Marathon critique à la bourre

Federico ne va pas vous faire de poésie sur le temps qui passe et tout et tout. Tout est dans le titre d’façon !

Les maisons

Un roman de Fanny Britt.

3 carottes

Avec Les maisons, nous sommes dans la tête de Tessa pendant les trois journées qui précèdent ses retrouvailles avec son premier amour, Francis. Trois garçons adorables, un époux aimant, un boulot d’agente immobilière, des souvenirs d’enfance et d’adolescence… Tessa remue sa vie dans tous les sens à l’aune de cet amour passionné et jamais cicatrisé.

Et ouais, l’héroïne de Fanny Britt est une jeune maman bobo blasée par sa routine et ses rêves éteints, qui va vibrer de nouveau au retour dans sa vie de son premier amour… Mais Federico a beaucoup aimé ! Car Les maisons demeure la vraie vie, pas un conte de fée ; pas de sentimentalisme, plutôt des émotions décrites avec justesse et style.

De plus, cette totale remise en question a particulièrement intéressé notre ami lapin, parce qu’il s’est retrouvé dans ce monologue intérieur. Ne jouons-nous pas nous aussi nos drames personnels et notre insatisfaction chronique dans le cercle fermé de nos pensées, sans interruption, avec des hauts et des bas, une multitude de « et si… » et de monde refait ? Voilà ce qui se cache dans Les maisons !

img_0596Naufrages

Un roman de Biz.

2 carottes

Roman court qui se lit d’une traite, Naufrages a englouti Federico pour le recracher un peu paumé sur la plage. Car il y a un twist assez horrible au milieu de ce livre qui en précipite la lecture ; mais une fois fini, il est mieux de ne plus y penser et ce sont ses défauts qui resurgissent…

Le fait que notre ami lapin s’attendait à un ouvrage à tendance dystopique mais qui tourne en drame familial contemporain l’a déstabilisé. Frédérick est un jeune fonctionnaire qui se voit relégué au département des Archives au sous-sol, mais aucun travail ne lui est donné. Il commence à déprimer d’être aussi inutile et de s’ennuyer autant, sa jolie femme et son adorable bébé étant tout ce qui lui reste de sympa au quotidien. Alors que cette première partie a des allures d’absurde Orwellien, bim ! le twist arrive et l’histoire prend une autre direction : sortez vos mouchoirs…

Si Naufrages a beaucoup touché notre ami lapin sur le coup, il n’en reste maintenant pas grand-chose. En partie certainement en raison de cette écriture, maîtrisée certes, mais parfois trop stéréotypée, que ce soit dans la narration ou dans ses personnages souvent décrits de manière caricaturale.

La mare au diable

Un roman de George Sand.

2 carottes

400px-sand_-_la_mare_au_diable_illustration10Avec La mare au diable, classique de cette chère George Sand, notre ami lapin était content de retrouver l’univers de La petite Fadette, c’est-à-dire la campagne berrichonne et les amourettes paysannes. Ici c’est l’histoire de Germain, veuf de 28 ans dont le beau-père conseille le remariage avec une veuve d’un village voisin. Il part à cheval accompagné du petit Pierre, son fils, et de Marie, jolie fille de 16 ans qui va devenir bergère. Au crépuscule, les alentours de la mare vont faire tourner la tête à Germain.

Force et simplicité des sentiments, description et incarnation des mœurs paysannes : voilà ce qu’il y a de plaisant chez George Sand. L’histoire de La mare au diable est également entourée d’une lourde préface commentant une gravure allégorique de la vie champêtre, et de longues appendices décrivant les coutumes d’un mariage dans le Berry ; l’histoire de Germain et Marie semble toute petite à côté… C’est pourquoi Federico préfère La petite Fadette à La mare au diable, roman plus long et donc plus attachant, lu voilà plus de 6 ans mais qui l’a davantage marqué !

L’homme qui mit fin à l’histoire

Un roman de Ken Liu, traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre-Paul Durastanti.

2 carottes

Voici un court roman de science-fiction qui prend la forme étonnante d’un documentaire télé.

Les chapitres débutent donc par des didascalies nous présentant la scène et les mouvements de caméra, le récit devenant une série de reportages, témoignages et débats télévisuels. C’est le combat de l’historien Evan Wei et de son épouse physicienne Akemi Kirino qui nous est raconté. Ensemble, ils ont créé un procédé permettant d’observer le passé à une date et un lieu donné (Federico vous passe les détails techniques de leur découverte scientifique).

