Petit lapin cherche un ami

Un album jeunesse de Céline Claire et Aurore Damant.

Impossible pour notre ami lapin de ne pas vous parler (rapidement) de la dernière lapinerie parue en littérature pour n’enfants. Dans Petit lapin cherche un ami, l’auteur reprend deux thèmes usés jusqu’à la corde : la recherche d’un ami et la peur des monstres. Ce livre raconte l’aventure d’un petit lapin parti chercher des amis dans la forêt. Avant son départ, sa maman le met en garde contre le loup… mais pas contre les autres méchants qu’il pourrait rencontrer. C’est ainsi que ce craquant personnage va organiser un goûter avec des mauvais bougres bien décidés à n’en faire qu’une bouchée.

Les dessins plein d’humour et la ridicule naïveté du petit lapin apporte la touche d’originalité qui distingue cet album des autres ouvrages sur le même sujet. Ces derniers sont trop souvent très premier degré et beaucoup trop classique. Comme il est très justement dit sur le site Internet des éditions Chocolat, les illustrations d’Aurore Damant ont un petit quelque chose de très Tex Averyesque, ce qui rend cet album très dynamique et incroyablement touchant.

De toutes façons, ce livre est trop mignon et cela devrait vous suffire !

Céline Claire, Aurore Damant, Petit lapin cherche un ami, éditions Chocolat, septembre 2012, 32 p.

Boo, le plus chou des chiens

La beauté et la créativité des albums pour enfants raviront toujours Federico. Comme pour mettre en valeur la qualité du travail de beaucoup d’éditeurs, certains d’entre eux semblent faire des concours de mochitude (laideur en patois de la garenne). Federico a ainsi repéré quelques maisons d’éditions ou collections dont les ouvrages ont l’air d’avoir été illustrés sur Paint et écrits par un GPS.

Ceux-là, notre ami lapin les fuit, préférant se concentrer sur les publications d’éditeurs équipés d’esprits créatifs. Comme ceux-ci (si vous avez suivi les articles de Federico avec sérieux, il est inutile de vous rappeler qui sont les éditeurs en question) :

Stoooooop ! Qu’est-ce que c’est que CELA !?

C’est Boo, le plus chou des chiens, création Milan Jeunesse. C’est sorti en mai 2012 et Federico n’a toujours pas compris le sens de cette entreprise éditoriale tout à fait sérieuse.

Pour commencer, Boo est un loulou de Poméranie qui a une grosse tête dans tous les sens du terme : il se présente comme un toutou adorable et trop stylé que tout le monde aime. Pour la leçon d’humilité, nous repasserons. Tout au long (très long) des 85 pages du livre, Boo nous conte sa life et nous parle de toutes les choses qui font remuer sa petite queue. Dans le désordre : dormir, porter des vêtements tendance, bronzer (!?) et être avec son ami Buddy, qui a eu le bon goût de se cacher derrière ses poils. Afin de ne pas passer pour quelqu’un de futile qui s’arrête au physique, Federico n’i nsistera pas lourdement sur le fait qu’il ne trouve pas ce chien mignon pour deux carottes. Il ne dira pas non plus que, pour lui, Boo tient plus de la peluche pour jet setteuse écervelée que de l’adorable toutou.

Concentrons nous sur le fond, ce qui va être rapide. En effet, le peu de texte présent dans l’ouvrage se contente de décrire des photos pas drôles qui se ressemblent toutes. Pas d’histoire donc, juste des instantanés de la merveilleuse vie de Boo, du style « j’adore me promener » ou « pour mon anniversaire mes amis m’offrent des cadeaux » … Mouiii. Mais le pire est encore à venir.

En voyant ce livre, notre ami lapin a éclaté d’un rire condescendant et a pensé : « mais qui va acheter ça ? »

Eh bien, potentiellement, 4 708 354 personnes. Soit le nombre de personnes qui aiment la page Facebook de Boo. (Du moins, à l’heure où nous publions cet article)

Ça jette un froid.

En se documentant pour les besoins de cet éminent article, Federico a en effet découvert que Boo était une vraie star sur le net et que les éditions Milan ne se faisaient que l’écho de ce phénomène au faciès surdimensionné. En tapant son prénom sur un moteur de recherche, on peut trouver des vidéos de Boo, beaucoup moins drôles que celles de Maru, l’autre coqueluche des internautes. Finalement, le vrai potentiel comique de Boo s’est révélé le jour où le monde a cru qu’il était mort dans une mare au canards. Lol.

