Ma vie rouge Kubrick

Un roman de Simon Roy.

3 carottes

Comment écrire un roman qui parle à la fois d’un film, The Shining, et de sa môman ?

MaVieRougeK2Federico est encore bien satisfait d’avoir lu ce livre si bien structuré, si poétique, poignant et savant. Comment l’auteur a-t-il fait pour raccorder ce film qu’il affectionne, qu’il a étudié des années durant lorsqu’il enseignait le cinéma, et la vie de sa propre mère ?

Pas forcément reliées en tout point, ces deux facettes du roman se côtoient avec aisance, retranscrivant sur papier les réflexions de l’auteur sur la vie, la mort, tout ça.

Car Ma vie rouge Kubrick est un peu comme un outil de deuil. Raconter l’histoire tragique de sa mère semble purger la tristesse laissée par son décès, et de comprendre ce par quoi elle est passé sa vie durant, à l’aune de l’histoire de Jack et Dany dans The Shining. Un traumatisme d’enfance, un père fou, l’alcoolisme, la violence, la solitude, les thèmes majeurs de The Shining sont aussi ceux de la petite famille Roy.

Ce doit être pour cette raison que Simon Roy s’est passionné pour ce film depuis ses 10 ans, et qu’il l’a visionné près de 42 fois… C’est ainsi que Ma vie rouge Kubrick est aussi un petit condensé analytique, mais jamais indigeste, du film de Kubrick. Simon Roy apporte une lecture personnelle de cette œuvre hyper tendance, dont on entend parler partout, donnant à son roman plus d’intérêt que les éloges classiques de ce film culte.

Ma vie rouge Kubrick, Simon Roy, 2014, Éditions du Boréal, 176 pages

Terriérama n°6

Terriérama est le premier magazine en ligne publié de façon pas du tout régulière qui vous parle de films sortis il y a 2 ans et demi, de séries pas encore diffusées en France, du CD que Federico vient juste de retrouver dans les coussins du canapé et autres choses ébouriffantes !

Cinéfilapin

The Riot Club, un film de Lone Scherfig

riot clubFondé à l’université d’Oxford au XVIIIe siècle, le Riot Club est réservé à la future élite britannique. Composé de dix jeunes hommes, ce club ne fait pas vraiment dans l’organisation de soirées bingo caritatives. Leur créneau serait plutôt sexe, drogue et cor de chasse. Le début du film les rend assez séduisants : ils sont beaux,riches, drôles et brillants. Alors oui, ils sont aussi très imbus d’eux-même et d’une arrogance folle mais on ne peut pas s’empêcher de bien aimer ces aristo perdus dans un XXIe siècle construit sans eux.

Comment se fait-il alors qu’en sortant du cinéma Federico avait une furieuse envie de leur donner des coups de pieds ?

Parce que Lone Schering, réalisatrice danoise et élève de Lars Von Trier, n’est pas là pour enjoliver la réalité mais pour nous la montrer telle qu’elle est dans ces clubs. Pourris par leur éducation de futurs maîtres du monde et bouffis de privilèges datant du mésozoïque, nos dix compères vont peu à peu révéler leur nature vandalesque et, au cours d’un huis clos nerveux et révoltant, se lancer dans une croisade contre les classes populaires. Ils révèlent un comportement et des idées qu’on pensait disparues dans les tranchées de la Somme, en particulier à l’égard des femmes, faisant preuve d’une misogynie de haut vol.

Remarquablement filmé et interprété, ce film est inspiré de clubs existant réellement, ce qui n’en est que plus atterrant. La fin laisse entrevoir un espoir que toutes les graines ne soient pas pourries mais on reste quand même avec un sale goût dans la bouche. C’était le but.

Envoyé spécial

Ça faisait un sacré bail qu’il n’avait pas été y promener son pompon, mais cette année Federico est enfin retourné au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo ! C’était une visite expresse puisqu’il n’y a passé que la journée du 25 mai, mais il a eu l’occasion de voir plein de gens et de choses intéressantes.

Dans la ville intra-muros, notre ami lapin a assisté à une rencontre très rafraichissante sur les pôles au cours de laquelle se sont exprimés Jean-Louis Étienne, Isabelle Autissier et Charlie Buffet. Ils ont parlé de leurs ouvrages respectifs évidemment (que vous pouvez découvrir en cliquant sur les noms des auteurs, parce qu’on va pas vous faire tout le boulot non plus) mais pas que. La discussion entre ces trois auteurs-voyageurs s’est articulée autour des thèmes enchanteurs de l’aventure, du dépassement de soi, du froid et du matériel de randonnée polaire.

