L’énergie du cru

Un essai de Leslie Kenton, traduit par Karen Vago, lu dans le cadre de Masse critique de Babelio.

3 carottes

« Découvrez une façon de vivre où vous vous réveillerez le matin avec une impression de fraîcheur, de joie, de bonnes dispositions envers vous-même et la vie. » C’est beau, c’est Leslie qui l’a dit.

Vous voulez être en bonne santé, jeune et heureux (et beau et riche) ? Ne cherchez plus, mangez cru ! Et ouais, c’est la thèse de ce bouquin, il y a peut-être de quoi se moquer, mais après cette lecture, Federico a le sentiment d’en savoir un peu plus sur sa bouffe, et il n’en est pas fâché.

Car la bouffe, c’est important. Ce qu’on met dans sa bouche est loin d’être anodin : d’où ça vient, comment ça goûte, qu’est-ce ça va faire dans son petit corps, etc. C’est d’ailleurs notamment pour cela que Federico s’était intéressé au livre de Marie-Monique Robin, Les moissons du futur, et c’est encore aujourd’hui pour cela qu’il a mis son museau dans L’énergie du cru.

L'énergie du cru, éditions JouvenceEt oui, le crudivorisme, quel mot ravissant. Mais qu’est-ce qui se cache réellement derrière ce choix alimentaire fort décrié, dont les adeptes sont taxés d’extrémisme et de frustration maladive, fustigés au rang de hippies asociaux et fantaisistes ? Notre ami lapin était curieux de savoir de quoi il en retournait exactement.

Comme pour Marie-Monique, il ne va pas paraphraser le bouquin, c’est inutile et peu honorable. En tout cas, Federico peut vous dire que Leslie Kenton commence par nous expliquer que les aliments cuits, ce n’est pas très bon pour la santé, et qu’il en est de même pour les aliments raffinés et/ou transformés. En effet, la cuisson tue la quasi-majorité des nutriments et complique la digestion (entre autres choses majeures de la vie du corps) ; la nourriture transformée (avec forte cuisson + ajout de joyeusetés chimiques) n’arrange pas non plus les choses. On serait donc constamment en santé « moyenne », avec les maladies chroniques que cela implique et les risques élevés d’avoir un jour un cancer de quelque chose. Encourageant n’est-ce pas ?

La solution de Leslie et ses copains-copines (et tout un tas de scientifiques qui se sont penchés sur le sujet au cours des derniers siècles), c’est le cru, qui stimule et désintoxique l’organisme. En fait, il faut préciser que si certaines personnes ont un régime à 100 % cru, Leslie nous parle plutôt d’un régime à 75 % cru. On privilégie donc les fruits et les légumes (à croquer ou en jus), ainsi que les graines germées et pas germées, les céréales, oléagineux et fruits secs, les produits laitiers, les huiles, etc. La cuisson n’est pas complètement bannie, mais il faut privilégier le mode « griller un peu » plutôt que « bouillir longtemps ». Et les soupes en hiver c’est toujours sympa. On trouve donc dans le bouquin des recettes et des tableaux pratiques. Voilà.

Tout ça c’est bien beau, mais il y a quelque chose qui ne va pas, mais alors pas du tout : les COQUILLES !!! Non, pas celles des œufs, celles de l’éditeur·trice… Par ses moustaches, c’est toujours aussi insupportable pour Federico de lire un bouquin rempli de coquilles : fautes de conjugaison, mots ou lettres manquantes, parenthèses ouvertes mais pas refermées (quasi systématiquement, c’est pas compliqué pourtant >>), et un grave problème de réglage de la chasse de la typo du point de vue des apostrophes (comment ça déformation professionnelle ? nonnonpasdutout). Bon, ne croyez pas que le livre soit rempli de coquilles, mais il suffit toujours qu’il y en ait un peu pour qu’il y en ait trop…

Pour finir sur un point positif et non négligeable, Leslie semble avoir une passion pour la carotte, Federico ne va pas la contredire… en voici trois qu’elle se fera un plaisir de croquer, râper, tailler, mixer, centrifuger, aux choix.

L’énergie du cru : les bienfaits de l’alimentation cru, Leslie Kenton, traduction de Karen Vago, Éditions Jouvence, 2014 (première fois publié en 2003), 224 pages

Le règne du vivant

Un roman d’Alice Ferney.