J. H. Lee, Gretchen Lemaistre, Boo, le plus chou des chiens, Milan, mai 2012, 85 p.

Et que ceux qui seraient tentés de dire « Muuuais, un blog avec un lapin qui se moque d’un livre avec un chien, c’est un peu l’hôpital qui se moque du chaudron » aillent (re)consulter cet article. On en reparle juste après.

les grabouilleurs favoris de Federico : Sebastian Meschenmoser

Sebastian Meschenmoser peut faire son crâneur : il rejoint la glorieuse liste des grabouilleurs qui régalent les mirettes de notre ami lapin. Ce jeune allemand est un artiste bourré de talent (voir ses œuvres ici, si vous maîtrisez la langue de Goethe) qui a eu la bonne idée d’en faire profiter les enfants. Cela a donc permis à son travail de traverser le Rhin et d’arriver dans les étagères des libraires français.

Chronologiquement, la première rencontre de Federico avec Sebastian Meschenmoser a eu lieu grâce aux éditions Plume de Carotte et à la Leçon de vol, chroniquée ici. Mais le vrai coup de foudre a frappé Federico il y a quelques semaines alors qu’il feuilletait L’écureuil et l’étrange visiteur. Notre ami lapin a fondu devant les grabouillages vifs et décomplexés de cet excellent album. Il s’est donc précipité sur les autres aventures de cet écureuil.

Quand on regarde le dessin de très près, on se dit que « ce grabouilleur fait n’importe quoi ! » mais l’ensemble est impressionnant de précision et de détails. Ce sont les expressions des personnages qui sont les plus réussies. Peur, surprise, amour, etc : en quelques coup de crayons de couleur, Sebastian Meschenmoser fait naître des scènes très vivantes. Dans ses dessins perce parfois une pointe de mélancolie, mais l’humour est là pour redonner une tendre légèreté à l’ensemble. Quand il enfile sa casquette d’auteur, le résultat est tout aussi poétique et drôle. Dans tous les cas, Federico rigole bien et c’est pour cela qu’il vous ordonne d’aller lire sur le champ TOUS les livres de Sebastian Meschenmoser. Vous n’aurez aucune excuse : il n’y en a que sept publiés en France.

Récapitulation :

Leçon de vol, Plume de Carotte, 2010.

Où comment un homme essaie d’aider son ami le pingouin à voler.

Les trois vœux de Molosse, Minédition, 2010.

La laine magique de Molosse, Minédition, 2011.

Molosse, sa vie, son œuvre. Pas les albums préférés de Federico, mais inutile de vous défiler pour autant.

L’écureuil et la lune, Minédition, 2008.

L’écureuil et le printemps, Minédition, 2010

L’écureuil et la première neige, Minédition, 2009

L’écureuil et l’étrange visiteur, Minédition, 2012

Dans la forêt, vivent l’écureuil et ses amis. Le moindre changement dans leurs habitudes constitue un bouleversement sans précédent. Heureusement, l’écureuil a toujours une solution (absurde) pour remédier à cela. C’est drôle, c’est original, c’est plein de références, c’est génial !

Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore

Un album de Bertrand Santini.

On se demande ce qui se passe dans la tête de certains auteurs au moment de la création d’un album. Il y a dû y avoir une explosion assez violente dans celle de Bertrand Santini. Une grosse explosion de fantaisie qui a jeté des couleurs pétillantes partout sur les pages de son livre. Rien que le titre. On voit bien qu’il se passe quelque chose de pas net… Non mais franchement : Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore. On ne trouve pas ça à tous les coins d’étagères. L’intérieur du livre confirme l’impression première qu’a eu notre ami Federico en découvrant cet ouvrage : c’est du grand n’importe quoi. Mais « grand » dans le sens de grandiose, génial. Tout est bien dosé dans cet album très court mais très percutant.

L’histoire est simple : un lapin grignote quelques brins d’herbe quand soudain… une cascade d’événements absurdes lui tombe sur le râble. Chaque page va plus loin que la précédente dans la loufoquerie et l’humour. La mise en forme du texte le rend très vivant : mieux que des roulement de tambours ou un violon grinçant, elle installe le suspense. Celui qui naît de la question « mais qu’est-ce qu’il va nous inventer maintenant ?! ». Les illustrations quant à elles sont juste superbes. L’épure des jeux d’ombres chinoises et les aplats de couleurs assez surréalistes créent une atmosphère à la fois onirique et délirante.

Délirant, voilà, c’est le mot. En sage petit lapin, Federico ne s’est jamais drogué mais cet album dispense largement de l’usage de stupéfiants. Un trip de 40 pages. Un véritable régal à 4 carottes qui ne laisse pas de gueule de bois mais un joli sourire sur le museau.

Quand soudain il se passa quelque chose de plus terrible encore, Bertrand Santini, Les Éditions De La Balle, octobre 2011, 40 p., 13 €.

Federico à Saint-Malo

Si vous vous êtes baladés dans la cité corsaire le week end du 11 juin, vous avez probablement croisé un petit lapin blanc.

