Femmes et filles, du livre à l’écran

Le livre…

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Si vous êtes des fidèles de ce blog, vous savez que Federico a un gros faible pour la littérature anglaise du XIXe siècle et compte Elizabeth Gaskell parmi ses auteures préférées. Si vous voulez découvrir ou redécouvrir la passion de Federico pour ses autres romans, c’est par ici, par et encore .

Contrairement à d’autres auteurs du même siècle, Elizabeth Gaskell n’est éditée en France que depuis quelques années. Afin de respecter un budget très serré, votre chroniqueur attend en général que ses ouvrages soient publiés en format poche pour les ajouter à sa bibliothèque. Malheureusement, ces derniers sortent au compte goutte ! Le dernier en date est Femmes et Filles, que votre ami lapin a attendu avec une grande impatience. Cette dernière était renforcée par l’acquisition récente en DVD de l’adaptation que la BBC a fait de ce livre dans les années 1990. Résolu à attendre d’avoir lu le roman avant de regarder la série, Federico avait donc bien hâte d’attaquer ce pavé de 1050 pages !

Commençons la critique avec une information que Federico aurait aimé avoir avant d’entamer sa lecture : ce roman n’a pas de fin. Il a en effet été publié en feuilleton dans le Cornhill Magazine entre 1864 et 1866, mais Elizabeth Gaskell a eu la fâcheuse idée de mourir en 1865, laissant ses lecteurs et notre ami lapin dans l’obligation de laisser la fin aux bons soins de leur imagination. Fort heureusement, elle avait confié à son éditeur ses idées quant à la conclusion de son livre et elles apparaissent à la fin de l’ouvrage. C’est une consolation après le choc reçu par votre chroniqueur en comprenant que ce petit bijou n’allait pas aller à son terme.

Mais cela n’enlève rien à la joie que Federico a eu à lire Femmes et Filles. C’était toujours un bonheur pour lui quand il pouvait prendre le temps de se replonger dans la vie d’une poignée d’habitants d’un village anglais. Comme dans Cranford, Elizabeth Gaskell décrit avec minutie et mordant des figures qui sont certes assez archétypales mais qui ne tombent jamais dans le cliché tant les détails donnés apportent de la complexité à chaque personnage. Parfois on est tenté de se moquer tant un personnage se montre caricatural, mais dès la page suivante, on lui découvre une nouvelle facette et on comprend que les choses sont plus compliquées qu’elle ne le sont.

Le point de départ est simple : la vie de Molly, orpheline de mère, est chamboulée lorsque son père adoré se remarie avec une femme qui a une fille de son âge. L’amitié qui naît entre les deux jeunes filles est immédiate et va grandir en solidité, malgré les obstacles. Saupoudrez cela d’intrigues amoureuses, d’un soupçon d’indécence (pour le milieu du XIXe, hein, c’est pas Catherine Millet) et d’une petite noblesse qui adore se mêler de ce qui ne la regarde pas, et voilà les intrigues qui commencent à faire des nœuds, comme dans tout bon feuilleton qui se respecte, afin de tenir le lecteur en haleine. Et ça marche ! Malgré une quatrième de couverture bien trop bavarde, Federico voulait toujours lire plus afin de découvrir les secrets des uns et le vrai visage des autres. Mais ce qui l’a le plus attaché à ce livre, c’est son ambiance de petite ville anglaise, tellement bien décrite qu’il a eu rapidement l’impression de faire partie de cette communauté. Au final, les 1050 pages lui ont parues bien courtes !

La série…

3 carottes

Heureusement, quand il n’y en a plus, il y en a encore, car la BBC s’est fait un devoir d’adapter la plupart des grands romans anglais. Après la folie générée par la sortie d’Orgueil et Préjugés avec King Colin Firth, les créateurs de la série ont remis le couvert avec Femmes et Filles. L’intérêt de ce genre d’adaptation en plusieurs épisodes c’est qu’elles prennent le temps de montrer les petits détails de la vie quotidienne, ceux que zappent trop souvent les films, au profit de scènes d’action plus intenses et de moments d’émotion plus fort. Ce format convient donc parfaitement à l’univers de Femmes et Filles, où la majeure partie de l’intrigue est cachée dans des moments d’apparence anodins.


Pour avoir vu l’adaptation d’Andrew Davies peu de temps après la fin de sa lecture du livre, Federico peut vous assurer qu’elle est très fidèle et n’oublie aucun moment important. Mais pour votre ami lapin, la vie quotidienne provinciale qui l’a tant captivé dans le roman est un peu fade à l’écran. Heureusement, les personnages sont pour la plupart assez bien campé par les acteurs choisis et les répliques qu’ils se lancent font mouche.C’est le casting de l’héroïne, Molly, qui a le moins plu à votre chroniqueur. Dans le livre on sait tout des émotions qui agitent la jeune fille et, si elle sais se tenir comme une demoiselle bien élevée de son temps, elle est particulièrement vive d’esprit et n’hésite pas à dire ce qu’elle pense. Dans la série, Federico a trouvé que l’actrice ne rend pas vraiment l’énergie de Molly, ni son intelligence.

En dehors de cette réserve, Federico a beaucoup aimé cette série, qui brille par d’excellents costumes (pour nos amis qui lisent l’anglais, rendez-vous sur ce site passionnant qui détaille la qualité des robes par le menu) et qui a tout a fait réussi à compléter l’histoire d’Elizabeth Gaskell. Évidemment, ce roman inachevé laissait un boulevard aux scénaristes et ils s’en sont emparé avec une juste dose de respect et d’audace. Contrairement à l’adaptation de Nord et Sud, réalisée en 2004, qui se tenait très bien avant de se vautrer dans le n’importe quoi à l’occasion d’un final catastrophique (alors que la fin du livre est tellement parfaite, POURQUOI ?!), Femmes et Filles se clôt de façon totalement charmante et a laissé un sourire béat de contentement sur le museau de Federico.

Un grand merci à la Duchesse De Devonshire pour les belles photos qui illustrent cet article !

Elizabeth Gaskell, Femmes et filles, traduit par Béatrice Vierne, LGF, avril 2019, 1104 pages.

 

1 commentaire sur “Femmes et filles, du livre à l’écran

  1. J’avais hâte de lire cet article de Federico et il me donne encore plus envie de lire/relire du Elizabeth Gaskell !

    Et je valide à 3 millions de %, même si ce n’est techniquement pas possible, cette photo de King Colin. Ça fait d’ailleurs un certain temps que je n’ai pas regardé Pride and Prejudice version BBC…

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