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À défaut d’être nette et bien cadrée, cette photo à le mérite de prouver que Federico et ses talents de photographe étaient bien présents à Saint-Malo !

Après ça, Federico est passé en mode militant et a assisté à une rencontre avec l’activiste Paul Watson, leader de l’organisation Sea Sheperd que vous avez déjà croisé dans ce terrier. Il a évoqué ses actions sur les mers du globe pour arrêter par tous les moyens les flottes de pêche industrielle qui ravagent les océans et déciment leurs habitants. Cétacé ! Très controversé, en particulier dans les milieux écologistes, à cause de l’aspect très spectaculaire des interventions de Sea Sheperd, Paul Watson a en tout cas beaucoup intéressé notre ami lapin. Il faut dire que l’homme est un habile communicant, qui a rapidement transformé la rencontre en one man show bien huilé qu’il répète certainement aux quatre coins du globe. Mais contre les gargantuesques entreprises qui pillent les ressources naturelles et leur lobbys, il faut au moins ça.

Federico n’a pas fait qu’écouter des gens parler. Au cours de ses pérégrinations, il est arrivé par hasard dans une exposition qui l’a fait fulminer. Main basse sur la terre réunit les photos que Marie Dorigny a prises au Mozambique où des dizaines d’agriculteurs sont expropriés par des entreprises étrangères qui convoitent leur terres pour y installer des exploitations de monoculture industrielle. En creusant un peu, Federico a découvert que cette photographe a déjà immortalisé la colère et la détresse de personnes ainsi bafouées. Son travail a profondément marqué notre ami lapin.

©Marie Dorigny

Technologie technique

Ami lecteur, toi qui écrit des choses avec tes papattes sur ton clavier, n’es-tu pas las de toutes ces sollicitations sur ton écran qui viennent te déconcentrer et t’inviter à la plus pernicieuse des digressions ? Comme Federico, tu n’en peux plus de commencer la rédaction d’un texte avec de hautes ambitions d’efficacité et de finir dans les tréfonds de l’Internet sans que ton œuvre n’ait avancé le moins du monde ? Nous avons la solution ! Ça s’appelle Omm Writer, ça fait quelques années que ça existe, mais comme d’habitude, Federico aime prendre son temps avec la technologie.

Soyons clair, Omm Writer n’est pas un logiciel qui vous colle des tartes dès que vous détachez votre regard de votre traitement de texte. Non, Omm Writer EST un traitement de texte. Sauf qu’au lieu de vous proposer mille et une solutions de mise-en-page-publipostage-import-pdf-lien-hypertexte-emballé-c’est-pesé, Omm Writer vous laisse le choix entre différentes musiques d’ambiances, tonalités pour les touches du clavier et fonds d’écran zen. Dès que vous écrivez, les quelques boutons d’option s’effacent pour ne laisser qu’un fond très épuré et par dessus, votre texte.

Depuis qu’il l’a découvert, Federico n’écrit plus ses articles que sur ce logiciel et fignole la mise en page dans son interface WordPress. Et ça marche ! Écrire était déjà un plaisir, c’est maintenant un véritable moment de détente. Le petit cliquetis des touches du clavier est tellement addictif que Federico ne voudrait plus arrêter de taper !

En direct de Westeros

Lors de la diffusion des deux dernières saisons de Game Of Thrones, une mode est apparue dans la presse en ligne : les chroniqueurs qui annoncent pourquoi ils ont arrêté de regarder la série. Portée aux nues lors de sa première saison, GOT fait de plus en plus grincer des dents. Trop de violence, trop de sexe, trop de sexe violent, etc. : les arguments qui motivent les gens à passer leur chemin ne manquent pas. Comme Federico essaie de suivre un peu la mode quand même, il vous annonce maintenant que pour lui, Game Of Thrones à la télé, c’est fini.

jon snow

Ne me regarde pas comme ça Jon, je ne reviendrai pas sur ma décision.