En effet, notre ami rongeur était présent à l’occasion du festival des Étonnants Voyageurs. Il y a fait plein de trucs chouettes dont : se balader sur le salon du livre, regarder des expositions, aller à des conférences, se faire tremper par la pluie, faire le tour des remparts, croiser des amis humains, etc.

Mais ce que Federico a préféré dans son week-end, c’est d’avoir rencontré Frédéric Pillot, dont les mérites ont déjà été vantés sur ce blog. Ce grabouilleur – parmi les favoris de Federico – était présent avec son collègue auteur Gérard Moncomble. Ces deux sympathiques humains ont fait un joli dessin pour le neveu de Federico et ils se sont beaucoup amusés en le faisant (en fait, Pillot a un peu étalé la dédicace de Moncomble avec son poignet…).

Le livre dédicacé est une petite merveille de drôlerie, un joli hommage à l’imagination génialement illustré.  Federico a donc fait d’une pierre deux coups : il a rencontré une de ses idoles à crayon de couleur et fait la connaissance d’un auteur super gentil et doté d’un stylo fortement humoristique !

Raoul Taffin, chasseur de mamouth, Gérard Moncomble, ill. Frédéric Pillot, Milan, 2004, 32 p., 10 € 90.

C’est un livre

Album jeunesse de Lane Smith

Federico est, comme vous le savez, un fin observateur de l’espèce humaine. Il a donc remarqué que les jeunes humains grandissent entourés de technologies plus perfectionnées et compliquées les unes que les autres. N’y a-t-il pas un risque qu’ils en oublient la simplicité de certains objets… comme les livres ?

Pas de panique, si cela devait arriver un jour, Federico a dégoté un antidote qui devrait faire mouche. C’est Lane Smith qui nous l’a concocté.  Il s’agit d’un album jeunesse (mais pas que) qui en quelques pages bien senties nous redonne une définition de ce qu’est un livre.

Et pour résumer, un livre c’est tout ce que ne sont pas les liseuses, pc et autres tablettes magiques, bardées d’options et de possibilités d’interaction. Un livre, c’est tout simplement un livre.

Le texte est tout simple : un âne connecté, en mode 2.0, interroge son voisin le singe sur l’étrange objet qu’il a entre les mains. Face à l’avalanche de questions qui lui tombe dessus (« ça envoie des textos ? », « Il y a un code d’accès ? », « ca se recharge ? ») répond, imperturbablement « non, c’est un livre ».

C’est ce qui fait l’intelligence de cet album qui ne s’embarque pas dans une description ou une éloge du livre. Un livre, c’est un livre. Toute la simplicité et la magie de cet objet sont résumés dans ce simple mot, tellement il fait partie de notre quotidien.

Quant aux dessins, ils sont forts sympathiques. L’auteur a créé des personnages extrêmement expressifs en quelques coups de crayons très basiques. Il ne va pas rejoindre le panthéon des illustrateurs préféré de Federico mais ses dessins servent très bien son propos. C’est ce qui compte finalement.

Pour finir cet article en beauté, citons cette citation de The Wall Street Journal (super caution intellectuelle), citée à la fin de l’ouvrage : « Avec son sens de l’humour merveilleusement sardonique, Lane Smith nous apporte un livre subversif sur les mérites du livre imprimé, en réaction à la culture dans laquelle sont baignés les enfants d’aujourd’hui. »

C’est un livre, Lane Smith, Gallimard Jeunesse, mars 2010, 11 €.

Le creux de ma main

Album jeunesse écrit par Laëtitia Bourget et illustré par Alice Gravier

En quelques pages et quelques phrases, cet album rend un hommage magnifique à l’imagination et aux enfants, qui sont vraiment des champions en la matière. Les auteurs n’avaient peut-être pas pensé leur livre dans cette optique mais c’est ce que Federico a ressenti en le lisant.

On y rencontre une petite fille qui, d’un petit rien, crée un univers, son univers. Et s’il est si beau et poétique cet univers c’est qu’elle pose un regard tendre sur chaque chose qui l’entoure, la recueille dans le creux de sa main et la fait vivre à sa manière. C’est pour cela que Federico a vu dans ce livre une déclaration d’amour à la beauté du quotidien, magnifiée par l’imagination.

Construit autour de la ritournelle « dans le creux de ma main j’ai recueilli… » cet album nous conduit jusqu’à une belle rencontre entre la petite fille et un nouvel arrivant dans son monde. Les illustrations ont fait frémir les moustaches de notre ami lapin : appétissantes, rafraîchissantes, émouvantes, euphorisantes… Quel coup de crayon que celui d’Alice Gravier. D’une petite chose recueillie en page gauche, elle fait jaillir un feu d’artifice de couleurs et de détails sur la page droite. Pour notre plus grand plaisir.

Dans le creux de ma main, Laëtitia Bourget et Alice Gravier, Sarbacane, 2010, 14 € 90.

Plume de carotte

Mais qu’est-ce donc que cela… les carottes auraient-elles des plumes ?

