parents. Lorsqu’il est parti en voyage en Islande, il s’est dit : « ben tiens, c’est l’occaz ! » Sauf que ce n’était pas tellement adapté en fait.

pecheurislandeLa raison première, c’est que Pêcheurs d’Islande ne se déroule pas en Islande, mais en Bretagne, à Paimpol très exactement. Notre ami lapin dut alors oublier les glaciers, les fjords et les volcans qui l’entouraient, et essayer d’imaginer la côté bretonne sous la pluie ; il dut remplacer les Kirkjubæjarklaustur et les Morsarjökull par les Ploubazlanec et autres Plouherzel…

La raison seconde de l’inadéquation de ce roman dans le voyage de Federico, était le côté fleur bleue et vieillot de l’histoire et du ton. Alors qu’il voulait de la nature et de l’aventure, il a eu de la romance et des bretonnes qui se languissent sur les falaises…

Imaginez donc Gaud, une jeune et jolie bretonne aux longues nattes blondes coiffées sous son bonnet de tissu blanc ; c’est la plus jolie du village, elle est timide, c’est la fille d’un ancien pêcheur devenu commerçant aisé. Mais la pauvre, son père vient de mourir en laissant quelques dettes… 🙁 Elle rencontre alors au cours d’une noce le grand, beau et costaud Yann Gao, qui part tous les ans pour de longues et dangereuses campagnes de pêche dans les mers islandaises. Les tourtereaux s’entre-tapent dans l’œil, tout le monde leur dit de se marier, mais il est trop fier ; Gaud, elle, attend sagement en regardant la mer… Au bout de trois ans, il se décide ! C’est la teuf, sauf qu’il repart en mer un mois après, et c’est pas la Croisière s’amuse…

Plutôt déprimant, parfois agaçant, très vieille école… même si l’histoire demeure touchante, Federico n’a pas été séduit par les embruns tels que les décrit Loti. De plus, le roman étant annoté et notre ami lapin étant curieux, il est insupportable d’aller chercher les notes en fin d’ouvrage, surtout lorsqu’elles sont inintéressantes !

Pêcheur d’Islande, Pierre Loti, Folio, 1973 (1886 pour la première édition), 224 pages

L’échange des princesses

Un roman de Chantal Thomas.

noté 3 sur 4

Vite vite, avant qu’il n’oublie, Federico doit vous parler de ce bouquin vraiment sympa !

Notre ami lapin aime l’Histoire. Parfois, il se perd sur Wikipédia à lire la vie du duc de Machin et de la comtesse Truc. Mais quoi de mieux que la vraie vie des princes et princesses sous la plume de Chantal Thomas ?

© Le Seuil, 2013Un jour, dans son bain trimestriel, Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV et Régent de France, a une chouette idée : pourquoi pas marier le jeune Louis XV avec l’infante d’Espagne, Marie Anne Victoire ? Et pourquoi pas en profiter aussi pour marier sa propre fille, Louise Élisabeth, avec l’héritier du trône d’Espagne ? Ça peut servir, et les tensions avec le Roi d’Espagne se calmeront un peu. Cette lumineuse idée donne lieu à un échange de princesses à la frontière franco-espagnole en 1721. Mais le plan du régent fera flop au bout de quelques années. D’un côté, malgré le charme des 4 ans de Marie Anne Victoire, Louis XV est trop vieux (11 ans) et la boude royalement (il peut, c’est le Roi !). De l’autre côté, Louise Élisabeth, 12 ans, reçoit un accueil glacial à Madrid où elle débarque malade comme un chien après son très long voyage en carrosse (contrairement à ce que les contes de fées veulent nous faire croire, voyager en carrosse n’est pas une promenade de santé).

Chantal Thomas ne nous fait pas du roman historique grandiloquent, elle nous plonge dans le quotidien à la fois morne et dangereux des princesses, ces toutes jeunes filles qui doivent plaire au peuple, à la cour et au Roi, dans le seul but d’enfanter un rejeton destiné à porter une couronne. Où est le vrai, où est le romancé ? On n’en sait trop rien, mais on croit à tout ce que nous raconte l’auteure. Très très bien écrit, le roman est enrichi des extraits de correspondances des princesses, des têtes couronnées, des gouvernantes, du Régent, tout en gardant un style linéaire, comme si la narration s’était adaptée au style de l’époque.

C’était quand même fou la vie de ces enfants qu’on mariait à tout bout de champ mais qui devaient somme toute s’ennuyer à mourir dans leurs palais ! Le passe-temps des princes ? La chasse. Celui des princesses ? Être agréable. La pauvre Louise Élisabeth avait décidé de ne pas être agréable, mal lui en pris. Quant à Marie Anne Victoire, elle avait tout pour plaire, sauf dix années supplémentaires….

Donc voilà, c’était le fun. Peut-être pas pour les princesses, mais au moins pour Federico !

L’échange des princesses, Chantal Thomas, Le Seuil, 2013, 348 pages