15933974_10158005864165082_1996396183_oLa période qu’Evan Wei choisit d’observer est celle de la seconde guerre mondiale en Chine, à Pingfang précisément. Y étaient installés les militaires japonais de l’Unité 731 qui réalisaient des expériences plus que sordides sur des prisonniers chinois. Vivisections, amputations, inoculation de maladies, viols, etc. Les témoins oculaires envoyés par Evan et Akemi attestent de ces horreurs, mais la communauté internationale a du mal à accepter cette nouvelle façon de traiter l’Histoire, surtout le Japon, bien sûr, mais aussi la Chine et dans le fond tous les pays ayant quelque chose à se reprocher (beaucoup donc).

L’auteur nous dresse une savante réflexion sur l’Histoire, la mémoire collective et le rôle des états vis-à-vis du passé. Federico a été assez touché par cette lecture, notamment par cette partie de l’histoire sinno-japonaise qui lui était inconnue. Toutefois, la brièveté du roman lui laisse un souvenir assez diffus, comme s’il manquait quelque chose pour donner corps au récit qui perd son identité SF au profit du documentaire.

Récap’ :

Les maisons, Fanny Britt, 2015, Le Cheval d’août, 222 pages

Naufrages, Biz, 2016, Leméac, 136 pages

La mare au diable, George Sand, 1846, 192 pages

L’homme qui mit fin à l’histoire, Ken Liu, traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre-Paul Durastanti, 2016, Le Bélial’, 112 pages

Le roi disait que j’étais diable

Un roman de Clara Dupont-Monod.

3 carottes

Il est certains personnages, historiques ou non, qui font tellement partie de notre paysage que l’on croit – à tort – tout connaître d’eux. Ainsi, en lisant Le roi disait que j’étais diable, Federico a réalisé qu’il ignorait beaucoup de choses d’Aliénor d’Aquitaine, cette mythique reine médiévale dont Clara Dupont-Monod a fait son héroïne. Il avait notamment oublié qu’après son divorce avec le roi de France, Aliénor est devenue reine d’Angleterre et a donné naissance à Richard Coeur de Lion.

prince jean

Et au Prince Jean, également. On a les références qu’on peut.

Ce manque de culture aura néanmoins apporté un goût particulier à la lecture, car il a permis à Federico de regarder Aliénor non pas comme une statue de marbre drapée dans sa légende mais comme n’importe quelle héroïne de roman. Notre ami lapin a donc pu sauter à pattes jointes dans ce livre qui semble avoir comme objectif de donner un corps et des sens à la jeune Aliénor.

le roi disait que j'étais diableLe roi disait que j’étais diable balaye son premier mariage avec le roi Louis VII. Ils divorceront après quinze années d’une union tumultueuse marquée par la Deuxième Croisade. Ces deux-là n’étaient pas faits pour s’entendre : à Louis la passion de Dieu et des mots, à Aliénor l’amour des troubadours et le fracas des armes. Mettez-les face à un opposant, le premier réglera le problème en usant de diplomatie, la seconde le passera au fil de l’épée et brûlera ses domaines. Malheureusement, à l’époque, les mariages royaux ne se faisaient pas sur la base de tests d’affinités. Ces deux voix vont s’affronter tout au long du livre, donnant à ce dernier une dynamique assez fascinante.

Clara Dupont-Monod le précise à la fin de son livre : il n’était pas question pour elle d’écrire un livre historique. Elle s’est emparée des vides que comprend la biographie d’Aliénor et les a comblé avec une belle palette d’émotions et de sensations. Sous sa plume le Moyen Âge et les lieux parcourus par la reine prennent vie. Dans les pas d’Aliénor, le lecteur peut sentir le soleil qui baigne le Poitou et les odeurs qui émanent des marchés parisiens. Federico aurait aimé que ce roman soit plus long, afin de prolonger cette expérience !

Clara Dupont-Monod, Le roi disait que j’étais diable, Grasset, août 2014, 192 p.

La compagnie des menteurs

Un roman anglais de Karen Maitland, traduit par Fabrice Pointeau.

