Le lièvre de Vatanen

Un roman d’Arto Paasilinna, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail.

3 carottes

Enfin ! Federico met ses moustaches dans Le lièvre de Vatanen, ce roman incontournable de la littérature scandinave dont il a tant entendu parler.

Comme le titre l’indique, l’un des héros de ce livre est un lièvre. Que faudrait-il de plus pour convaincre notre ami lagomorphe ? Si l’histoire se concentre sur le personnage de Vatanen, le lièvre n’est pas en reste, et vit selon Federico une aventure tout aussi mouvementée que son compagnon humain. De toute façon, sans lui, rien ne serait arrivé.

Vatanen est un journaliste d’Helsinki qui envoie tout promener du jour au lendemain : son travail pour un magazine médiocre et racoleur, son mariage raté et sans amour, sa vie routinière et sans intérêt dans la grosse ville… L’événement déclencheur sera sa rencontre avec le lièvre, percuté en pleine nuit par son collègue photographe sur une route de campagne. Vatanen part à sa recherche, ignorant les appels de plus en plus énervés de son ami qui finira par le laisser seul dans les bois. Mais il n’est pas seul. Recueillant le pauvre animal blessé et effrayé, il va progressivement apprendre à le soigner et le nourrir. Le lièvre devient alors son compagnon de route, son guide et sa muse dans sa quête de simplicité et de liberté à travers les forêts du grand nord.

le lièvre de Vatanen

Lecture rapide et cocasse, ce roman nous emmène aux quatre coins de la Finlande sur les pas de Vatanen et de son lièvre. Les différentes étapes et rencontres de son voyage prennent la forme d’historiettes se succédant en cours chapitres qui se lisent avec aisance. Univers truculent, parfois dur, parfois léger, Le lièvre de Vatanen est un texte aux allures picaresques se mêlant au nature writing et célébrant joliment une fable du retour à la nature, bien plus efficacement selon notre ami lapin que l’a fait Sylvain Tesson avec Dans les forêts de Sibérie.

Une réserve cependant pour finir : si sa lecture fut plaisante, Federico a tout de même souvent tiqué de la place qui était faite aux femmes dans Le lièvre. Pendant le voyage de Vatanen et du lièvre, les personnages féminins n’ont pas de nom (sauf si elles ont des relations sexuelles avec le héros), et endossent les rôles peu glorieux et stéréotypés de mégère castratrice (l’épouse de Vatanen), de mondaines futiles (les épouses des ambassadeurs), de « bonnes femmes » et autres plantes vertes. Des passages un peu sexistes qui teintent le texte d’Arto Paasilina d’un point de vue malencontreusement rétrograde de ce côté-là (on sent qu’il date de plusieurs décennies déjà), alors que le roman demeure joliment moderne dans ses autres aspects.

Arto Paasilinna, Le Lièvre de Vatanen, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, Denoël/Folio, 1989, 224 pages

Le grand méchant renard

Une bande dessinée de Benjamin Renner.

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Dans l’imagerie populaire le renard est un animal roublard, élégant et gourmand qui trompe habilement son monde et parvient toujours à ses fins aux dépends de celui qui l’écoute.

Cette bande dessinée vient contredire la légende et nous présente un spécimen de vulpes vulpes qui cultive l’art de la loose avec soin. Le renard de cette histoire (il n’a pas de nom, pas plus que les autres personnages) est tellement naze que ce sont les poules qui l’agressent quand il tente une incursion dans un poulailler très mal gardé, sous le regard compatissant du lapin et du cochon. Ce dernier, bonne âme, ne manque jamais d’offrir un panier de navet à notre malheureux renard.

©ShampooingAlors qu’il dresse le bilan de sa mauvaise journée avec le loup, vraie terreur des environs, celui-ci met au point un plan diabolique : puisque personne à la ferme ne craint le renard, il n’aura aucun mal à subtiliser quelques œufs. Ces œufs deviendront des poussins puis des poulets bien gras que nos deux compères se feront une joie de dévorer.

Comme vous l’imaginez, le plan ne va pas se dérouler exactement comme prévu et c’est tant mieux parce que cela offre une bonne grosse crise de rires au lecteur ! Ce qui est génial dans ce livre c’est que, même si l’idée de départ est excellente, l’auteur ne se repose pas sur ses lauriers et nous régale de bonnes surprises jusqu’à la fin. C’est un peu creux dit comme ça, sans exemples, mais Federico préfère que vous en fassiez le constat vous même.