Meuh non, innocents que vous êtes ! Si vous fréquentiez les librairies aussi assidûment que notre ami lapin, vous sauriez que Plume de Carotte ne désigne pas une curiosité potagère mais une maison d’édition.

Avec comme logo : un LAPIN !!

Rien que pour ça, cet éditeur mérite un article. Et un article interactif, qui envoie plein de liens vers le très bon site de l’éditeur (quoique pas très à jour). Vous n’aurez le lien qu’à la fin, sinon vous allez tout lire maintenant et cet article ne vous apprendra rien.

Avant de vous présenter les meilleurs livres de cet éditeur qui mise sur la qualité plus que sur la quantité, petite présentation.

Les éditions Plume de Carotte sont nées en 2001 des mains motivées de Frédéric Lisak (les Frédéric ont décidément beaucoup de potentiel !) et de Geneviève Démereau. L’équipe c’est étoffée depuis et on peut voir une sympathique présentation de chacun de ses membres ici. Plume de Carotte est un éditeur résolument proche de la nature. La volonté de l’équipe est de nous faire découvrir de façon originale les richesses insoupçonnée de notre environnement, et ce sans prises de vue aériennes… Cette politique n’est pas une façade pour attirer des lecteurs avides d’écologie innovante : toute la démarche éditoriale est engagée dans la protection de l’environnement. Que ce soit dans le choix des matériaux d’impression, dans le travail avec les fournisseurs ou dans la sélection des fournitures de bureau, vous pouvez consulter les engagements de la maison d’édition ici. Une maison d’édition artisanale donc, qui publie une vingtaine de livres par an : beaux livres, jeunesse et quelques ovni, parmi lesquels certains bijoux que Federico trépigne d’envie de vous présenter.

De mémoire de vergers

Sous titré « Histoires gourmandes des fruits de nos campagnes » ce beau livre signé Serge Schall ne pouvait être mieux résumé. La gourmandise, voilà ce qui caractérise De mémoire de vergers. Chaque double page vous présente l’histoire d’un fruit de verger et propose une photographie des plus appétissante du dit fruit. Rien de tel pour saliver que de feuilleter ce livre. L’ouvrir, c’est profiter d’un délicieux rayon de soleil, quelque soit la couleur de votre ciel. De mémoire… ce ne sont pas que des photos. On y trouve une rigoureuse mais pas ennuyeuse présentation des arbres et des variétés de fruits, agrémenté d’anecdotes. En attendant d’aller le déguster chez votre libraire, vous pouvez savourer une petite mise en bouche ici (cliquez sur la couverture pour feuilleter le livre).

Comment recycler les oiseaux mazoutés, et autres bons conseils d’écologie horripilante

Vous en avez assez de passer deux heures devant un emballage en vous demandant dans quelle poubelle le mettre, avec l’épée de Damoclès d’une catastrophe naturelle sur la conscience en cas d’erreur ? Respirez un bon coup, Federico a trouvé le livre qu’il vous faut. Il ne vous explique pas comment trier vos déchets mais se charge de ruer dans les brancards d’une écologie  bien pensante et particulièrement culpabilisante. Avec un humour absolument tordant, qui a valu un ou deux fous rire à notre rongeur, Sergio Émilson tourne l’écologie en dérision, en n’épargnant rien ni personne. L’inventivité de ce livre est telle qu’il ne faut pas espérer trouver le moindre conseil réaliste (du genre, mettre un bonnet sur le toit de sa maison pour éviter les déperditions de chaleur. Le but affiché est de nous déstresser par le rire et nous redonner envie de protéger notre petite planète, parce qu’en fait c’est vachement marrant ! Voyez par vous même.

Leçon de vol

Pour finir, place aux lapereaux (et leurs parents aussi) avec un petit trésor dégoté dans la collection jeunesse « Petite Plume de carotte ». Leçon de vol est un album jeunesse écrit et dessiné par Sebastian Meschenmoser. Il nous raconte la rencontre entre un homme et un pingouin tombé du ciel. Quoi ? dites vous, mais les pingouins, ça ne vole pas ! Mais si monsieur, ils volent. Sauf que le héros de ce livre drôlement poétique a oublié comment on faisait. Ni une ni deux, son sauveteur prend la situation en main afin de lui réapprendre à se servir de ses ailes. Une histoire très tendre et joliment absurde accompagnée d’un crayonnage sobre. À découvrir ici.

À présent, comme vous avez été très sages, et pour compenser l’absence de bibliographie, voici le lien tant attendu vers le site web de la maison d’édition.

La mare aux têtards

La semaine dernière, Federico était 7j/7 et quasiment 24h/24 sur un salon, celui du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. Le plus intéressant dans cette information, c’est bien entendu ce qu’il a rapporté dans son sac en tissu réutilisable et recyclable.