3 carottes

Quand on commence ce livre, on n’a pas envie de lire autre chose. Ce texte hybride situé quelque part entre le thriller historique et le conte fantastique est d’une densité telle qu’elle a enveloppé Federico et l’a embarqué dans une aventure mystérieuse et très inquiétante.

©SonatineL’Angleterre au XIVe siècle, c’est pas sympa. Il y a des loups, la peste et des gens qui vous torturent pour un oui ou pour un non. Entre autres. Au début du roman on rencontre un camelot qui promène sa gueule cassée de foire en sanctuaire. Avec la peste qui se déclare tout le monde se jette sur les routes (ah, les débiles, comme s’ils allaient y échapper en courant très vite !) et le camelot se retrouve, au hasard des rencontres, à voyager avec d’autres personnages qui sont ont deux points communs : ils ont un très gros secret dans leur sacoche et ils fuient (mais qui ? mais quoi ?).

Chacun est bien décidé à garder son secret et, mis au pied du mur, parvient à le déguiser sous une histoire à la lisière du fantastique, où démons et loups garous s’en donnent à cœur joie. Ces contes racontés à la faveur d’un maigre feu ne parviennent pas à faire fuir la nuit et ses dangers. La compagnie évolue dans une atmosphère de méfiance très communicative : Federico attendait toujours le prochain coup fourré.

Avec la peste qui tue tout le monde, plein de concepts sympas sont mis en avant. On marie des handicapés pour échapper au fléau, on pourchasse les juifs, parce que de toutes façons c’est toujours de leur faute, et on fait dire ce qu’on veut aux gens en leur chatouillant les pieds… avec des objets contondants. La plongée dans cette époque étonnante et très angoissante est passionnante. C’est d’ailleurs pour cette raison que Federico n’a pas vu venir une grande partie des révélations du livre et qu’il pardonne à la personne sous payée qui a rédigé le résumé de quatrième de couverture en regardant Inspecteur Derrick.

Malgré certains passages un peu plus faibles l’ensemble est vraiment très prenant. Notre ami lapin a vécu ce voyage à fond, a supporté le sale caractère des nombreux héros et partagé leurs craintes.

Karen Maitland, trad. Fabrice Pointeau, La compagnie des menteurs, Sonatine, mars 2010, 650 p.

Les adieux à la reine

Un roman de Chantal Thomas.

2 carottes

C’est rare chez Federico de chroniquer un livre moins de dix minutes après l’avoir fini. Comme ça, c’est fait !

Vous souvenez-vous de L’échange des princesses de Chantal Thomas et de Marie-Antoinette de Stefan Zweig ? Eh bien Federico a choisit de jumeler les deux et de lire un roman de Chantal Thomas parlant de Marie-Antoinette. Bim ! notre ami lapin a nommé : Les adieux à la reine.

En gros, c’est l’histoire d’Agathe-Sidonie, une groupie de M-A, qui ne vit que pour la croiser dans les couloirs et lui faire la lecture (quand il prend l’envie à Sa Majesté qu’on lui fasse la lecture, il y a les lectrices de la reine qui sont là pour ça, tout comme il y a la « porte-chaise d’affaires de la reine », pour quand elle a besoin de faire ses royaux besoins…) L’action se déroule du 14 au 16 juillet 1789, période un peu chahutée pour le royaume de France. Au terme de ces quelques jours d’incertitude, nombre de nobles prendront la fuite, et avec eux Agathe-Sidonie…

Alors que Federico avait kiffé L’échange des princesses, il a été un peu déçu par Les adieux à la reine. C’est peut-être une overdose marie-trotinettale ? Il n’en est pas si sûr, car les passages où apparait la reine sont ceux qu’il a préférés. En fait, c’est l’errance d’Agathe-Sidonie dans le château de Versailles, parmi la Cour en déroute, qui a ennuyé notre ami lapin. La narration lente et le caractère très effacé de l’héroïne l’ont empêché de véritablement trembler dans cette atmosphère pourtant pleine de doute et de panique ! Il faut dire que Federico ne craint pas pour sa tête, et Agathe-Sidonie non plus finalement, mais il n’est pas très fun d’y entrer dans la sienne, de tête, tant elle ne vit que pour M-A et Versailles. Attention, ne faites pas dire à notre ami lapin ce qu’il n’a pas dit ! L’héroïne est tout à fait crédible, tout comme la relation des prémices de la chute de la monarchie, mais Federico n’était pas super emballé et un peu endormi, voilà tout…

Chantal Thomas, Les adieux à la reine, 2002, Seuil (collection Points), 244 pages

(Ndl : Federico n’a pas vu le film de Benoît Jacquot adapté du roman, peut-être bientôt.)

