La ballade d’Hester Day

Un roman de Mercedes Helnwein, traduit par Francesca Serra.

noté 3 sur 4

Les jeunes éditions La Belle Colère mettent au centre de leurs livres le monde magique des adolescents. Dans La Ballade d’Hester Day, l’héroïne éponyme attend le jour de ses 18 ans pour épouser un poète raté et antipathique rencontré à la bibliothèque, afin de pouvoir adopter un enfant.

©La Belle ColèreDéjà le ton est donné : on est dans du très, très décalé. Hester a grandi dans une famille dont les membres se heurtent sans se voir ni se comprendre. Sa mère, accro aux mélodrames et à la téléréalité est persuadée que le comble de la réussite est d’aller à la fac pour y trouver un mari. Son père regarde les siens avec un désintérêt profond. Enfin, sa grande sœur étudiante en psychologie déteste sa cadette par principe. Hester, génératrice de catastrophes en chaîne et envahie de questions impossibles, a des aspirations qui sont à des lieues de celles de sa famille. C’est bien simple, si les liens du sang n’avaient pas réuni de force ces quatre là dans la même maison, tout irait certainement mieux. Par conséquent, Hester s’applique à suivre ses impulsions, même si celles-ci ne collent pas aux exigences de sa famille, de la société, ni même du FBI. C’est ainsi que, s’étant vue refuser l’adoption, elle part à l’aventure dans le camping-car de son « mari », embarquant avec elle son jeune cousin passionné par l’espace.

Enfin un roman amusant, plein de bons mots et de héros surprenants ! Au centre de l’histoire se trouvent des personnages certes très bizarres mais jamais caricaturaux. Jamais on ne se dit que l’auteur en fait trop, même dans les situations les plus absurdes : sous des apparences d’écriture sans filet, on découvre une histoire très cohérente et bien construite.  Hester, dont nous suivons chaque pensée au cours de son épopée qui va tourner au vinaigre, est la reine de la comparaison tirée par les cheveux, de la métaphore tarabiscotée. C’est en grande partie à ce talent que Federico doit de s’être souvent esclaffé pendant sa lecture.

Jusqu’au bout, on ignore où le roman/camping-car va nous conduire. À l’arrivée c’est une fin douce amère qui attends le lecteur et qui a rendu notre ami lapin très enthousiaste à l’égard de ce roman vraiment rafraichissant !

Si la ballade du titre prend deux L, c’est que la balade d’Hester Day se fait en musique. Les titres de chapitres citent des chansons dont les titres sentent bon la vieille musique folk. Si Federico n’a pas été assez malin pour les écouter pendant sa lecture, ne faites pas la même erreur et gardez votre boîte à musique à proximité. En plus, le blog de Persephone and the Cheschire Cat vous mâche le travail grâce à une playlist bien pratique.

Mercedes Helnwein, La Ballade d’Hester Day, La Belle Colère, mai 2015, 366 p.