L’histoire tient la route, donc, et le casting est franchement bon. On adore se moquer du renard mais on a un peu de peine pour lui et Federico (c’est un comble pour un lapin !) s’est surpris à espérer le voir mettre le grappin sur une poule… Les personnages secondaires sont tout aussi excellent : le loup, vilain ténébreux et cynique ; le chien de garde, génial glandeur ; les poules vindicatives qui montent un boot camp anti-prédateurs et enfin l’improbable duo cochon/lapin, deux bons gros boulets avec un cœur en or. Benjamin Renner leur a dessiné des têtes impayables à chacun et donne vie à ce petit monde grâce à un dessin plein d’énergie, de tendresse et d’humour. Ajoutez à cela des répliques qui fusent et frappent où ça fait mal, et ce sont vos zygomatiques qui vont souffrir !

Federico oublie presque le plus important dans ce livre : les poussins.

Les POUSSINS !

Imaginez des poussins élevés par un renard en quête de reconnaissance… Imbroglio parental et identitaire en vue. D’autant plus que les poussins en question sont aussi dingues que les autres personnages. Pour qualifier ces trois infernales boules de plume, Federico a choisi le néologisme suivants : ils sont attachiants !

Si vous êtes un peu ric-rac au niveau budget ce mois-ci parce que vous avez acheté une maison ou une voiture ou un râtelier, Federico accepte de vous donner le lien du blog de l’auteur (cliquez sur le renard). Benjamin Renner a en effet eu la bonne idée de publier les premières planches de son livre, précédées de la genèse de l’histoire, pour vous donner envie de le lire vite vite. Mais après, vous irez l’acheter, hein ?

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Maintenant, si vous n’avez plus de questions, Federico va aller lire tout le blog de Benjamin Renner où l’attend l’histoire d’un canard, d’un cochon, d’un lapin et du Père Noël

Benjamin Renner, Le grand méchant renard, Delcourt, janvier 2015, 192 pages. (Collection « Shampooing »)

Sérénissime Federico

Après l’Italie en 2013, l’Angleterre en 2014, en 2015 Federico a décidé de changer de secteur et d’aller… en Italie, encore. Parce que.

Cette fois c’est vers Venise, sa lagune, ses gondoles que Federico s’est envolé. Résumé en images.

Un océan de chantilly !

Le voyage en avion ce n’est plus une nouveauté pour Federico, mais il est toujours ému par la mer de nuage qui s’étale sous ses pattes.

Comme vous le savez, Federico aime beaucoup marcher, le museau à l’affut de la moindre découverte. À Venise, la marche est moins une affaire de goût qu’une obligation. En effet, ses rues étroites et ses canaux n’ont jamais vu une roue et pour ceux que les grands trajets effraient, restent les vaporetti, les fameux bus aquatiques. Federico en a pris un pour venir de l’aéroport et il a cru qu’il allait vomir tout son foin tellement ça vous secoue.

Bateau, sur l'eau...

Un vaporetto qui passe sur le canal de la Giudecca. Il a l’air sympa comme ça, mais c’est pour mieux vous attirer à lui et vous secouer dans tous les sens.

Hormis ces quelques émotions maritimes, Federico a donc beaucoup marché et ce dans un tel dédale de rues que notre ami lapin serait bien incapable de vous donner son itinéraire exact. Bon prince, il vous a quand même concocté un petit plan avec des carottes pour indiquer les quartiers dans lesquels il est allé promener son pompon. (Ce n’est pas lui qui a pris la photo, merci l’Internet)

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Vu d’en haut, Venise ressemble à un gros poisson qui flotte. Donc… c’est un poisson MORT ! Mouhahaha !

Voici donc le récit palpitant des trois jours que Federico a passé à Venise (techniquement, il est arrivé le 15 mars et reparti le 19 mars mais c’était à des heures tellement indues que ça ne compte pas !). En bonus, vous pouvez aller constater son immense photogénéitude dans les albums photos qu’il a concocté rien que pour vos yeux en cliquant sur les portraits de votre chroniqueur aux longues oreilles.

Jour 1 : la pluie, c’est humide.