Pour notre ami lapin, les motifs de rupture sont nombreux. L’un d’eux (le principal) est la sensation de ne plus du tout s’y retrouver. Entre la série et les livres, le gouffre se creuse de plus en plus et ce ne serait pas si grave aux yeux de Federico s’il n’avait pas la nette impression que le scénario de la série est en train de prendre les devants sur le tome 6 (qui devrait paraître d’ici à la fin du monde). Par conséquent, Federico a passé les quatre premiers épisodes de la saison 5 à bondir sur son canapé à grand renfort de « Mais que quoi ?! Ceci n’est point encore survenu dans le livre ! Ne me gâchez pas ma lecture, je vous en conjure ! » (en moins poli). Et puis quelles certitudes avons-nous que les avancées prises par la série maintenant seraient conformes avec ce que nous concocte l’auteur George R. R. Martin ? Que de confusion chez notre ami lapin !

Par ailleurs, Federico avait franchement moins de plaisir à visionner les Stark et les Lannister se prendre le chou. Alors que la série avait commencé en fanfare avec un scénario fidèle aux livres et un casting bad ass, les deux dernières saisons ont accéléré le rythme à grand renforts de raccourcis et de manque de finesse, envoyant aux oubliettes toutes les subtilités qui font la richesse de l’univers de Martin et se cantonnant au sensationnel qui a fait son succès : les nénés et le sang qui gicle. Ainsi, à son humble avis, Federico trouvait que la série était de moins en moins une bonne série : expéditive, éparpillée et sans profondeur…

Bravo les mecs pour ce beau gâchis.

Bravo les mecs pour ce beau gâchis.

Federico ne s’est pas morfondu longtemps : de chouettes séries il y en a des tas ! Et il retrouvera ses personnages préférés entre les pages des bouquins, ce n’est pas pour lui déplaire !

De si jolies ruines

Un roman de Jess Walter, traduit de l’anglais par Jean Esch.

2 carottes

de si jolies ruinesCe roman commence dans un village isolé de la région italienne de Cinque Terre (Federico est déjà parti acheter son billet d’avion pour cette destination choquante de beauté). Un matin, alors que Pasquale tente en vain de construire une plage pour attirer les touristes dans son hôtel, un bateau arrive, transportant avec lui la somptueuse actrice américaine Dee Moray, échappée du tournage de Cléopâtre. Cette rencontre va changer la vie du jeune italien, mais aussi celle de Dee, de Claire Silver, de Shane Wheeler, de Michael Deane, etc. Le tout, de 1962 à aujourd’hui. Ça en fait du monde ! Pourtant leurs histoires respectives s’articulent tellement bien qu’on passe de l’une à l’autre avec fluidité. Le lien entre tous les personnages n’est pas évident au début (même si on devine qu’ils sont tous connectés) mais l’auteur prend son temps et fini par construire une histoire très cohérente que Federico a eu beaucoup de plaisir à lire. Jess Walter nous parle d’amour, de mauvaises décisions, d’actes manqués, de petites erreurs, de manques de chance, et plus concrètement, du monde impitoyable du cinéma. Les héros de cette comédie humaine sont d’excellents compagnons de lecture, tout particulièrement Pasquale, dont la candeur et l’honnêteté sont irrésistibles.

Cependant, malgré un univers dans lequel il a aimé se replonger à chaque fois qu’il reprenait sa lecture, c’est avec un goût amer dans la bouche que notre ami lapin l’a achevée. Pendant tout le livre, l’auteur décortique avec bienveillance les erreurs de ses personnages mais il en commet lui-même une à la fin, et Federico ne lui pardonne pas. Après 450 pages d’une histoire faite de beaux morceaux de vie, de détails, de dialogues percutants, bref une histoire tellement crédible qu’on la croirait vraie,  Jess Walter cède aux sirènes du happy ending et bricole un joli épilogue très hollywoodien à chacun des personnages, en quelques lignes, emballé, c’est pesé. Ne nous méprenons pas, Federico n’est pas un sadique qui se délecte de voir des personnages s’embourber dans les problèmes jusqu’à une fin tragique (vous êtes quand même en présence d’un fan de Jane Austen, faut pas déconner). Seulement, notre ami lapin préfère une absence de fin à une fin comme celle-ci, qui emprisonne les personnages dans 10 pages après nous avoir permis de les côtoyer intimement dans le reste de l’ouvrage. S’il avait su s’arrêter à temps en laissant la voie ouverte à toutes les possibilités, De si jolies ruines aurait été aux yeux de Federico le roman brillant dont la presse a fait l’éloge.