3 carottes

©actes sudDans un premier temps, Federico a été assez déconcerté par ce roman au ton résolument journalistique. Et pour cause le narrateur en est un, de journaliste. Il s’engage aux côtés de militants écologistes qui luttent contre les pêches intensives et le massacre des baleines, requins et autres animaux marins. À la tête de cette organisation, se trouve un homme déterminé et jusqu’au-boutiste : Magnus Wallace. Depuis des années il sillonne les mers du monde à la barre de l’Arrowhead, un brise-glace, et traque les pêcheurs qui contreviennent à des lois que personne ne semble pressé de faire appliquer. Dans ce monde cynique où la vie d’un cétacé et les merveilles des fonds marins ne pèsent rien face aux intérêts financiers, il est le seul à s’élever et à agir réellement. Ses moyens sont pour le moins expéditifs : il poursuit les pêcheurs et n’hésite pas à endommager les navires. Résultat des courses, sa tête est mise à prix dans bien des pays et les autres organisations écologistes lui tournent le dos. Il garde sans cesse à l’esprit que la planète où il vit est l’héritage de ses enfants et rien ni personne ne le détournera de sa dangereuse mission.

Si notre ami lapin était fort troublé au début de sa lecture, c’est que ce portrait d’un écologiste hors du commun ressemble à s’y méprendre à celui-ci :

©Long Cours

Cette belle page est la première d’un article de Natacha Calestrémé consacré à l’écologiste Paul Watson, publié dans la revue Long Cours n°7. Si vous n’êtes pas encore en possession de cette merveilleuse publication, précipitez-vous chez votre libraire, commandez-les, abonnez-vous, faites quelque chose ! (Mais quoi que vous fassiez, merci de ne pas le faire sur Amazon).

Loin de ne pas apprécier ce parallèle, Federico craignait plutôt que ce style soit lassant à la longue. Fort heureusement, on s’habitue vite à cette narration qui est mêlée à des réflexions très introspectives sur l’engagement, de beaux moments de contemplation et des passages d’action très tendus.

Par-dessus tout, ce roman met en avant la tragédie écologique qui se joue depuis plusieurs décennies et la violence inouïe avec laquelle l’homme traite les animaux. De quoi en faire culpabiliser plus d’un !

Alice Ferney, Le règne du vivant, Actes Sud, août 2014, 208 p.

Les moissons du futur

Un essai de Marie-Monique Robin.

noté 3 sur 4

Federico ne lit quasiment pas d’essais, mais dernièrement, il est allé mettre le museau dans l’ouvrage de Marie-Monique Robin : Les moissons du futur, comment l’agroécologie peut nourrir le monde. L’auteur y parle d’agroécologie, d’agroforesterie, d’agroalimentaire et plein d’autres trucs qui commencent par agro. Tout ce qui concerne le miam miam, en fait. Le point de départ du livre est le suivant : selon les pontes de l’industrie agroalimentaire, il est impossible de produire assez de miam miam pour tout le monde sans recourir à l’agriculture industrielle (engrais, pesticides et autres assaisonnements).

©La Découverte

Marie-Monique Robin a décidé de répondre à cette affirmation et de prouver que l’agriculture biologique est tout à fait capable de relever le défi du XXIe siècle : nourrir la planète. Pour ce faire, elle est partie à la rencontre des acteurs de l’agroécologie aux quatre coins du globe et en a fait un documentaire, dont est tiré le livre éponyme.

Federico – qui n’y connaît absolument rien en agriculture – a ainsi découvert que les cultures aiment bien avoir les arbres avec elles (c’est l’agroforesterie) et que l’association de plusieurs cultures permet d’enrichir le sol et de rendre les plantes plus résistantes.

Il a également appris que l’agriculture industrielle part du principe que les cultures sont de faibles choses qu’il faut nourrir aux engrais et soigner aux pesticides. Ces pratiques appauvrissent le sol alors que ce dernier est le garant de la santé des plantes. En effet, les études présentées par l’auteur affirment qu’un sol nourri correctement et naturellement suffit à assurer tout ce dont les cultures ont besoin.

Votre serviteur ne va pas se risquer à plus de paraphrase : ce serait risquer de dire des bêtises. Pour caricaturer très très grossièrement le propos de Marie-Monique Robin, disons que les produits chimiques c’est mal et que l’agroécologie c’est bien.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous avez deux options : la lecture du livre ou le visionnage du documentaire. Pour commencer, vous pouvez aller vous balader ici.

Pour ce qui est de la forme, ce document à le mérite d’être accessibles aux plus incultes. L’auteur est très claire dans ses propos et son écriture assure une lecture très fluide. En choisissant de faire la part belle aux témoignages et en citant abondamment ceux qu’elle a rencontré ou qui l’ont inspirée, Marie-Monique Robin créé une dynamique qui donne envie de poursuivre la lecture.

Federico a été très intéressé par cet ouvrage, qui lui a permis de se poser pas mal de questions sur sa consommation et sur le miam miam en général. Dommage que les réponses proposées dans le livre le soient sur un ton un peu trop péremptoire. Néanmoins, ce dernier point n’est que le reflet de l’engagement de l’auteur pour la cause qu’elle défend. Et c’est tout à son honneur.

