L’amant

Un roman de Marguerite Duras.

3 carottes

Federico ne sait pas comment parler de sa lecture de L’Amant de Marguerite Duras.

amantdurasCe sont des images et des sensations qui lui reviennent : les paysages humides de l’Indochine ; un bac sur un fleuve, le Mékong ; l’air moite dans une pièce étroite, la garçonnière ; les bruits et les cris de la rue, Saïgon… Et puis cette jeune fille, petite blanche qui se prend des airs de dame avec son chapeau d’homme, sa robe claire et ses souliers dorés. Federico se l’imagine avec un air espiègle, avide, les paupières lourdes et ennuyées, et le regard ailleurs… d’après les portraits de l’auteure à cet âge. (À l’occasion de cette recherche photographique, notre ami lapin s’est perdu dans les archives de l’INA…)

Le récit de Duras est extrêmement sensuel, rempli de sentiments durs, peuplé de personnages à fleur de peau. Elle tire de sa mère un portrait poignant et dérangeant, à la fois plein d’amour pour cette femme veuve et ruinée, et dépité par sa dépression et sa folie latente. Et la présence du grand frère violent et mauvais n’arrange pas l’équilibre instable du foyer. Une ambiance familiale malsaine qui fait trembler les pages du roman, autant que l’amour fou du riche chinois envers la petite blanche les fait vibrer de désir…

Une lecture suave pour notre ami lapin, qui sait enfin ce qui se trouve entre les pages de L’Amant et dans la prose de Duras. Une expérience à renouveler.

Marguerite Duras, L’Amant, Les éditions de Minuit, 1986, 148 pages