C’est dommage, parce que jusqu’à la page 450, c’était vachement bien.

Jess Walter, trad. Jean Esch, De si jolies ruines, 10/18, juin 2015, 480 p.

La boîte verte

Depuis le temps que Federico va se perdre sur ce site prodigieux, il devenait plus qu’urgent de vous en parler. Vous avez 5 minutes à perdre ? Cliquez ici. Bravo, vous venez de perdre 2 heures !

Cependant, « Perdre » n’est pas le terme qui convient quand on va passer du temps à sillonner les catégories de La Boîte Verte. Découvrir, s’émerveiller, rire, s’étonner, sont plus adaptés. Alimenté régulièrement par le mystérieux « Maître de la Boîte », ce site répertorie des tas et des tas de curiosités disséminées sur le net. Arts, histoire, sciences, culture geek, on trouve de tout dans cette boîte. On peut la secouer dans tous les sens, il y a toujours un truc passionnant qui sort, le fil d’Ariane vous attrape immédiatement et c’est parti pour de chouettes moments de glande intelligente (enfin, pas toujours…). Grand amateur d’absurde et d’idées génialement inutiles, Federico est toujours comblé par les articles de la Boîte Verte.

Rien de tel que quelques exemples pour vous prouver que consulter tous les jours la Boîte Verte est bon pour le moral. Voici le meilleur du best of des articles préférés de votre chroniqueur.

Les inventions à l’ancienne, dans lequel on découvre que les skis d’intérieur ou la cage à bébé n’ont pas réussi à s’imposer dans notre quotidien. C’est bien dommage.

Les indispensables lunettes pour lire couché !

Toujours dans le vintage, cette très émouvante série de photographies prises par la police australienne dans les années 20.

Federico n’en revient toujours pas de la beauté de ces photos !

On y trouve également des choses qui ne servent à rien mais qui sont absolument indispensables !

Et enfin, des choses tellement belles que, que… ça vous laisse sans voix !

… la conception de minuscules vêtements pour le film Coraline :

… les étonnantes créations de papier de Yulia Brodskaya :

Non mais sérieusement, comment fait-elle ?!

… ces oiseaux réalisés avec des pétales (drôle d’idée mais trèèès convaincante !) :

La peinture, c’est tellement surfait !

Federico espère que ce maigre échantillon vous a convaincu de lâcher Twitter et Facebook un instant et de passer une nuit à parcourir La Boîte Verte.

La couleur des sentiments

Un roman de Kathryn Stockett, traduit de l’anglais par Pierre Girard.

 noté 3 sur 4

Avec des mois de retard et parce qu’on le lui a mis dans les pattes, Federico a lu avec plaisir le roman de l’américaine Kathryn Stockett qui a connu un grand succès après l’adaptation cinématographique d’il y a quelques temps.

© Babel, 2012D’ailleurs, Federico a été plutôt désappointé par l’adaptation sentimentaliste du grand écran qui ressemble un peu trop à un bonbon acidulé, en désaccord avec le grave sujet qu’est celui de la ségrégation raciale. C’est même le film, visionné après la lecture du livre, qui lui a ouvert les yeux sur la version française du titre, La Couleur des sentiments (en version originale, il s’agit de The Help) : la couleur, le noir, le blanc, le racisme, tout ça… Oui, Federico n’avait pas capté, mais pour sa défense, sachez que cela ne reflète pas vraiment l’esprit du livre car, s’il y est question de couleurs, il n’y déferle pas une tripotée de bons sentiments, c’est un peu plus réaliste que ça.

Bref, vous l’aurez compris : même s’il n’est pas mauvais, ne vous attachez pas à voir le film, et préférez-lui le livre.

L’atout principal du bouquin, c’est que l’on entre tour à tour dans la tête des trois héroïnes : les bonnes noires Aibileen et Minny, et la jeune blanche Eugenia, surnommée Skeeter. Au fil de la lecture, leur histoire et leurs émotions se dévoilent avec naturel, partageant leurs doutes, leurs peurs et les espoirs qu’elles osent formuler.