Marie-Monique Robin, Les moissons du futur – Comment l’agroécologie peut nourrir le monde, La Découverte et Arte/Éditions, octobre 2012, 297 p.

Plume de carotte

Mais qu’est-ce donc que cela… les carottes auraient-elles des plumes ?

Meuh non, innocents que vous êtes ! Si vous fréquentiez les librairies aussi assidûment que notre ami lapin, vous sauriez que Plume de Carotte ne désigne pas une curiosité potagère mais une maison d’édition.

Avec comme logo : un LAPIN !!

Rien que pour ça, cet éditeur mérite un article. Et un article interactif, qui envoie plein de liens vers le très bon site de l’éditeur (quoique pas très à jour). Vous n’aurez le lien qu’à la fin, sinon vous allez tout lire maintenant et cet article ne vous apprendra rien.

Avant de vous présenter les meilleurs livres de cet éditeur qui mise sur la qualité plus que sur la quantité, petite présentation.

Les éditions Plume de Carotte sont nées en 2001 des mains motivées de Frédéric Lisak (les Frédéric ont décidément beaucoup de potentiel !) et de Geneviève Démereau. L’équipe c’est étoffée depuis et on peut voir une sympathique présentation de chacun de ses membres ici. Plume de Carotte est un éditeur résolument proche de la nature. La volonté de l’équipe est de nous faire découvrir de façon originale les richesses insoupçonnée de notre environnement, et ce sans prises de vue aériennes… Cette politique n’est pas une façade pour attirer des lecteurs avides d’écologie innovante : toute la démarche éditoriale est engagée dans la protection de l’environnement. Que ce soit dans le choix des matériaux d’impression, dans le travail avec les fournisseurs ou dans la sélection des fournitures de bureau, vous pouvez consulter les engagements de la maison d’édition ici. Une maison d’édition artisanale donc, qui publie une vingtaine de livres par an : beaux livres, jeunesse et quelques ovni, parmi lesquels certains bijoux que Federico trépigne d’envie de vous présenter.

De mémoire de vergers

Sous titré « Histoires gourmandes des fruits de nos campagnes » ce beau livre signé Serge Schall ne pouvait être mieux résumé. La gourmandise, voilà ce qui caractérise De mémoire de vergers. Chaque double page vous présente l’histoire d’un fruit de verger et propose une photographie des plus appétissante du dit fruit. Rien de tel pour saliver que de feuilleter ce livre. L’ouvrir, c’est profiter d’un délicieux rayon de soleil, quelque soit la couleur de votre ciel. De mémoire… ce ne sont pas que des photos. On y trouve une rigoureuse mais pas ennuyeuse présentation des arbres et des variétés de fruits, agrémenté d’anecdotes. En attendant d’aller le déguster chez votre libraire, vous pouvez savourer une petite mise en bouche ici (cliquez sur la couverture pour feuilleter le livre).

Comment recycler les oiseaux mazoutés, et autres bons conseils d’écologie horripilante

Vous en avez assez de passer deux heures devant un emballage en vous demandant dans quelle poubelle le mettre, avec l’épée de Damoclès d’une catastrophe naturelle sur la conscience en cas d’erreur ? Respirez un bon coup, Federico a trouvé le livre qu’il vous faut. Il ne vous explique pas comment trier vos déchets mais se charge de ruer dans les brancards d’une écologie  bien pensante et particulièrement culpabilisante. Avec un humour absolument tordant, qui a valu un ou deux fous rire à notre rongeur, Sergio Émilson tourne l’écologie en dérision, en n’épargnant rien ni personne. L’inventivité de ce livre est telle qu’il ne faut pas espérer trouver le moindre conseil réaliste (du genre, mettre un bonnet sur le toit de sa maison pour éviter les déperditions de chaleur. Le but affiché est de nous déstresser par le rire et nous redonner envie de protéger notre petite planète, parce qu’en fait c’est vachement marrant ! Voyez par vous même.

Leçon de vol

Pour finir, place aux lapereaux (et leurs parents aussi) avec un petit trésor dégoté dans la collection jeunesse « Petite Plume de carotte ». Leçon de vol est un album jeunesse écrit et dessiné par Sebastian Meschenmoser. Il nous raconte la rencontre entre un homme et un pingouin tombé du ciel. Quoi ? dites vous, mais les pingouins, ça ne vole pas ! Mais si monsieur, ils volent. Sauf que le héros de ce livre drôlement poétique a oublié comment on faisait. Ni une ni deux, son sauveteur prend la situation en main afin de lui réapprendre à se servir de ses ailes. Une histoire très tendre et joliment absurde accompagnée d’un crayonnage sobre. À découvrir ici.

À présent, comme vous avez été très sages, et pour compenser l’absence de bibliographie, voici le lien tant attendu vers le site web de la maison d’édition.