À Venise, quand il pleut, l’ambiance n’est pas vraiment tropicale. Federico a donc pris son parapluie et fait pousser sa fourrure pour affronter ce temps bien maussade. Installé dans le quartier de San Marco, près du mythique pont du Rialto, c’est dans ces parages que Federico a fait ses premiers pas vénitiens. Malgré le temps pourri, la vue du grand canal a été un choc visuel et émotionnel pour notre ami lapin, qui a passé les jours suivants à s’émerveiller à chaque coin de canal et devant chaque maison décrépite. Venise c’est beau tout le temps. À tel point que c’en est parfois épuisant !

Après une visite au marché pour acheter des carottes, Federico s’en est allé se promener dans le quartier de San Polo. Il en a profité pour faire la connaissance d’une charmante dame, fabricante de masques traditionnels en papier mâché, dans son atelier L’Arlecchino.  Puisqu’il est en mode Routard, notre ami lapin en profite pour vous donner le seul conseil culinaire de l’article. Si un jour vous allez à Venise, rendez-vous à l’osteria Al Sacro e Profano où il s’est régalé ce midi-là de divins cicchetti et de polenta. En quête d’émotions religieuses et picturales (et d’un abri), Federico a visité la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari et la Scuola Grande di San Giovan Evangelista. Ces deux lieux impressionnants de grandiloquence ne resteront pas gravés dans la mémoire de notre voyageur aux longues oreilles (et en plus il y faisait froid), même si la possibilité d’admirer le riche plafond de la Scuola grâce à des miroirs était plutôt chouette.

Jour 2 : à la découverte du Dorsoduro

miniature2Ce jour-là, le parapluie est resté à la maison. Le ciel était bas et gris mais Federico n’en avait cure : il ne pleuvait pas ! Après un détour par le marché aux poissons, notre ami lapin s’en est allé vers le sud de la ville, direction le quatrier de Dorsoduro, en passant par San Marco. Encore une belle promenade ponctuée par la visite du musée la Galleria dell’Accademia et un concert d’orgue tout naze dans une basilique au nom grand comme le bras : Santa Maria della Salute. La ville s’est dévoilée un peu plus : d’émerveillement en éblouissements, Federico laisse la parole aux photos, plus nombreuses que la veille.

Jour 3 : une place (San Marco) au soleil

miniature 3Pour ce dernier jour et par un soleil radieux, Federico est parti de bon matin visiter la place San Marco. Au menu : le Campanile, le palais des Doges et la basilique. Alors que la place en elle-même, un peu trop sérieuse et symétrique n’a pas séduit pas notre ami lapin, les trésors qu’elle recèle l’ont faire rêver. Depuis le campanile, la ville s’étale dans toute sa beauté, baignée de soleil. Après une bonne partie de la journée à se promener parmi tant de merveilles, Federico s’est enfoncé au cœur du quartier San Marco pour visiter l’un des joyaux de la ville : le théâtre La Fenice, véritable bijoux rococo, reconstitué incendie après incendie dans toute la splendeur de ses débuts. Cette journée a été un véritable voyage dans le temps ! Notre ami lapin est retourné flâner aux alentours de la place San Marco jusqu’au coucher du soleil.

Le retour

Jeudi matin, 6 h 00, Federico s’est réveillé tout tristounet : il fallait reprendre l’avion et rentrer à la maison. Dire au revoir à cette somptueuse et mystérieuse ville. Heureusement, la vue depuis les hauteurs a consolé notre ami lapin :

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Ooooh, les glorieuses montagnes que voilà !

Ainsi se clôt l’album de vacances de Federico. En rentrant chez lui, notre lapin dépaysé a retrouvé ses livres et vous dit à bientôt pour de nouvelles critiques bien assaisonnées !

Ciao !

Tadaaaa !

Bienvenue sur le blog de Federico, tout beau tout neuf !

Cela fait maintenant plus de 5 ans que Federico vous a ouvert les portes de son terrier, mais savez-vous que cela fait plus de 2 ans qu’il avait le projet d’en refaire la tapisserie ? Non ? Pourtant, notre ami lapin avait eu l’audace de faire un peu de teasing avec sa nouvelle bannière, bien des mois avant que le projet ne ressemble vraiment à quelque chose… Quel fourbe petit glandeur, mais sans doute n’aviez-vous rien remarqué !?