Le livre est une captivante peinture sociale des conditions de vie et de travail des bonnes dans l’état du Mississipi dans les années 1960. Les luttes antiraciales et féministes se dessinent en arrière-plan, alors que les héroïnes s’y engagent d’une manière très peu militante, mais plutôt personnelle.

Les femmes au foyer (qui laissent l’entretien de leur susdit-foyer et l’éducation de leurs enfants à leur bonne noire afin de mieux passer leur temps chez le coiffeur et à l’organisation de diners caritatifs pour les pauvres petits enfants africains de l’autre bout du monde) en prennent pour leur grade. Quant aux hommes, ils sont soit très occupés à travailler, soit alcooliques, soit empotés… Bref, une époque (un peu caricaturale mais sûrement fidèle) où il ne faisait pas bon vivre lorsqu’on était femme et/ou noire.

On passe donc un chouette moment en compagnie de Skeeter, Minny et Aibileen, qui confèrent toutes trois un ton enlevé et attachant à ce bouquin qui se lit avec plaisir, aisance et quelques grincements de dents…

Kathryn Stockett, La Couleur des sentiments, Babel, 626 pages, 9,70 €

Fuck Yeah, Movie Posters !

Vous aimez le cinéma ?

Vous aimez les belles images ?

Vous n’avez pas le temps de lire ?

Vous avez une folle envie de digresser ?

Si oui, alors Federico a trouvé un site pour vous : Fuck Yeah, Movie Posters !

Derrière cette appellation fort barbare (on se sent quand même un peu agressé) se cache une suite d’affiches de films divers et variés, dans leur version d’origine ou plus souvent revues et corrigées par des créateurs inspirés. Quelques exemples ci-dessous :

Voilà, à présent vous pouvez abandonner définitivement toutes les choses importantes et urgentes que vous étiez en train de faire !

La vidéo bonne humeur

Federico ne le redira jamais assez : le fil d’ariane, c’est trop de la balle. Démonstration tout de suite maintenant. (À la fin de l’article, vous aurez compris le sens du titre. Dans les premiers paragraphes ça risque de ne pas être très évident)

Vous êtes un lapin en mal de divertissement, alors, vous décidez d’aller au cinéma voir le dernier blockbuster de Christopher Nolan, Inception. Dans ce film joue Joseph Gordon-Levitt. Comme vous l’avez trouvé sympa dans le film mais que vous ne connaissez rien à sa vie, vous foncez sur Imdb.com, base archi complète sur le cinéma. Et c’est là qu’Ariane vous attrape. Sur Imdb vous découvrez que l’acteur en question a joué dans la comédie romantique (500) jours ensemble. Tiens, c’est pas un film que vous aviez voulu voir lors de sa sortie ?  Ni une, ni deux, vous usez de moyens occultes afin de visionner le film. Une heure et trente six minutes plus tard, vous êtes ravis d’avoir vu cette charmante comédie avec de charmants acteurs, dont Zooey Deschanel (dont on va reparler plus tard). Curieux de nature, vous avez envie de savoir ce que d’autres internautes ont pensé du film. Vous tombez sur une critique qui propose un lien vers une vidéo. Vous cliquez et atterrissez sur une vidéo à laquelle vous ne vous attendiez pas.  C’est là que le titre de l’article se révèle être vachement bien trouvé :

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=rtVh8kVZ_XM&feature=related]

Après vous être pâmé pendant deux minutes parce qu’ils dansent trop bien et que la musique est chouette comme tout, vous vous faites hameçonner de nouveau par notre amie Ariane. Car une question se pose : qui se cache derrière ce nom She and him ? Quel est donc ce charmant groupe ? Une rapide recherche et vous tombez de votre fauteuil : c’est Zooey Deschanel, et nulle autre, qui interprète les chansons du duo qu’elle forme avec M. Ward  (prononcer « m », pas monsieur). Vous suivez le fil et débarquez sur Deezer pour passer un excellent moment en écoutant (gratuitement pour l’instant) les deux albums de She and him. Trente minutes plus tard, vous êtes conquis.

Et voilà, en même pas trois heures, vous avez découvert un acteur, un film, une actrice et un groupe. Elle est pas belle la vie ? Et la vidéo, elle ne vous a pas mis de bonne humeur ? Hein ?

Maintenant il ne vous reste plus qu’à fermer les nombreux nouveaux onglets que ce perfide article vous a fait ouvrir.