La véritable découverte, le coup de cœur montreuillois, c’est cet album là : La mare aux têtards de Guilllaume Delaunay paru chez Autrement jeunesse. Vous noterez les quatre carottes :

Tout d’abord, parlons de l’auteur. Guillaume Delaunay est réalisateur de films d’animations ; La mare aux têtards est son premier livre (et pas le dernier, croisons les doigts). Sous le pseudonyme « Waterlili », « nénuphar » en anglais, il fait des expositions, des films d’animations et co-réalise au passage le clip Lollipop de Mika. C’est un garçon charmant et sans prétention qui met tout son cœur et beaucoup de temps (le sien et le vôtre, et zappe sa pause déjeuner) à vous faire une dédicace.

Courrez visiter son site (cliquez sur « Show ») et celui de La Mare aux têtards (car il s’agit aussi d’un film d’animation !).

Maintenant le livre : c’est l’histoire de Gobi le triton, mi-lézard, mi-poisson, dont l’occupation favorite est de faire la sieste au soleil sur son nénuphar. Mais c’est sans compter les têtards qui chahutent dans la mare.

Tout est parfait : des aquarelles d’une finesse absolue aux couleurs discrètes et chatoyantes, un texte drôle et poétique, au vocabulaire familier d’un naturel et une désinvolture déboussolants.

Comme Federico, vous allez tomber amoureux de ces têtards, tritons et autres libellules aux adorables yeux globuleux. Vous ne pourrez résister à cette planche magnifique, lorsqu’au crépuscule, c’est l’heure des libellules…

D’une manière infiniment reposante et détendue, ça gargouille et ça s’agite dans cette mare, un véritable écosystème où semble se trouver la clé du bonheur pur et simple, la clé du paradis.

Merveilleux.

La Mare aux têtards, Guillaume Delaunay, Autrement, avril 2010, 32 pages, 18 € (avec le DVD du film d’animation !)

Les grabouilleurs favoris de Federico : Frédéric Pillot

Avant de commencer, Federico aimerait vous présenter trois personnages : Tukai, Blart et Lulu Vroumette. Que vous pouvez admirer dans l’image ci-dessous :

C’est bon, vous les avez bien regardés ? Maintenant, pouvez-vous nous dire quel est le point commun entre ces jolis dessins ?

C’est le même monsieur qui a fait tout les grabouillages ! Bravo, comment avez-vous deviné ? Et alors, qui c’est le monsieur ?

Aaaah, on fait moins les malins !

Bon, halte aux devinettes, le crayon qui se cache derrière ces trois illustrations est celui de Frédéric Pillot. Et ce n’est pas parce qu’il s’appelle Frédéric que Federico vous en parle. C’est parce qu’il a beaucoup de talent. C’est parce qu’il est capable de passer d’un réalisme bluffant à un univers tout doux et tout rond, en passant par des personnages complètement délirants. Frédéric Pillot, ce sont des surprises, des « quoi, c’est lui qui a fait ça ? ». On pense avoir identifié son style, et voilà qu’il ressurgit sous nos yeux ébahis, sous une autre forme, à l’endroit où on s’y attend le moins. Bon, le plus souvent, il surgit chez Milan (qui surgit chez Hachette à partir de janvier 2011…) et Magnard. Ce qui va nous faciliter le travail bibliographique : voici et voilà. Avec une petite apparition à La Martinière Jeunesse, avec le génial Télé Cotcot Académie.

Frédéric Pillot n’écrit pas, il illustre. Il illustre beaucoup. Et comme on l’a dit, il illustre de différentes façons… donc le bonhomme est difficile à suivre et ce n’est pas ce fouisseur de Federico qui va s’en plaindre ! Après l’avoir découvert sur la couverture du génial Blart (voir plus loin), Federico a appris qu’en fait le monsieur était connu pour illustrer les albums de Daniel Picouly, où sont racontées les aventures de Lulu Vroumette, une… grenouille semble-t-il une tortue. Puis, il n’y a pas si longtemps, Federico s’est attardé sur le regard profond de Tukai, l’enfant sorcier. Trois secondes après, il lisait le nom de son illustrateur fétiche sur la couverture. Épaté, qu’il était le lapin !

Revenons donc à Blart. Le prodigieux livre de la rencontre avec Frédéric Pillot. Blart, Chroniques d’un crétin trouillard qui devait sauver le monde, de son vrai nom, est un roman jeunesse écrit par Dominic Barker, un pas français qui a bien mérité sa traduction ! Dans la lignée des Chroniques du Marais qui pue, Blart… est une histoire fantastique absurde qui tord le cou à l’héroïsme bien pensant. Blart est un gardien de cochons crétin, égoïste et couard qu’une prophétie désigne pour aller sauver le monde. Malgré ses protestations, un mage l’entraîne dans une quête aux côtés d’autres personnages hauts en couleur. Le tout ponctué des illustrations de Frédéric Pillot, qui nous régale de trognes impayables, mention spéciale à Tungstène le Nain. Au cours de sa quête un peu initiatique, notre personnage ne va pas découvrir l’amour de son prochain, ni le sens du sacrifice. Et c’est ça qui est génial !! Et en plus, il y a une suite… Sera-t-elle éditée en France ? Mystère. Espérons que les éditeurs mettrons plus de bonne volonté à la faire paraître que Blart à sauver le monde.