Mais désormais, toutes ces procrastinations, ces flemmingites aigües, ces blocages techniques, ces choix innombrables d’hébergeurs, thèmes et autres css, ce gros tri et ces classements, tout ça c’est fini (enfin presque, peut-être quelques petites retouches par-ci par-là à venir). Maintenant, Federico est fier de vous présenter son nouveau blog qui rutile du sol au plafond, réaménagé et repeint avec ses papattes ! N’attendez plus, promenez-vous, relisez tout, abonnez-vous, partagez-le à tout vos amis, car c’est une petite merveille, n’est-ce pas ?

Vous y retrouverez tous les passionnants articles de Federico triés et rangés avec application dans de toutes nouvelles catégories.

S’il vous prend l’envie de connaître les pires lectures de notre ami lapin, allez faire un tour dans la rubrique 0 carotte ; si vous voulez en savoir plus sur les livres qui l’ont époustouflé, zieutez la rubrique 4 carottes. C’est comme avant, c’est pas compliqué ! Et si vous êtes perdus dans la notation, pensez à l’indice boursier du CAC Carotte qui vous sortira toujours du pétrin.

Désormais vous pouvez aussi vous balader dans la bibliothèque de Federico selon vos envies de lecture : un roman jeunesse ? un roman vieillesse ? une BD ? un essai ? Vous avez compris le principe, servez-vous !

Et n’oubliez pas d’aller voir ce qu’il se passe dans les autres galeries du terrier, notamment dans la rédaction du célèbre magazine Terriérama ou dans les archives du grenier ! Et si vous n’avez pas la tête dans les livres, sachez que Federico aussi va au ciné, écoute de la musique et traîne sur Internet 😉

Alors alors alors, qu’en pensez-vous ?!

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10 000 !

Federico célèbre aujourd’hui son 10 000 ème visiteur.

C’est un petit pas pour la blogosphère, mais un grand bond pour notre ami lapin.

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Merci aux lecteurs qui suivent fidèlement les pérégrinations culturelles de Federico et à tout ceux que des recherches google plus ou moins maîtrisées ont amené sur ce blog.

À bientôt pour les 20 000 !

Petit lapin cherche un ami

Un album jeunesse de Céline Claire et Aurore Damant.

Impossible pour notre ami lapin de ne pas vous parler (rapidement) de la dernière lapinerie parue en littérature pour n’enfants. Dans Petit lapin cherche un ami, l’auteur reprend deux thèmes usés jusqu’à la corde : la recherche d’un ami et la peur des monstres. Ce livre raconte l’aventure d’un petit lapin parti chercher des amis dans la forêt. Avant son départ, sa maman le met en garde contre le loup… mais pas contre les autres méchants qu’il pourrait rencontrer. C’est ainsi que ce craquant personnage va organiser un goûter avec des mauvais bougres bien décidés à n’en faire qu’une bouchée.

Les dessins plein d’humour et la ridicule naïveté du petit lapin apporte la touche d’originalité qui distingue cet album des autres ouvrages sur le même sujet. Ces derniers sont trop souvent très premier degré et beaucoup trop classique. Comme il est très justement dit sur le site Internet des éditions Chocolat, les illustrations d’Aurore Damant ont un petit quelque chose de très Tex Averyesque, ce qui rend cet album très dynamique et incroyablement touchant.

De toutes façons, ce livre est trop mignon et cela devrait vous suffire !

Céline Claire, Aurore Damant, Petit lapin cherche un ami, éditions Chocolat, septembre 2012, 32 p.

Les garennes de Watership Down

Un roman de Richard Adams

« La saison des primevères était passée. À la lisière du bois, là où le terrain découvert descendait vers une vieille clôture derrière laquelle se trouvait un fossé envahi de ronces, seules quelques taches d’un jaune décoloré subsistaient encore parmi les mercuriales et les racines des chênes. De l’autre côté de la clôture, le haut du pré était parsemé de terriers de lapins. »

Voici le point de départ d’une des aventures les plus palpitantes que Federico ait lues : Les Garennes de Watership Down, de Richard Adams. Au départ, ce n’était qu’une histoire inventée par l’auteur pour distraire ses filles, et à l’arrivée c’est la plus grande aventure jamais racontée sur les lapins.