Écoutez vos films !

Ceux qui savent profiter d’une bonne séance de cinéma (c’est-à-dire, le contraire de ça) sortent souvent du cinéma avec un tourbillon de papillons (pardon, Federico ne sais pas ce qu’il lui a pris) de souvenirs dans la tête. Ça peut être n’importe quoi : un gros fou rire, une réplique qui tue, de grosses larmes, un sanglot étouffé tant bien que mal, une baston à couper le souffle, la nullité du film qu’on a vu, les lunettes 3D louées 2 € qui glissent, les coups de pied du voisin de derrière, le physique de l’acteur principal…

Néanmoins, une chose revient souvent à la mémoire de notre ami lapin quand il sort de la salle pour affronter la froide réalité : la bande originale. Le son sur lequel le film s’est joué. Quand c’est bien fait, on le distingue à peine pendant le film : la musique imprègne la pellicule et est un acteur comme un autre de l’ambiance générale. C’est quand on sort que les chansons viennent couvrir le bruit de la circulation.

Et que fait Federico dans ces cas là ? Il se rue sur Internet afin de savoir quels noms portent les mélodies qui l’ont transporté. Ses deux sources favorites : IMDB (The Internet Movie Data Base), le nec plus ultra du site cinématographique qui décortique les bandes sons des films ;  Deezer et Jiwa, sites d’écoute de musique gratuits (du moins, pour le moment) qui lui permettent de réécouter certains morceaux musicaux. Et c’est là que le film commence sa deuxième vie comme prescripteur de musique. Que la bande originale ait été composée pour le film ou soit une compilation de musiques existantes, Federico n’a de cesse de faire de nouvelles découvertes. Grand adepte du fil d’Ariane, il suit des musiques qui le conduisent jusqu’à leurs artistes et rencontre des chanteurs et groupes d’exception.

Rien que pour vous, voici quelques films dont les BO (trèèèès diverses) ont fait frissonner les grandes oreilles de notre ami Federico :

Les infiltrés, de Martin Scorsese.
La famille indienne, Karan Johar.
Jarhead, de Sam Mendes.
Marie-Antoinette, de Sofia Coppola.
Watchmen, de Zack Snider.
The Darjeeling Limited, de Wes Anderson.
Gladiator, de Ridley Scott.
Singin’ in the rain, de Stanler Donen.
Orgueil et préjugés, de Joe Wright.
Disney, par Disney
The boat that rocked, de Richard Curtis.

Bon, on va s’arrêter là pour aujourd’hui, sinon on y sera encore le jour de la sortie de High School Musical 13.

Halte aux orgueilleux et aux jugements hâtifs

Le concept marketing utilisé pour la promotion du film ferait davantage fuir les lapins que les ameuter.
– Une affiche romantico-romantique sur fond d’un ciel pastel traversé par les rayons caressant du soleil qui pointe après la pluie de cette fin d’après-midi. Une petite brise soulève les mèches folles d’une jeune bourgeoise rebelle et sensuelle alors qu’un aristocrate énamouré au regard langoureux souffre de ne pouvoir l’atteindre…
– Une bande annonce longue, longue, qui montre tout, mais qui montre mal.
– Un synopsis de quatrième de couverture de DVD très étrange qui semble présenter un tout autre film.
– Enfin, si on en a l’opportunité, on essaie d’échapper à une VF stridente qui massacre le jeu des acteurs (l’abolition des doublages français, une des grandes luttes qui tiennent chères au cœur de notre lapin) et n’arrange donc pas l’exportation française du film.

Vu comme ça, ça ne donne pas envie. Mais, passé outre ses obstacles, la surprise est inattendue puisque le film évite les pièges annoncés par sa communication. Il évite les libertés hollywoodiennes et autres dangers de l’appropriation d’un scénario sans défauts pour plaire à un public américano-entertainement.

Federico a lu l’œuvre de Jane Austen. Il a apprécié l’examen précis, juste et concis, de la confection des liens entre personnes, au delà de la fierté et des préjugés, un véritable travail minutieux qui demande du temps et de la finesse à l’heure des codes de la noblesse anglaise du XVIIIe siècle. Federico aime beaucoup cette histoire qui en a inspiré beaucoup.

