Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore

Un album de Bertrand Santini.

On se demande ce qui se passe dans la tête de certains auteurs au moment de la création d’un album. Il y a dû y avoir une explosion assez violente dans celle de Bertrand Santini. Une grosse explosion de fantaisie qui a jeté des couleurs pétillantes partout sur les pages de son livre. Rien que le titre. On voit bien qu’il se passe quelque chose de pas net… Non mais franchement : Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore. On ne trouve pas ça à tous les coins d’étagères. L’intérieur du livre confirme l’impression première qu’a eu notre ami Federico en découvrant cet ouvrage : c’est du grand n’importe quoi. Mais « grand » dans le sens de grandiose, génial. Tout est bien dosé dans cet album très court mais très percutant.

L’histoire est simple : un lapin grignote quelques brins d’herbe quand soudain… une cascade d’événements absurdes lui tombe sur le râble. Chaque page va plus loin que la précédente dans la loufoquerie et l’humour. La mise en forme du texte le rend très vivant : mieux que des roulement de tambours ou un violon grinçant, elle installe le suspense. Celui qui naît de la question « mais qu’est-ce qu’il va nous inventer maintenant ?! ». Les illustrations quant à elles sont juste superbes. L’épure des jeux d’ombres chinoises et les aplats de couleurs assez surréalistes créent une atmosphère à la fois onirique et délirante.

Délirant, voilà, c’est le mot. En sage petit lapin, Federico ne s’est jamais drogué mais cet album dispense largement de l’usage de stupéfiants. Un trip de 40 pages. Un véritable régal à 4 carottes qui ne laisse pas de gueule de bois mais un joli sourire sur le museau.

Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore, Bertrand Santini, Les Éditions De La Balle, octobre 2011, 40 p., 13 €.