L’histoire est simple : une poignée de lapins fuient leur garenne, guidés par les sombres prémonitions d’un des leurs. Ils vont donc partir en vadrouille dans la campagne anglaise afin de trouver le lieu idéal pour fonder une nouvelle garenne. En chemin ils vont affronter moult dangers, se faire des alliés et des ennemis mais surtout, il vont découvrir les trésors qui sommeillent en chacun d’eux. Et comme on ne fait pas de grande aventure sans grands héros, ces Ulysse rase-mottes vont se révéler être des personnages dignes des grands contes : le sage, le meneur, le combattant, le rusé, le conteur, et bien d’autres encore.

Vous l’aurez compris, ce roman contient tous les ingrédients pour être élevé au rang d’épopée. Il est écrit avec la simplicité des contes universels mais la richesse de l’action et des émotions en fait un roman terriblement attachant dont on n’a pas envie de s’échapper !

Vous êtes toujours là ? Vous n’avez pas été assommés par tant d’éloges ?

Bien. Parce que Federico a encore une chose à vous dire sur ce livre : un dernier argument pour vous convaincre de lire Les Garennes de Watership Down.

Non seulement Richard Adams a écrit un livre enchanteur, mais en plus il vous offre, à vous humains, l’occasion unique de mettre votre nez au raz des pâquerettes et de partager le quotidien des lapins. Vous verrez la nature telle qu’il la voient, c’est-à-dire comme un lieu plein de dangers, de choses familières et rassurantes, et rempli de découvertes potentielles. Vous écouterez leurs contes et les aventures de Shraa’ilshâ, vous affronterez le Lapin Noir d’Inlé. Vous parlerez leur langue, champêtrement râpeuse. Vous parcourrez quelques kilomètres et vous aurez vécu une superbe aventure en quête de liberté…

Federico avait très envie de partager ce roman avec vous parce qu’il raconte une belle histoire avec simplicité. N’est ce pas ce qu’on peut attendre de mieux d’un livre ?

Richard Adams, Les Garennes de Watership Down, Flammarion, 1976, 411 p., 21 €.

Jeux de mains…

… jeux de lapin !

En prévisions de ces soirées où il ne fait pas bon mettre son museau dehors et de ces moments où on n’a tout simplement pas envie de faire fonctionner son cerveau, Federico a toujours un petit jeu sous la patte. En voici deux, dégotés sur Internet et peuplés de lapins, évidemment.

Le premier s’appelle Winterbells et est tout à fait indiqué pour la fin d’année. Dans un cadre féérique et enneigé, il faut faire sauter un adorable lapin (pléonasme) sur des petites cloches. C’est joli, c’est gentil et en plus c’est très facile. On se prend rapidement au jeu, la tension montant en même temps que le petit héros prend de l’altitude. Seul bémol, la musique. Elle est très sympathique mais quand on est trop fort et qu’on joue longtemps, elle finit par lasser.

Le deuxième jeu est beaucoup plus printanier mais pas moins mignon. Dans Carrot Track il faut aider un petit lapin qui veut attraper des carottes en empêchant des chiots de lui foncer dessus. De temps en temps un petit bonus permet de gagner du temps en… transformant momentanément le lapin en hélicoptère ! Ici la musique est beaucoup plus entraînante et si vous n’aimez pas, vous pouvez lui couper le sifflet.

Sur ce site vous trouverez d’autres jeux simplissimes au design délicatement pastel. En voici d’ailleurs un dernier pour la route !

La prochaine fois que vous aurez un travail à faire, vous penserez bien fort à Federico qui, une fois de plus, vous donne toues les clés pour bien digresser.

Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore

Un album de Bertrand Santini.

On se demande ce qui se passe dans la tête de certains auteurs au moment de la création d’un album. Il y a dû y avoir une explosion assez violente dans celle de Bertrand Santini. Une grosse explosion de fantaisie qui a jeté des couleurs pétillantes partout sur les pages de son livre. Rien que le titre. On voit bien qu’il se passe quelque chose de pas net… Non mais franchement : Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore. On ne trouve pas ça à tous les coins d’étagères. L’intérieur du livre confirme l’impression première qu’a eu notre ami Federico en découvrant cet ouvrage : c’est du grand n’importe quoi. Mais « grand » dans le sens de grandiose, génial. Tout est bien dosé dans cet album très court mais très percutant.

