À l’aide, Jacques Cousteau

Un roman de Gil Adamson, traduit de l’anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné.

2 carottes

©10/18Décidément, Gil Adamson et Federico ont du mal à devenir les meilleurs copains du monde. Notre ami lapin vous avait parlé de La Veuve il y a quelques mois de cela et de son quart de déception. Avec À l’aide, Jacques Cousteau, l’auteur ne convainc Federico qu’à 75 %, encore une fois. Ces statistiques tarabiscotées ne veulent pas dire grand chose si ce n’est qu’en lisant ce livre, il était souvent enthousiaste mais aussi parfois complètement paumé.

Ce livre est en effet très déconcertant. C’est une suite de moments volés dans l’intimité de la famille de Hazel, que nous suivons de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte. Le lecteur n’a pas vraiment le temps d’entrer dans l’ambiance d’un moment que déjà on passe à l’autre. Pour ceux qui ont vu Eternal Sunshine of the Spotless Mind, le magnifique film de Michel Gondry, vous vous souvenez peut-être que les souvenirs du héros surgissent au hasard, sans vraiment de transition et avec l’ordre chronologique comme seul lien logique. Federico a eu la même impression avec ce livre. C’est donc une lecture agréable mais on a quand même l’impression que ça n’a ni queue ni tête. De plus, les moments que nous surprenons sont parfois très intimes et Federico se sentait alors un peu gêné d’y faire irruption.

Pour Federico, ce roman très court qui l’a accompagné pendant son séjour à Venise (pour la seule raison que c’était un des moins lourds de la pile de livres en attente) fait figure d’ovni : bien écrit et bienveillant avec ses personnages un peu bizarres mais en même temps désespérément normaux, mais qui ne semble aller nulle part et ne se finir que parce qu’un livre ne peux pas ne jamais s’arrêter.

Avis aux fans de Jacques Cousteau : celui-ci ne fait qu’une très brève apparition via la télévision qui trône chez Hazel. Un conseil donc, ne vous jetez pas sur ce livre !

Gil Adamson, À l’aide, Jacques Cousteau, 10/18, juin 2014, 164 p.

Sous la terre

Un roman de Courtney Collins, traduit par Erika Abrams.

noté 3 sur 4

Vous souvenez-vous de La Veuve ? Eh bien, il vous suffit de reprendre les même ingrédients et de transposer l’héroïne dans le bush australien, vous obtiendrez un synopsis assez fiable de Sous la terre.

©Buchet ChastelLe point de départ de l’histoire est donc sensiblement le même : une jeune femme mariée à un homme violent le tue et s’enfuit dans une nature aussi belle qu’hostile pour échapper à la justice. Cette fuite va la mener à côtoyer d’autres hors-la-loi.

Arrêtons là les comparaisons : il est temps de parler de ce livre pour ce qu’il est plutôt que de le regarder à travers le prisme d’une précédente lecture. Ce qui a le plus marqué Federico dans cet ouvrage c’est la narration, assuré par l’enfant nouveau-né de Jessie, l’héroïne. À ce détail près qu’il est mort et enterré : coincé entre la vie et la mort sous quelques centimètre de terre, c’est depuis ce monde qu’il ressent l’histoire de sa mère et de ses poursuivants. Ce parti pris audacieux, loin d’être glauque, donne une étonnante dimension au récit, entre la force brute du sol et la poésie des sensations. L’héroïne est une reprise de justice qui n’a rien d’un ange mais sa soif de liberté et son caractère franc ont séduit Federico.

Malgré le peu de descriptions que compte ce livre, on sort de la lecture avec le goût de poussière en souche et le martèlement des sabots en tête. On en sait peu sur les personnages mais cela contribue à les rendre insaisissables. Sous la terre est une belle histoire d’aventure et une magnifique ode à la liberté.

Courtney Collins, Sous la terre, Buchet Chastel, août 2013, 348 p.

La veuve

Un roman canadien de Gil Adamson, traduit par Lori Saint-Martin et Paul Cagné.

noté 2 sur 4

Bon, on ne va pas se mentir, Federico n’a pas été autant emballé qu’il l’aurait voulu par ce roman. Pourtant, ce western au féminin ne manque pas d’action et de grands espaces propices à séduire notre ami lapin.

©Le roman démarre sur des chapeaux de roues et jette le lecteur sur les pas de Mary Boulton qui fuit ses deux affreux beaux frères. À 19 ans, elle a déjà tout perdu : elle vient de tuer son mari et les deux zozos qui lui courent après sont bien décidés à ne pas lui faire de cadeau. Désespérée, en proie à la folie, Mary n’a nulle part où aller. Alors elle court vers les montagnes, à l’ouest, là où la suivre deviendra plus difficile. Dès ce moment, le rythme du livre ne va pas faiblir. Et pourtant Federico, même s’il a apprécié sa lecture, aurait aimé ressentir plus fortement les sensations qui traversent ce livre puissant. Heureusement, la dernière partie du livre à fait remonter l’estime de notre ami lapin : fracassante – dans tous les sens du terme – elle est à l’image de cette veuve, incroyablement culottée et imprévisible.

Folle, Mary Boulton l’est certainement un peu. Mais on découvre bien vite que c’est ce qui va la sauver au cours de cette incroyable épopée. L’auteur ne cherche pas plus que ça à justifier le crime de la veuve, d’apitoyer le lecteur sur son sort. C’est inutile car, même si objectivement Mary Coulson mérite la pendaison, subjectivement, elle est trop badass. Du coup, on a qu’une envie : la laisser s’enfuir. Chut, on a rien vu. Au cours de ses aventures, elle va rencontrer des personnages dignes des westerns les plus timbrés. De l’ermite génial à l’indien taciturne en passant par le pasteur-boxeur, l’auteur nous régale d’une galerie de héros qui mériteraient eux aussi leur livre.

Qu’a-t-il manqué à la première partie de ce livre pour que Federico l’apprécie totalement ? Difficile à dire. Peut-être un quelque chose dans l’écriture qui nous ferait ressentir plus viscéralement les émotions de cette héroïne complexe ?

Gil Adamson, La veuve, 10-18, mai 2011, 432 p.