Marina Bellezza

Un roman de Silvia Avallone, traduit de l’italien par Françoise Brun.

4 carottes

Après le splendide D’acier, Silivia Avallone prouve à nouveau l’étendue infinie de son talent.

marina bellezzaSur fond de crise économique italienne, Silvia Avallone nous emmène dans la vallée du Piémont auprès de Marina et d’Andrea. Ce dernier, fils de notable, veut devenir macaire comme son grand-père, c’est-à-dire élever des vaches dans la montagne, loin du monde et des hommes. Ce beau rêve se heurte avec violence à l’ambition de Marina, dont il est follement amoureux. Marina, élevée par une mère alcoolique a été profondément meurtrie par le manque d’amour paternel et a décidé de prendre sa revanche en devenant la nouvelle pop star. Elle a tout pour y arriver : elle est d’une beauté insolente et sa voix envoûte le public. Mais son arme la plus affûtée c’est sa rage de vaincre, sa détermination à tout brûler sur son passage. Marina est un météore.

Si on a régulièrement envie de coller des baffes aux personnages de ce roman (et pas seulement à Andrea et Marina) c’est parce qu’on ne sait pas comment réagir face à autant de fureur de vivre. Leurs réactions sont toujours extrêmes et totalement surprenantes. Federico a été bouleversé par leurs rêves et leur amour, à la fois force et faiblesse, mais il aurait été capable de les suivre au bout du monde, simplement parce qu’ils sont beaux. Leur cri de rage face à ce monde vieillissant, qui refuse leur fougue quand il n’essaie pas de se l’approprier, a fait un bien fou a notre ami lapin et l’a plongé dans une profonde et durable réflexion sur ses propres valeurs.

Federico avait pris une belle claque avec D’acier et c’est avec une légère appréhension qu’il avait tendu l’autre joue. L’uppercut qu’il a reçu cette fois-ci l’a laissé en larmes, totalement désemparé face à tant de talent.

Silvia Avallone, Marina Bellezza, Liana Levi, août 2014, 541 p.