L’histoire est simple : un lapin grignote quelques brins d’herbe quand soudain… une cascade d’événements absurdes lui tombe sur le râble. Chaque page va plus loin que la précédente dans la loufoquerie et l’humour. La mise en forme du texte le rend très vivant : mieux que des roulement de tambours ou un violon grinçant, elle installe le suspense. Celui qui naît de la question « mais qu’est-ce qu’il va nous inventer maintenant ?! ». Les illustrations quant à elles sont juste superbes. L’épure des jeux d’ombres chinoises et les aplats de couleurs assez surréalistes créent une atmosphère à la fois onirique et délirante.

Délirant, voilà, c’est le mot. En sage petit lapin, Federico ne s’est jamais drogué mais cet album dispense largement de l’usage de stupéfiants. Un trip de 40 pages. Un véritable régal à 4 carottes qui ne laisse pas de gueule de bois mais un joli sourire sur le museau.

Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore, Bertrand Santini, Les Éditions De La Balle, octobre 2011, 40 p., 13 €.

Miss Charity

Un roman jeunesse de Marie-Aude Murail

Federico a adoré lire Miss Charity. Pour preuve, deux après midi lui ont suffit pour dévorer ce roman de 560 pages.

Comment expliquer un tel phénomène ? D’où provient l’enthousiasme débordant ressenti par notre ami lapin ? Pourquoi Federico a-t-il été incapable d’interrompre sa lecture ?

Conscient que ces questions vous empêchent de vivre sereinement, Federico va vous expliquer pourquoi Miss Charity est un roman jeunesse génial.

Parce que…

Parce que Marie-Aude Murail s’est inspirée des 25 premières années de la vie de Béatrix Potter pour écrire cette fausse autobiographie de Miss Charity Tiddler. D’où un personnage totalement en décalage avec son époque. En effet, au XIXe siècle, les petites filles apprennent à jouer du piano et a faire des napperons mais Charity préfère observer les champignons, les moisissures et élever des souris, des canards, des crapauds, etc. De plus, à l’instar de Béatrix Potter, le compagnon préféré de Charity, qui deviendra sa muse (rien que ça) est un charmant lapin du nom de Peter. Elle le dresse, lui apprend des tours et lui tire le portrait en diverses occasions. La présence de ce lapin apporte un intérêt supplémentaire à ce livre qui n’en manque pas.

Parce que Charity Tiddler est un personnage passionnant qui insuffle son intelligence et sa fantaisie au roman. Cette naturaliste en herbe est une enfant curieuse, sensible et solitaire. En grandissant, elle s’affirme en refusant d’entrer dans le moule de la jeune fille modèle de l’époque. Elle mène sa quête d’indépendance avec beaucoup d’humilité et surtout une grande détermination à vivre (de) ses passions. Federico a suivi avec délectation son parcours, de l’enfance à l’âge adulte, au fil de ses découvertes et de ses rencontres.

Parce que les dialogues sont délicieusement percutants. Présentés à la manière d’un texte théâtral, les échanges entre les différents personnages sont livrés dans leur plus simple appareil, à l’exception de quelques didascalies. Cela crée une plus grande connivence avec la narratrice, nous donnant réellement l’impression de voir le monde à travers ses yeux.

Parce que Miss Charity est généreusement illustré, pour le plus grand plaisir des yeux. Le crayon vif et les aquarelles indisciplinées de Philippe Dumas collent parfaitement à la personnalité de l’héroïne. L’illustrateur s’inspire de l’univers de Béatrix Potter sans jamais l’imiter et crée une atmosphère pleine de malice.

Parce que Miss Charity est un roman drôle et touchant, qui a ému notre ami lapin pendant toute sa lecture.

 Miss Charity, Marie-Aude Murail, ill. Philippe Dumas, École des Loisirs, novembre 2008, 562 p., 24,80 €

Federico-sur-Loire

Federico a beau être un lapin et habiter dans un terrier, il ne reste pas de marbre devant les constructions humaines. Pour ses vacances, notre ami rongeur a choisi d’aller visiter quelques châteaux de la Loire. Au menu, quelques uns des plus mythiques monuments de la Renaissance : Chambord, Amboise, Chaumont et Blois.

Pour vous faire partager ce moment historique, Federico vous propose d’aller voir son album photo, ici.

La vidéo bonne humeur

Parce que sur ce blog on parle beaucoup des humains et de leurs productions, mais on ne parle pas si souvent des lapins.

Enfin une publicité où les stars sont de vraies stars. Attention à ta machine à café George !

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Vidéo réalisée pour promouvoir une loterie étasunienne.