Tracks

Un livre de Robyn Davidson, traduit de l’anglais par Bernardine Cheviron-Poylo.

3 carottes

Tracks est le récit de Robyn Davidson qui, dans les années 1970, est partie avec quatre dromadaires et son chien pour traverser l’ouest de l’Australie, sans aucune expérience en la matière. Beaucoup de choses sont dites dans ce superbe livre qui retranscrit la fièvre de son auteure : les longs et éprouvants mois passés à Alice Springs avant d’acquérir ses dromadaires, la rencontre avec les aborigènes, les touristes envahissants qui veulent absolument photographier la « Camel Lady », le journaliste du National Geographic qui la suit sans relâche, etc.

Parmi tout cela, ce qui a le plus marqué Federico, c’est le désir de solitude de Robyn Davidson. La solitude non pas comme un moyen d’atteindre une forme de plénitude ou de connaissance de soi mais comme une fin. Robyn Davidson veut juste être tranquille avec ses animaux. Sa frustration est immense quand, incapable de financer son périple, elle se résigne à « vendre » son récit au National Geographic qui lui impose la présence occasionnelle d’un photographe. La jeune femme va beaucoup souffrir des intrusions du jeune homme, certes plein de bonnes intentions mais qui ne comprend pas vraiment le sens de son périple. Elle vit beaucoup mieux la présence d’un vieil aborigène qui lui sert de guide lors de la traversée de terres sacrées interdites à une femme seule. En traversant le désert Robyn Davidson ne voulait rien prouver, ni à elle-même, ni au monde, elle voulait juste que ce dernier et ses conventions étouffantes la laissent en paix.

robyn davidson by rick smolan - Tracks

Parce que Federico trouve la couverture du livre fort laide, il préfère mettre une photo de Rick Smolan qui, malgré son côté un peu boulet, est quand même devenu un ami de Robyn et a pris de sacrés beaux clichés, comme celui-ci qui représente notre aventurière et sa chienne Diggity.

Son périple n’est pas simple et Robyn Davidson traverse de nombreuses difficultés, fait face à quelques accidents plus ou moins graves et se sent parfois totalement découragée face à l’ampleur de la tâche. Elle sombre souvent dans un mélange de découragement et de frustration quand elle constate que son voyage ne correspond pas à ses attentes. À travers les pages de son livre, ce que Federico a ressenti comme étant les meilleurs moments du voyage sont ceux où elle déambule nue et sale (et fière de l’être), libérée de toute forme de savoir-vivre occidental, vivant au rythme de ses animaux.

La relation qu’elle noue avec ses dromadaires et celle la lie à sa fidèle chienne Diggity sont la plus simple et la plus solide des amitiés. Dit comme ça, on se croirait un peu dans un numéro particulièrement mièvre de 30 Millions d’amis, mais non, on est dans Tracks et c’est vachement mieux !

Si ce livre est arrivé jusqu’à Federico c’est grâce au cinéma, qui a eu la bonne idée d’adapter le récit de Robyn Davidson, entraînant ainsi sa réédition en France (avec une couverture trop moche). Après l’avoir lu, notre ami lapin s’est donc rué dans une salle obscure. À l’expérience pleine d’émotions de la lecture, il a donc ajouté la beauté des images animées. Il a ainsi découvert que les dromadaires font vraiment un bruit abominable, que l’Australie n’est pas faîte que de déserts oranges et que Mia Wasikowska (qui prête ses traits à Robyn Davidson) est une actrice extrêmement talentueuse.

Robyn Davidson, trad. Bernardine Cheviron-Poylo, Tracks, Stock, avril 2016, 270 p.

Ma vie avec les chimpanzés

Un récit de Jane Goodall, traduit de l’anglais par Florence Seyvos.

3 carottes

Depuis longtemps sur son étagère, Federico a enfin pris le temps de lire ce texte de la célèbre éthologue (étude du comportement des différentes espèces animales, ndl), et il l’a dévoré en quelques heures comme un glouton !

Dans Ma vie avec les chimpanzés, Jane Goodall raconte son histoire au jeune public. Elle s’adresse ainsi directement au lecteur, mais toujours d’égal à égal dans un soucis pédagogique et de partage d’expériences. Federico a aimé ce ton sincère et plein d’humanité qui en rend la lecture plus qu’agréable et son auteure extrêmement attachante !

ma-vie-avec-les-chimpanzesJane Goodall commence par nous raconter son enfance en Angleterre pendant les années 1930 et 1940 : sa vie à la ferme et à la campagne, et l’intérêt qu’elle a très tôt pour les animaux. Petite, elle observait les poules pondre cachée dans le poulailler, elle dressait les chiens en valorisant leur intelligence, et faisait des courses d’escargots en veillant à leur quota de salade et à ne pas leur toucher les yeux pour ne pas leur faire mal… Comment ne pas être touché par tant d’empathie et de douceur ? Federico a véritablement craqué pour Jane !

Jeune femme, Jane étudie et travaille à Londres et Oxford. Puis, enfin, elle réalise son rêve en partant pour l’Afrique afin de rendre visite à une amie. Elle rencontre alors l’archéologue Louis Leakey qui, voyant son intérêt et son savoir, en fait son assistante, avant de lui proposer de mener par elle-même un programme d’observation d’une tribu de chimpanzés dans la vallée de Gombe, en Tanzanie. Elle a 23 ans.