(MàJ : Federico a vu le film. Et bien l’adaptation est plutôt réussie car il s’est autant ennuyé que dans le livre !)

Marie-Antoinette

Un roman autrichien de Stefan Zweig, traduit par Alzir Hella.

4 carottes

Vous qui vous précipitez sur le livre de Valérie, Federico vous conseille plutôt ce livre : là, vous en aurez du croustillant, des secrets intimes ou d’état, du scandaaale !

Marie-Antoinette en jogging.

Marie-Antoinette s’apprêtant à sortir chercher du pain.

Marie-Antoinette, c’est l’histoire d’une jeune héritière autrichienne, prénommée Marie-Antoinette, qui est mariée à un flanby au dauphin du Royaume de France. Le jeune homme n’est pas le meilleur compagnon avec qui pump’n up, alors elle se console avec ses potos et ses robes en rideau. Quelques années plus tard, il se décoince grâce à l’intervention de son beauf qui lui fait remarquer que sept ans d’abstinence, c’est pas très bon pour la com’, et qu’un héritier ça ne se recrute pas sur les bancs de l’ENA ou de Sciences Po, non, il faut le fabriquer soi-même. Pendant tout ce temps-là, Marie-Antoinette dansait, jouait au théâtre ou à la ferme, s’achetait des bijoux, des plumes, des robes (et des amis aussi), bref, carpe diem ! Et là, paf ! trois gamins qui lui tombent sur les bras, finito la belle vie, surtout qu’après, paf ! la Révolution ! Alors là c’est la loose totale, la taille du logement de Marie-Antoinette rétrograde d’années en années, de mois en mois ; tous ses amis ont pris la poudre d’escampette, sauf son plan cul avec qui elle échange des textos enflammés. Son mari, devenu obèse, ne sait pas quoi faire, donc il ne fait rien. C’est à en perdre la tête toute cette histoire !

Federico a littéralement dévoré cette biographie romanesque, instructive et trépidante, où l’on suit les pas de cette poupée frivole qui se transforme en héroïne tragique. C’était le premier ouvrage de Stefan Zweig qu’il lisait, et il a été plus que ravi de découvrir ce génie de l’écriture, fin psychologue et narrateur hors pair !

Maintenant, notre ami lapin doit lire toute l’œuvre de Zweig, ainsi que tout plein de livres qui parlent de l’histoire de France, il voudrait aussi revoir le film de Sofia Coppola (qui dit s’être inspirée du livre de Zweig, mais dans son souvenir, ce n’est pas vraiment la même personnalité que nous décrit la cinéaste…), et retourner à Versailles bien sûr… y a plus qu’à !

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, Grasset, 1933, 460 pages

L’échange des princesses

Un roman de Chantal Thomas.

noté 3 sur 4

Vite vite, avant qu’il n’oublie, Federico doit vous parler de ce bouquin vraiment sympa !

Notre ami lapin aime l’Histoire. Parfois, il se perd sur Wikipédia à lire la vie du duc de Machin et de la comtesse Truc. Mais quoi de mieux que la vraie vie des princes et princesses sous la plume de Chantal Thomas ?

© Le Seuil, 2013Un jour, dans son bain trimestriel, Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV et Régent de France, a une chouette idée : pourquoi pas marier le jeune Louis XV avec l’infante d’Espagne, Marie Anne Victoire ? Et pourquoi pas en profiter aussi pour marier sa propre fille, Louise Élisabeth, avec l’héritier du trône d’Espagne ? Ça peut servir, et les tensions avec le Roi d’Espagne se calmeront un peu. Cette lumineuse idée donne lieu à un échange de princesses à la frontière franco-espagnole en 1721. Mais le plan du régent fera flop au bout de quelques années. D’un côté, malgré le charme des 4 ans de Marie Anne Victoire, Louis XV est trop vieux (11 ans) et la boude royalement (il peut, c’est le Roi !). De l’autre côté, Louise Élisabeth, 12 ans, reçoit un accueil glacial à Madrid où elle débarque malade comme un chien après son très long voyage en carrosse (contrairement à ce que les contes de fées veulent nous faire croire, voyager en carrosse n’est pas une promenade de santé).