Dominic Barker, Blart, Chroniques d’un crétin trouillard qui devait sauver le monde, Paris, Milan, mars 2010, 320 p., 9,90 €.

Au fait, si vous tapez « Frédéric Pillot » sur un moteur de recherche, vous verrez apparaître l’adresse du blog de l’artiste. Avant de vous indigner parce que ce blog n’est pas cité dans le brillant article que vous venez de lire, ouvrez le blog. Vous comprendrez.

Les grabouilleurs favoris de Federico : Mayalen Goust

Cet été Federico vous avait promis une sélection de ses grabouilleurs favoris et avait commencé le bal avec Léo Timmers, ensuite… plus rien. Bon, on est plus en été, mais il n’y a pas de saison pour aimer les beaux dessins et mieux vaut tard que jamais. Par conséquent, c’est reparti pour de jolies images !

Neumbeur tou : Mayalen Goust

Federico ne pouvait pas ne pas vous parler de Mayalen Goust, tant ses dessins respirent la poésie et la douceur. Fabriquée en 1976 à La Rochelle, la grabouilleuse a illustré moult albums jeunesse. C’est avec plaisir qu’on la retrouve chez divers éditeur : Père Castor , Magnard, Lito, Chocolat ! ou encore Fleurus.

Selon toute vraisemblance ses illustrations féériques sont travaillées sur ordinateur (Federico n’a trouvé aucune information à ce sujet, avis au personnes informées…). Mais cela ne fait qu’apporter plus de magie à un style unique, loin d’être formaté par l’informatique. Quoi de mieux pour illustrer ces propos que la couverture du livre Histoires de fées, publié chez Lito, dont Mayalen est une des illustratrices.

Les traits sont tout en rondeur, c’est moelleux comme un beau rêve. Tout est fait de détails sans surcharge : une richesse et une légèreté propices à l’évasion qui colle parfaitement aux contes et histoires imaginaires que Mayalen illustre. Un autre blogueur admiratif a sélectionné quelques une des plus belles pages de l’artiste : régalez vos yeux ici.

Zoomons sur l’album qui a marqué la rencontre fortuite entre Federico et les dessins de Mayalen Goust, Célestin le ramasseur du petit matin, chez Père Castor (raconte nous une histoire encore !)

 

Cette histoire est l’une des plus belles que Federico ai lu. Sylvie Poilevé nous raconte le destin hors du commun de Célestin, humble ramasseur de chagrins qui voit tout ces malheurs s’accumuler chez lui et peser sur son moral comme une chape de plomb. Le récit est emprunt de beaucoup de poésie et de délicatesse, les illustrations amplifient ce phénomène au centuple. Mayalen Goust dessine la tristesse dans toutes ses nuances et la remplace doucement par une joie apaisée et légère. Un petit bijou qu’on relit et relit encore, qu’on dévore des yeux.

Célestin le ramasseur du petit matin, Sylvie Poillevée, ill. Mayalen Goust, Flammarion, 28 p. (Collection Père Castor), 10 €

Et pour clore cet article, voici un hommage aux lapins blancs par Mayalen Goust

Pentathlon critique spécial jeunesse

Vas-y Federico, fais péter l’album jeunesse !

GUENOUN Joël, Tout change tout le temps, Circonflexe, 2007, 100 pages

Dans ce livre, tout change tout le temps. Au fur et à mesure que les pages se tournent, l’illustration évolue et se transforme au fil de la narration, un peu comme un flip book.
L’histoire ? C’est la nôtre, celle des habitants de la planète Terre et c’est une petite fille qui nous la raconte, avec ses mots à elle. Elle a compris avec justesse toutes les choses de la vie : l’amour, la naissance, la vie, la mort, la tristesse et l’amour, encore.

GOUROUNAS Jean, Avis de tempête, Rouergue, 2002, 24 pages

Loïc ne fait pas partie des enfants qui ne veulent pas prendre leur bain, mais de ceux qui y restent des heures.
Une fois shampouiné, place au jeu. Si l’on se veut l’âme engagée pour la planète, on y verra là l’amer constat d’un enfant face aux déchainements climatiques. Mais c’est le jeux qui prend le dessus et c’est « l’éclate » comme pas possible.
Loïc ne fera déborder qu’un tout petit peu la baignoire…

FROMENTAL Jean-Luc et JOLIVET Joëlle, 365 pingouins, Naïve, 2006, 44 pages

Le facteur sonne à la porte et remet un colis. Un pingouin ! Il a tout pour plaire et fait déjà partie de la famille. Le lendemain, le facteur sonne à la porte et remet un colis… la suite est dans le titre.
Un grand – très grand – livre pour contenir tous les pingouins. Un texte drôle assaisonné de rimes poétiques avec d’une pincée d’écologie et un dessin rafraichissant aux couleurs des… pingouins : noir, blanc, orange (le bec et les palmes, ndf) et bleu, comme la banquise.

