Le Jardin Arc-en-ciel et La Papeterie Tsubaki

En cette rentrée littéraire, votre chroniqueur a lui pas mal de bons livres, mais peu on touché son petit cœur tout mou comme celui d’Ogawa Ito. Et ce n’est pas la première fois ! Retour sur deux belles lectures offertes par l’auteure japonaise.

Le Jardin Arc-en-ciel

3 carottes

Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

Ogawa Ito Le jardin arc-en-cielFederico a lu ce livre lors de sa sortie en septembre 2016, dans les premières pages, notre ami lapin a été déconcerté par l’écriture d’Ogawa Ito : très épurée et simple, presque enfantine. Avec des phrases courtes et sans fioritures, l’auteure crée une atmosphère de douceur dans laquelle il est agréable de se plonger, si bien que votre chroniqueur a vite dépassé sa réserve de départ pour se laisser aller à la lecture de cette belle histoire d’amour et de tolérance.

Izumi et Chiyoko se rencontrent et s’aiment comme si c’était une évidence. L’une est mère célibataire, l’autre lycéenne au bord du suicide. Ensemble, elle vont quitter la ville et sa folie pour le calme de la montagne. Malgré le rejet – l’homosexualité est encore très mal vue au Japon – elle vont faire leur nid sous le « plus beau ciel du Japon » et faire de ce lieu un refuge pour ceux qui en ont besoin : c’est la maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel.

La bienveillance qui transpire des personnages est communicative et Federico a versé sa larmichette quand le livre a pris un tour plus grave. Mais s’il avait le cœur un peu lourd en terminant sa lecture c’était surtout de quitter cette famille unique et touchante. Les personnages évoluent au fil des années que retrace le livre, on perçoit toutes les strates de leur personnalité, subtilement décrite. À la fin, Federico avait un peu l’impression de faire partie de la famille. En refermant ce livre incroyablement positif et chaleureux, notre ami lapin avait envie de s’installer dans une maison isolée et de courir après les arcs-en-ciel !

La Papeterie Tsubaki 

4 carottes

Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

Cet été Ogawa Ito a fait un joli cadeau à Federico : délicatesse, douceur et simplicité. C’est tout ce dont il avait besoin et c’est dans son dernier livre La Papeterie Tsubaki. À travers son héroïne, écrivain public à Kamakura, et une sympathique galerie de personnages secondaires, l’auteure nous fait encore une fois accéder à un univers où se cultivent la bonté et les petits bonheurs.

Ogawa Ito La Papeterie TsubakiHatoko a 25 ans et vient de reprendre la papeterie que sa grand-mère lui a léguée en plus d’une fonction importante : écrivain public. Au fil des travaux qui lui sont confiés – et qui sont parfois incongrus à nos yeux occidentaux – la jeune fille en apprend plus sur elle et sur sa grand-mère, femme austère qui l’a élevée avec une grande sévérité. Quant au lecteur, il fait le plein de découvertes au sujet des traditions et rituels qui entourent l’art épistolaire et la calligraphie.

Ce roman est une ode aux petits détails : le choix d’un papier, d’un timbre ou du thé qu’on sert aux clients, chaque chose à son importance et cette méticulosité déborde sur la vie d’Hatoko. Le livre déroule l’année du retour de l’héroïne dans la ville de son enfance. Elle nous guide dans les rues de Kamakura et nous convie aux petits et grands événements qui marquent les saisons. La forte présence de la nature, de la culture culinaire et des traditions religieuses font de ce roman une mine de savoirs sur la vie japonaise. Federico s’est lové avec bonheur dans l’univers d’Hatoko et n’a qu’une seule hâte : prendre le temps de savourer l’un des deux autres romans qu’Ogawa Ito a écrits.

Ogawa Ito, trad. Myriam Dartois-Ako, Le Jardin Arc-en-ciel, Philippe Picquier, septembre 2016, 295 p.

Ogawa Ito, trad. Myriam Dartois-Ako, La Papetrie Tsubaki, Philippe Picquier, août 2018, 384 p.