Pendant des années, Jane observe les chimpanzés dans la jungle. Elle apprend à connaître la tribu et donne des noms à chacun ; elle assiste aux naissances, aux maladies et décès, aux prises de pouvoir, à l’éducation des plus jeunes et au développement de leur caractère, à leur façon de se nourrir, de dormir… C’est elle qui les étudia en train d’utiliser des outils, une découverte majeure à l’époque.

Notre ami lapin est tout admiratif devant cette femme qui, avec la simple observation, beaucoup de patience et un respect infini, a permis de développer l’étude du comportement animal et de sensibiliser les esprits à leur cause. On peut dire que Jane Goodall a le cœur sur la main, et son empathie envers le monde animal est sans limite. Son récit est riche de multiples anecdotes et de réflexions qui nous donnent une belle leçon d’humanisme. Une personne comme Federico aimerait en rencontrer tous les jours…

Jane Goodall, trad. Florence Seyvos, Ma vie avec les chimpanzés, L’École des Loisirs, 1988, 108 pages

Plume de carotte

Mais qu’est-ce donc que cela… les carottes auraient-elles des plumes ?

Meuh non, innocents que vous êtes ! Si vous fréquentiez les librairies aussi assidûment que notre ami lapin, vous sauriez que Plume de Carotte ne désigne pas une curiosité potagère mais une maison d’édition.

Avec comme logo : un LAPIN !!

Rien que pour ça, cet éditeur mérite un article. Et un article interactif, qui envoie plein de liens vers le très bon site de l’éditeur (quoique pas très à jour). Vous n’aurez le lien qu’à la fin, sinon vous allez tout lire maintenant et cet article ne vous apprendra rien.

Avant de vous présenter les meilleurs livres de cet éditeur qui mise sur la qualité plus que sur la quantité, petite présentation.

Les éditions Plume de Carotte sont nées en 2001 des mains motivées de Frédéric Lisak (les Frédéric ont décidément beaucoup de potentiel !) et de Geneviève Démereau. L’équipe c’est étoffée depuis et on peut voir une sympathique présentation de chacun de ses membres ici. Plume de Carotte est un éditeur résolument proche de la nature. La volonté de l’équipe est de nous faire découvrir de façon originale les richesses insoupçonnée de notre environnement, et ce sans prises de vue aériennes… Cette politique n’est pas une façade pour attirer des lecteurs avides d’écologie innovante : toute la démarche éditoriale est engagée dans la protection de l’environnement. Que ce soit dans le choix des matériaux d’impression, dans le travail avec les fournisseurs ou dans la sélection des fournitures de bureau, vous pouvez consulter les engagements de la maison d’édition ici. Une maison d’édition artisanale donc, qui publie une vingtaine de livres par an : beaux livres, jeunesse et quelques ovni, parmi lesquels certains bijoux que Federico trépigne d’envie de vous présenter.

De mémoire de vergers

Sous titré « Histoires gourmandes des fruits de nos campagnes » ce beau livre signé Serge Schall ne pouvait être mieux résumé. La gourmandise, voilà ce qui caractérise De mémoire de vergers. Chaque double page vous présente l’histoire d’un fruit de verger et propose une photographie des plus appétissante du dit fruit. Rien de tel pour saliver que de feuilleter ce livre. L’ouvrir, c’est profiter d’un délicieux rayon de soleil, quelque soit la couleur de votre ciel. De mémoire… ce ne sont pas que des photos. On y trouve une rigoureuse mais pas ennuyeuse présentation des arbres et des variétés de fruits, agrémenté d’anecdotes. En attendant d’aller le déguster chez votre libraire, vous pouvez savourer une petite mise en bouche ici (cliquez sur la couverture pour feuilleter le livre).

Comment recycler les oiseaux mazoutés, et autres bons conseils d’écologie horripilante

Vous en avez assez de passer deux heures devant un emballage en vous demandant dans quelle poubelle le mettre, avec l’épée de Damoclès d’une catastrophe naturelle sur la conscience en cas d’erreur ? Respirez un bon coup, Federico a trouvé le livre qu’il vous faut. Il ne vous explique pas comment trier vos déchets mais se charge de ruer dans les brancards d’une écologie  bien pensante et particulièrement culpabilisante. Avec un humour absolument tordant, qui a valu un ou deux fous rire à notre rongeur, Sergio Émilson tourne l’écologie en dérision, en n’épargnant rien ni personne. L’inventivité de ce livre est telle qu’il ne faut pas espérer trouver le moindre conseil réaliste (du genre, mettre un bonnet sur le toit de sa maison pour éviter les déperditions de chaleur. Le but affiché est de nous déstresser par le rire et nous redonner envie de protéger notre petite planète, parce qu’en fait c’est vachement marrant ! Voyez par vous même.

Leçon de vol

Pour finir, place aux lapereaux (et leurs parents aussi) avec un petit trésor dégoté dans la collection jeunesse « Petite Plume de carotte ». Leçon de vol est un album jeunesse écrit et dessiné par Sebastian Meschenmoser. Il nous raconte la rencontre entre un homme et un pingouin tombé du ciel. Quoi ? dites vous, mais les pingouins, ça ne vole pas ! Mais si monsieur, ils volent. Sauf que le héros de ce livre drôlement poétique a oublié comment on faisait. Ni une ni deux, son sauveteur prend la situation en main afin de lui réapprendre à se servir de ses ailes. Une histoire très tendre et joliment absurde accompagnée d’un crayonnage sobre. À découvrir ici.

À présent, comme vous avez été très sages, et pour compenser l’absence de bibliographie, voici le lien tant attendu vers le site web de la maison d’édition.