COWEL Cressida et LAYTON Neal, Ce lapin appartient à Emily Brown, Casterman, 2006, 32 pages

Comment ça vous ne connaissez pas Emily Brown ? Cette petite fille vit des aventures extraordinaires avec son vieux lapin tout gris Stanley.
Dans cet épisode, alors que les deux amis s’apprêtent à partir pour l’espace à la recherche d’extraterrestres, on frappe à la porte : la reine veut s’approprier Stanley (qu’elle appelle d’ailleurs du nom horrible de Lapinoudoudou) ! « Non » répond Emily, mais la reine est très envieuse et beaucoup de TOC-TOC-TOC vont les poursuivre autour de la planète.
Des illustrations colorées et un humour british pour cette histoire rocambolesque et délicieuse sur le lien indestructible entre une petite fille et sa peluche préférée.

BLAKE Stéphanie, Caca boudin, L’école des loisirs, 2002, 32 pages

Oui, bon, d’accord, Caca boudin c’est facile, pas très original. Mais comment résister face à ce petit congénère qui ne sait dire qu’UNE chose : « Caca boudin » ? Il est si drôle avec ses grandes oreilles blanches, ses dents écartées et ses yeux ahuris. L’histoire est tellement trépidante, les textes hilarants, les illustrations simples et colorées, Federico ne peut résister !

Les grabouilleurs favoris de Federico : Léo Timmers

Cet été Federico aimerait vous faire découvrir des gens qui grabouillent (équivalent du mot « illustrent » chez les lapins) ses histoires préférées. Comme il est en vacances, notre ami lapin n’a pas envie de vous expliquer ses choix, ses goûts, ses passions, sa vie… Au menu de cet article flemmard en plusieurs tomes : des biographies, des bibliographies, des liens et des livres qui ont fait faire des boums au cœur du rongeur.

Neumbeur oane : Léo Timmers

Grabouilleur et scribouilleur (ce veut dire qu’il écrit aussi les histoires) belge fabriqué en 1970 qui réjouit notre lapin avec des dessins haut en couleurs et en relief. Ses personnages ont une bouille qui ne laisse pas indifférent ! En France ce sont les éditions Milan et Magnard qui se partagent sa production, avec un net avantage à la première maison. Cliquez ici pour consulter sa bibliographie chez Milan. Ne cliquez nulle part pour accéder à celle de Magnard, rien à tirer du site de l’éditeur. Pff, il faut tout faire soi même. Donc, voici les trois ouvrages édités chez Magnard : Et si j’étais…, paru en 2000 ; Le pinceau d’or, écrit en 1999 par Daan Cupers et sur lequel il est difficile d’obtenir des informations ; le dernier, Dix petits cochons est paru la même année.

À présent, gros plan sur un l’album qui a marqué la tardive rencontre entre Léo Timmers et Federico : Je veux qu’on m’aime.

Voici l’irrésistible histoire d’un corbeau mal aimé qui tente de se faire accepter d’un groupe de colorés petits oiseaux en se peignant de toutes les couleurs. C’est l’échec. Quoique… Pas totalement.

Moralité, rien de mieux pour être aimé que de rester soi même. Plus facile à dire qu’à faire mais quand Federico lit cet album il y croit. Les oiseaux sont extrêmement expressifs : ils émeuvent, font rire. Comment ne pas craquer ? Federico veut élever ce court album au panthéon des historiettes les plus efficaces à apporter des couleurs dans l’esprit d’un lapin.

Je veux qu’on m’aime, Milan Jeunesse, septembre 2009, 24 p., 10,90 €

À suivre…


Le marathon critique de Federico

Comme le temps passe vite ! Une trop longue période s’est écoulée sans que vous ayez des nouvelles des lectures de notre ami rongeur. Pour tenter de rattraper cet impardonnable retard, Federico va vous faire partager ses dernières découvertes littéraires là, maintenant, tout de suite. Trop fort le lapin !

Parce que Federico n’a pas cessé de lire ces dernières semaines (il est actuellement aux alentours des 100 pages dans Terre des Oublis… qui en compte bien 700), et qu’il veut vous faire découvrir un maximum de livres, les chroniques seront moins développées qu’à l’accoutumée : du ressenti, des émotions, mais pas de résumé. Vous voulez savoir de quoi parlent ces livres dans la vraie vie ? Allez chez votre libraire et lisez-les, y’a pas marqué quatrième de couverture ici !