Chantal Thomas ne nous fait pas du roman historique grandiloquent, elle nous plonge dans le quotidien à la fois morne et dangereux des princesses, ces toutes jeunes filles qui doivent plaire au peuple, à la cour et au Roi, dans le seul but d’enfanter un rejeton destiné à porter une couronne. Où est le vrai, où est le romancé ? On n’en sait trop rien, mais on croit à tout ce que nous raconte l’auteure. Très très bien écrit, le roman est enrichi des extraits de correspondances des princesses, des têtes couronnées, des gouvernantes, du Régent, tout en gardant un style linéaire, comme si la narration s’était adaptée au style de l’époque.

C’était quand même fou la vie de ces enfants qu’on mariait à tout bout de champ mais qui devaient somme toute s’ennuyer à mourir dans leurs palais ! Le passe-temps des princes ? La chasse. Celui des princesses ? Être agréable. La pauvre Louise Élisabeth avait décidé de ne pas être agréable, mal lui en pris. Quant à Marie Anne Victoire, elle avait tout pour plaire, sauf dix années supplémentaires….

Donc voilà, c’était le fun. Peut-être pas pour les princesses, mais au moins pour Federico !

L’échange des princesses, Chantal Thomas, Le Seuil, 2013, 348 pages

La boîte verte

Depuis le temps que Federico va se perdre sur ce site prodigieux, il devenait plus qu’urgent de vous en parler. Vous avez 5 minutes à perdre ? Cliquez ici. Bravo, vous venez de perdre 2 heures !

Cependant, « Perdre » n’est pas le terme qui convient quand on va passer du temps à sillonner les catégories de La Boîte Verte. Découvrir, s’émerveiller, rire, s’étonner, sont plus adaptés. Alimenté régulièrement par le mystérieux « Maître de la Boîte », ce site répertorie des tas et des tas de curiosités disséminées sur le net. Arts, histoire, sciences, culture geek, on trouve de tout dans cette boîte. On peut la secouer dans tous les sens, il y a toujours un truc passionnant qui sort, le fil d’Ariane vous attrape immédiatement et c’est parti pour de chouettes moments de glande intelligente (enfin, pas toujours…). Grand amateur d’absurde et d’idées génialement inutiles, Federico est toujours comblé par les articles de la Boîte Verte.

Rien de tel que quelques exemples pour vous prouver que consulter tous les jours la Boîte Verte est bon pour le moral. Voici le meilleur du best of des articles préférés de votre chroniqueur.

Les inventions à l’ancienne, dans lequel on découvre que les skis d’intérieur ou la cage à bébé n’ont pas réussi à s’imposer dans notre quotidien. C’est bien dommage.

Les indispensables lunettes pour lire couché !

Toujours dans le vintage, cette très émouvante série de photographies prises par la police australienne dans les années 20.

Federico n’en revient toujours pas de la beauté de ces photos !

On y trouve également des choses qui ne servent à rien mais qui sont absolument indispensables !

Et enfin, des choses tellement belles que, que… ça vous laisse sans voix !

… la conception de minuscules vêtements pour le film Coraline :

… les étonnantes créations de papier de Yulia Brodskaya :

Non mais sérieusement, comment fait-elle ?!

… ces oiseaux réalisés avec des pétales (drôle d’idée mais trèèès convaincante !) :

La peinture, c’est tellement surfait !

Federico espère que ce maigre échantillon vous a convaincu de lâcher Twitter et Facebook un instant et de passer une nuit à parcourir La Boîte Verte.

L’année du volcan

Un roman de Jean-François Parot.

noté 3 sur 4

Nicolas Le Floch est classe : il est dans les petits papiers de Marie-Antoinette, Louis XVI lui fait confiance et en plus il résout des affaires super compliquées tout en mangeant des plats trèèès mauvais pour ses petites artères. Federico s’est décidé à faire sa connaissance lors de la sortie du dernier opus de ses enquêtes. Ce n’était pas l’idée du siècle car, si les enquêtes sont indépendantes d’un livre à l’autre, l’auteur aime bien faire des privates jokes que seuls les lecteurs fidèles depuis le début peuvent comprendre. Par conséquent, notre ami lapin s’est parfois trouvé bien perdu parmi tous les personnages de cette saga.