Notre imaginaire de l’œuvre, construit lors de notre lecture, n’est pas bafoué, spolié, ni bazardé à grand coup d’adaptation mercantile. Les acteurs ne collent pas leur faciès sur les personnages, qu’ils incarnent véritablement. On ne nous imposent rien. On accroche.
Parce qu’on sait ou devine les retors et l’évolution de leurs sentiments, on tremble avec Elizabeth, Jane et William, et même si on connait la suite, les répliques et les regards sont délectables.
L’ambiance tremblante, feutrée, contenue (et angoissante) des salons anglais est retranscrite fidèlement avec parfois plus de panache que dans le livre.

Niveau casting, Keira Knightley s’en sort pas mal. Matthew MacFadyen est un William Darcy parfait. Wickham (Rupert Friend) est vraiment moche, on ne le voit pas beaucoup comparé au livre, et c’est tant mieux. Judi Dench, Donald Sutherland, Tom Hollander, Jena Malone, Rosamund Pike, Kelly Reilly, Simon Woods, portent comme il faut le rôle qui leur a été confié.

Si vous êtes curieux, Youtube ou les bonus du DVD vous propose une fin alternative : Elizabeth Bennet et William Darcy sont amoureux, se disent des débilités et se font un bisou. Heureusement qu’elle est là cette scène, sinon on n’aurait pas compris le happy end. Totalement inutile, ou comment gâcher un film avec une scène spéciale-dédicace aux américains et à leur besoin de voyeurisme et de pré-maché.

Excepté cette scène vulgaire et outrageante pour la mémoire de Jane Austen , Federico a été surpris par sa non-déception : la prochaine fois, il se méfiera avant d’écouter son orgueil et de croire ses préjugés !

Pride and Prejudice, Joe Wright, 2005

Planquez vos adolescentes, ils ressortent les canines…

Voilà, c’est fait, Federico a lâché dans le titre tous ses vilains préjugés sur la saga littéraire et cinématographique qui déchaine les hormones passions et accessoirement a sauvé le plus grand groupe éditorial français de la crise économique.

Vous avez deviné de quoi il a choisi de vous parler ?

Non ? Eh oh, faudrait voir à sortir de sa caverne de temps en temps.

Alors, si on vous dit : vampires… amour impossible… cris de fans hystériques enthousiastes ?

Bon, on ne va pas y passer le réveillon non plus : aujourd’hui, c’est de Twilight qu’il s’agit. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici quelques articles du site culturel Actualitté qui montre que la saga Twilight ce sont :
– des chiffres ahurissants, et une croissance économique assurée pour les éditeurs qui ont décroché la timbale ;
– des lectrices conquises
– … des auteurs pas conquis du tout
– … mais surtout des millions de fans de vampires ;
– des puritains qui partent en croisade contre les vampires qui vont dévorer l’âme innocente et chaste de leurs chers bambins.

Parce qu’un tel phénomène ne pouvait pas passer sous le museau de notre ami lapin sans qu’il ne désire en savoir plus, Federico a décidé… d’en savoir plus. Et puis, il ne faut pas se leurrer, notre rongeur préféré à beau être un brillant analyste, il ne peut pas s’empêcher de juger un peu vite et de sombrer dans la mare du vilain préjugé. Il était temps d’agir : bien déterminé à savoir d’où venait cet engouement et à tordre le coup aux idées reçues, il a lu le premier tome de la saga. Rendez-vous dans l’article consacré à la critique acerbe raisonnée de l’ouvrage en question.

Mais pour le moment, l’urgence n’est pas de savoir si le livre est bien ou pas. Non ce qui presse c’est la menace sortie prochaine du deuxième film. Voyez déjà les dégâts occasionnés réactions suscitées par le premier volet et plus particulièrement par l’interprète du fameux vampire végétarien. Un conseil, baissez le son.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=lzvl8rF5wVc&feature=related]

Ça fait peur, hein? Au moment où Robeeeeeert se recoiffe, Federico a failli mourir de peur… ou de rire. Peu importe, cette vidéo a mis son petit cœur en péril. C’est cardiaque un lapin.

Voilà… C’est trop la honte.

Pour défendre notre ami Federico, nous dirons que les mégas préjugés qu’il avait (et a encore un peu) sur les ouvrages de Stephenie Meyer sont totalement et complètement causés par l’effet des films sur le public féminin. Et toc, nous avons sauvé l’honneur du rongeur.