Planquez vos adolescentes, ils ressortent les canines…

Voilà, c’est fait, Federico a lâché dans le titre tous ses vilains préjugés sur la saga littéraire et cinématographique qui déchaine les hormones passions et accessoirement a sauvé le plus grand groupe éditorial français de la crise économique.

Vous avez deviné de quoi il a choisi de vous parler ?

Non ? Eh oh, faudrait voir à sortir de sa caverne de temps en temps.

Alors, si on vous dit : vampires… amour impossible… cris de fans hystériques enthousiastes ?

Bon, on ne va pas y passer le réveillon non plus : aujourd’hui, c’est de Twilight qu’il s’agit. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici quelques articles du site culturel Actualitté qui montre que la saga Twilight ce sont :
– des chiffres ahurissants, et une croissance économique assurée pour les éditeurs qui ont décroché la timbale ;
– des lectrices conquises
– … des auteurs pas conquis du tout
– … mais surtout des millions de fans de vampires ;
– des puritains qui partent en croisade contre les vampires qui vont dévorer l’âme innocente et chaste de leurs chers bambins.

Parce qu’un tel phénomène ne pouvait pas passer sous le museau de notre ami lapin sans qu’il ne désire en savoir plus, Federico a décidé… d’en savoir plus. Et puis, il ne faut pas se leurrer, notre rongeur préféré à beau être un brillant analyste, il ne peut pas s’empêcher de juger un peu vite et de sombrer dans la mare du vilain préjugé. Il était temps d’agir : bien déterminé à savoir d’où venait cet engouement et à tordre le coup aux idées reçues, il a lu le premier tome de la saga. Rendez-vous dans l’article consacré à la critique acerbe raisonnée de l’ouvrage en question.

Mais pour le moment, l’urgence n’est pas de savoir si le livre est bien ou pas. Non ce qui presse c’est la menace sortie prochaine du deuxième film. Voyez déjà les dégâts occasionnés réactions suscitées par le premier volet et plus particulièrement par l’interprète du fameux vampire végétarien. Un conseil, baissez le son.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=lzvl8rF5wVc&feature=related]

Ça fait peur, hein? Au moment où Robeeeeeert se recoiffe, Federico a failli mourir de peur… ou de rire. Peu importe, cette vidéo a mis son petit cœur en péril. C’est cardiaque un lapin.

Voilà… C’est trop la honte.

Pour défendre notre ami Federico, nous dirons que les mégas préjugés qu’il avait (et a encore un peu) sur les ouvrages de Stephenie Meyer sont totalement et complètement causés par l’effet des films sur le public féminin. Et toc, nous avons sauvé l’honneur du rongeur.

Fascination

Un livre de Stephenie Meyer.

noté 1 sur 4

Federico a beau adorer critiquer les groupies qui se pâment quand Robeeeert déboutonne le haut de sa chemise et sort les canines, il n’est pas très fier de faire l’amalgame avec le livre et d’avoir classé trop rapidement ce dernier dans les romans pour midinettes décérébrées. Alors, histoire de savoir de quoi ça parle en vrai et de comprendre le pourquoi de ces dizaines de millions d’ouvrages vendus dans le monde, Federico a décidé de lire Fascination le premier chapitre de la saga Twilight.

(Avertissement : Federico s’étale sur tout le livre, vraiment tout le livre, alors si vous ne l’avez pas lu, déguerpissez, et plus vite que ça !)

Pour les ermites, résumons quand même l’histoire : Bella, une jeune fille du sud des États-Unis débarque dans une ville où il fait un temps à ne pas mettre un lapin dehors. Elle vient là pour vivre chez son père et s’ennuie ferme, jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance du mystérieux et beau (très beau) Edward Cullen. Lui et sa famille sont très étranges et beaux. Bella va bientôt découvrir qu’il y a anguille sous roche. Et là, c’est le drame. On vous a dit qu’Edward était beau ?

La première réflexion qui lui est venue lors de la lecture fut : » pourquoi j’ai pas lu ce livre avant qu’ils en fasse un film, nom d’une carotte » ? En effet, il est impossible d’échapper au foin généré par l’adaptation cinématographique des livres (à moins d’avoir creusé son terrier en Terre Adélie) et par conséquent, d’ignorer qu’Edward Cullen est un vampire (et qu’il est beau). Or si le suspense lié à cette révélation avait pu être maintenu, Federico aurait peut-être réussi à s’intéresser à la première partie du livre. Cela n’a pas été le cas et la lecture n’en a été que plus laborieuse. Certes, Bella est un personnage assez intéressant dans sa banalité mais son quotidien à Forks a plutôt barbé Federico : une vie ordinaire peut le captiver dans certains livres mais, en l’occurrence, la mayonnaise n’a pas pris.

fascinationL’activité cérébrale de notre ami rongeur a repris lorsque Bella et Edward commencent à se rapprocher: leurs échanges verbaux sont assez percutants, c’est qu’ils ont de la répartie ces deux-là ! Peu à peu on en apprend plus sur les vampires comme Edward – par exemple : ils sont beaux – et surtout, la passion entre nos deux amants maudits devient de plus en plus… envahissante. C’est peut-être là la clé du secret : cet amour à la vie à la mort qui fait tant rêver depuis que cro-magnon à inventé la sérénade. Dans le cas de Bella (qui est le narrateur) cet amour frise parfois la folie tant elle est prête à tous les sacrifices pour cet homme qui aura éternellement 17 ans. Et même pour un lapin aussi terrier à terrier que Federico, c’est quand même émouvant.

Quand les vilains vampires débarque, notre ami rongeur s’est dit : « enfin, un peu d’action, ça va me réveiller ! » Mais point de grosse baston entre les différents camps, et pour cause, c’est le moment que la narratrice choisi pour se sentir mal. Bon, tant pis… Quand arrive la fin, le grand amour est remis sur la table avec beaucoup de sentiments et de questions. Bah oui, un vampire, aussi beau soit-il, ça reste un mort qui suce du sang, et ça, dans la vie quotidienne du couple, ça ne doit pas être évident à gérer.

Finalement, Federico est bien content de se coucher moins bête et a en partie élucidé l’énigme de ce succès littéraire, même s’il a été lâché en route.  Il est peut-être passé à côté du truc qui fait tilt chez les autres, mais à ses yeux ce livre ne vaut pas plus qu’une carotte.

Stephenie Meyer, trad. Luc Rigoureau, Fascination, Hachette, novembre 2005, 512 p., 18 €