Entre lectures intégrales, tentatives échouées et ouvrages abandonnés faute de temps, vous allez en avoir pour votre argent. Balancez la monnaie. Et les carottes surtout.

Commençons avec les livres qui ont fait chaviré le petit cœur de notre ami lapin en ce début d’année. En premier dans la liste : Et que le vaste monde poursuive sa course folle. Federico, qui ne pèse pourtant pas bien lourd, a atteint la légèreté extrême le temps d’un roman. Une légèreté qui lui a permis d’entrer à pas légers dans le quotidien des personnages de Collum McCann. Il y a des auteurs comme ça, qui vous attrapent délicatement par le col et vous soulèvent de votre canapé pour vous plonger dans la vie pas toujours ordinaire de gens en apparence ordinaire. Il y a des auteurs qui vous transforment la vie de tous les jours en roman. En roman passionnant. Lumineux. Il adapte son style à chacun de ses personnages afin de leur donner une véritable voix, celle avec laquelle ils décrivent leur quotidien pas toujours rose dans la ville de New York.

Le deuxième coup de cœur de Federico s’appelle Les heures souterraines. Delphine de Vigan signe ici un livre très poignant et décrit avec beaucoup de justesse les pensées de deux personnages qui écrasés par un travail qui perd tout son sens, un amour non partagé ou une ville anthropophage qui resserre ses murs sur ses habitants pour les faire disparaitre. Federico a tout de suite ressenti beaucoup de sympathie pour ces personnages décrits avec beaucoup de vérité et de respect par leur auteur.

Pour les dernières pépites de la rubrique « total kiffe », allons nous balader chez les marmots, pour qui on fait des livres très chouettes. Federico en a choisi deux, même s’il aurait pu en présenter des dizaines (mais c’est un marathon, productivité et efficacité sont de rigueur, on se croirait chez Lagardère !). Ande ze ouinneurse hare :

Couleurs d’une nuit, fabriqué par Martine Laffon et Catherine-Jeanne Mercier et découvert par les éditions Belin. Ce superbe album aux dominantes bleues et noires (couleurs de la nuit donc) s’articule autour d’un poème-comptine à lire pour ne plus avoir peur du noir. Ça donne quelque chose du genre « Dors mon chat, mon petit Minouchka… » et c’est fort joli ;

– On reste dans le domaine de la trouille des couloirs sombres avec Gros Pipi, histoire délirante dÉmile Jadoul publiée chez Pastel. On y trouve un petit pingouin qui se réveille toutes les nuit avec la vessie en alerte et qui mobilise papa et maman pour l’accompagner au petit coin, situé terriblement loin de sa chambre. C’est un album court, drôle et mignon comme une blague sur les éléphants.

Une petite bibliographie bien propre, histoire de faire les choses bien :

Collum McCann, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Belfond, août 2009, 448 p., 22 €.

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, Stock, septembre 2009, 299 p., 17 €.

Martine Laffon et Catherine-Jeanne Mercier, Couleurs d’une nuit, Belin, novembre 2009, 32 p., 14 €.

Émile Jadoul, Gros Pipi, L’école des loisirs – Pastel, février 2010, 26 p., 11 €.

La suite au prochain épisode…

La colère de Banshee

Un album écrit par Jean-François Chabas et illustré par David Sala

Pour une raison judicieusement révélée à la fin de l’histoire, la petite Banshee est hors d’elle. Sa colère se lit dans ses yeux, dorés par la rage ; elle jaillit de ses pieds, dont les empreintes enflamment l’herbe sèche. Banshee se rend au bord de la mer, la seule qui puisse correspondre à la démesure de sa colère. C’est alors une tempête qui se déclenche, terrorisant les pêcheurs et les poissons à des kilomètres de là. Enfin, c’est le cri de Banshee qui retentit et s’élance contre le vent. La mère de Banshee arrive alors, et l’on découvre le terrible drame qui a provoqué l’ire de la petite fille.

Federico vous laisse la surprise de ce qui clôt cette très jolie histoire dans laquelle on reconnait nos colères démesurées de marmots. Banshee est une créature présente dans les mythologies celtiques dont le cri était redouté de tous car il annonçait la mort d’un proche à qui l’entendait. Mais dans ce livre, c’est une petite fille haute en couleurs qui transforme sa colère en œuvre d’art dans les flamboyantes illustrations de David Sala. La beauté de la nature est mise en valeur par les dorures de la robe de Banshee… à moins que ce ne soit l’inverse ! Mais admirez plutôt.

Et sinon, ça vous fera trois carottes, s’il vous plaît. Merci Madame.

Jean-François Chabas et David Sala, La colère de Banshee, Casterman, 32 pages, 14, 95 euros.