©JC LattèsLe deuxième point qui a freiné la lecture de Federico est la langue employée par Jean-François Parot. En effet, en plus des innombrables détails qui nous immergent dans cette fin de XVIIIe siècle, l’auteur se plaît à utiliser des mots et des tournures de phrases très usitées à l’époque et totalement désuètes aujourd’hui. Il aura donc fallu quelques dizaines de pages à notre chroniqueur pour surmonter ses petits problèmes linguistiques et se retrouver embarquer dans une passionnante enquête.

Nicolas Le Floch est informé par la reine elle-même (qu’il rencontre à Trianon, ô délice suprême) qu’un courtisan, le vicomte de Trabard, a été retrouvé mort, atrocement piétiné par un de ses chevaux. La souveraine lui demande de mener l’enquête. Le commissaire comprend bien vite que l’affaire ne se résume pas à une fâcherie entre le vicomte et son cheval, mais qu’elle est au cœur d’une sombre histoire qui concerne les plus hautes sphères du pouvoir.

Sans avoir suivi l’évolution de Nicolas Le Floch depuis les débuts de la série, Federico a apprécié de suivre ses réflexions de plus en plus désillusionnées sur les temps troublés dans lesquels l’enquête se déroule. En effet, nous sommes en 1783, les nobles font n’importe quoi, le clergé fait n’importe quoi et les pauvres font les pauvres. Bref, ça commence sérieusement à sentir la guillotine et Le Floch (ainsi que ceux qui l’entourent) perçoivent une sourde colère monter dans le peuple. Sans avoir idée de la révolution qui approche, ils ont conscience que la révolte pourrait bien éclater si les dirigeants du pays continuent à se comporter de façon inconséquente et irrespectueuse.

Incapable de juger de la qualité de cet opus par rapport aux autres, Federico se contentera de dire que c’est un très bon roman policier parfois un peu trop complexe pour notre ami lapin, mais les arcanes du pouvoir sont de bien sombres dédales. Sans être un spécialiste de l’histoire, Federico n’a pas eu l’impression qu’on se moquait de lui. Une fois entré dans l’intrigue, il s’y est trouvé plutôt bien et c’est le principal.

Jean-François Parot, L’année du volcan, JC Lattès, février 2013, 470 p.

Mémoires d’une jeune fille rangée

Un roman de Simone de Beauvoir.

noté 3 sur 4

Vous l’avez remarqué (ou bien ça ne saurait tarder), votre lapin favori est parfois un boulimique littéraire qui aime très souvent se plonger dans les univers, papiers ou physiques, des auteurs qu’il lit. Son activité géographique actuelle lui a rappelé l’envie qu’il avait eu, il y a longtemps, de lire le premier tome autobiographique de Simone de Beauvoir, tenté qu’il était de la suivre un instant dans les rues germanopratines.

© Folio - Gallimard

La promenade avec Simone de Beauvoir fut très agréable. (Federico vous dit ça tout de suite pour que vous lisiez son blabla jusqu’au bout, parce que votre dévoué serviteur a des choses à dire pour que vous compreniez l’intérêt qu’il a eu à lire ce livre).

Avant tout, c’est l’écriture parfaitement maîtrisée et les cheminements structurés de la pensée de l’auteure qui happent le lecteur, lui racontant sa vie avec beaucoup de précision, d’application et -à n’en point douter- de fidélité. Le tout est donc très riche en réflexion, mais surtout très instructif sur le quotidien et le comportement des intellectuels de la première moitié du XXe siècle, dont Federico ne pouvait toutefois s’empêcher de se sentir éloigné, à la fois émerveillé et dubitatif…

Ce qui est également frappant dès les premières pages, c’est l’analyse, presque clinique, que Simone de Beauvoir parvient à effectuer sur son propre esprit d’enfant. La complexité de la formation et l’évolution d’une personnalité est, de manière presque effrayante, strictement développée et critiquée. On en vient presque à se demander si la petite Simone était une enfant comme les autres… L’auteure parle donc beaucoup d’elle-même, mais aussi de ses parents, de sa sœur Hélène, de son amie d’enfance Élisabeth, dite Zaza, de son cousin Jacques, d’autres membre de la famille et divers amis dont Jean-Paul Sartre. On découvre ainsi que le rapport aux autres (notamment les amitiés) ont eu une place prépondérante dans la construction de la jeune fille.

Les Mémoires d’une jeune fille rangée est aussi un morceau d’Histoire parisienne à travers les déambulations de Simone de Beauvoir dans les rues de la capitale, mais surtout à travers le portrait du monde bourgeois qui l’entoure. Les choix de la jeune fille rangée dessinent en effet les débuts d’une rébellion assumée -mais encore peu défendue- qui remet en cause la mainmise des traditions catholiques et masculines, principalement à travers l’institution du mariage.

Prémices de la mythologie féministe et existentialiste, Les Mémoires d’une jeune fille rangée est avant tout un roman d’apprentissage où la famille et les amitiés ont une place majeure. Étonnamment, cette autobiographie attise la curiosité plus qu’elle ne donne les clés du personnage qu’est Simone de Beauvoir…

Le blabla prend fin, mais sachez que Federico ne pensait pas qu’il aurait autant de plaisir et de facilité à lire un livre aussi philosophiquement centré sur l’esprit… car très vite il se révèle romanesquement plaisant.

Simone de Beauvoir, Les Mémoires d’une jeune fille rangée, Gallimard, 1958, collection Folio, 480 pages

Lignes de faille

Un roman de Nancy Huston.

Federico est tombé par hasard sur ce livre, emprunté dans la bibliothèque d’une maison de passage. Bien lui en a pris de poser la papatte sur ce roman singulier qui alterne les quatre voix d’une même famille.

Attention, c’est un peu compliqué : le roman est découpé en quatre parties retraçant chacune les récits de Sol, Randall, Sadie et Kristina, enfants âgés de six ans, chacun l’enfant du suivant… On commence donc par Solomon, fils de Randall, petit-fils de Sadie et arrière-petit-fils de Kristina avec qui l’on termine le livre. Capitché ?

Le début de l’histoire (qui en est aussi la fin car elle est la plus récente chronologiquement), se déroule à travers les yeux de Sol, jeune garçon de la côte ouest américaine. Le discours de cet enfant-roi de six ans, adepte des recoins sordides du net et fier supporter du président Bush, est particulièrement dérangeant et malsain, mais c’est au fond ce qui interpelle et accroche le lecteur qui découvre au fur et à mesure les histoires de la famille, entre non-dits et rancunes passées. Vient ensuite le récit de Randall qui doit quitter son enfance new-yorkaise pour Haïfa, en Israël, et où sa mère Sadie se consacre aux recherches sur le passé de sa mère Kristina. Puis c’est le tour de Sadie, fillette mal dans sa peau élevée à Toronto par ses grands-parents, en quête de la reconnaissance de sa mère Kristina qui entame une carrière de chanteuse sous le nom d’Erra. Enfin, c’est l’enfance de la jeune et jolie Kristina, dans l’Allemagne de 1945, qui boucle le récit.

Les personnages de Lignes de faille côtoient donc différentes facettes de l’Histoire, celle de la défaite allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le conflit israëlo-palestinien ainsi que la guerre en Irak. Mais c’est davantage sur le ressenti des enfants, malmenés de villes en villes, de continents en continents, et sur le sentiment de filiation que l’auteur centre le roman. Car, avec le point de vue interne de jeunes yeux de six ans, les actions des adultes sont brutes et les récits sincères, voire poignants dans les cas de Sadie et Kristina. C’est en effet un de ces livres qu’on n’oublie pas, que l’on ressasse longtemps après l’avoir refermé et reposé sur l’étagère de la petite bibliothèque dans cette maison déjà loin.

Lignes de faille, Nancy Huston, Actes Sud, 2006 (prix Femina 2006), 488 pages

Federico-sur-Loire

Federico a beau être un lapin et habiter dans un terrier, il ne reste pas de marbre devant les constructions humaines. Pour ses vacances, notre ami rongeur a choisi d’aller visiter quelques châteaux de la Loire. Au menu, quelques uns des plus mythiques monuments de la Renaissance : Chambord, Amboise, Chaumont et Blois.

Pour vous faire partager ce moment historique, Federico vous propose d’aller voir son album photo, ici.