Bestiaire

Un roman de Éric Dupont.

2 carottes

Peu de temps après La fiancée américaine, Federico a lu Bestiaire, un des précédents romans d’Éric Dupont.

Bestiaire égrène les souvenirs d’enfance de l’auteur en Gaspésie, une région du Québec faite de mer, falaises et montagnes. Peu d’habitants, beaucoup d’embruns ; c’est là que son père, récemment séparé, vient installer sa maison mobile avec sa nouvelle compagne et ses deux enfants peu emballés à l’idée de quitter leur mère bien-aimée et de vivre sous la coupe du nouveau tandem.

img_0588D’ailleurs, l’auteur trouve les surnoms adéquats pour désigner les protagonistes de sa tragédie familiale : son père est Henri VIII (coureur de jupon despotique), sa mère est Catherine d’Aragon (première épouse rejetée), et sa belle-mère est Anne Boleyn (seconde épouse imposée). La vie à la maison devient celle à la Cour, avec ses règles, son paraître, ses combats (« Vive le Québec libre ! »). Le jeune garçon s’échappe comme il peut de cet univers contraignant, et choisit des figures animalières pour totems de ses souvenirs et rêveries enfantines : le chat, le chien, le grand-duc d’Amérique, les poules, le bigorneau…

Réinventé à sa sauce d’adulte et d’écrivain, le récit autobiographique d’Éric Dupont est joli, car empreint de poésie, d’images et de verbe. C’est ce style et ce sujet qui ont amené notre ami lapin à rapprocher Bestiaire de L’avalée des avalées, ce roman de Réjean Ducharme qu’il avait lu il y a quelques années : deux histoires d’une fratrie au mode de vie inusité, isolée dans la campagne québécoise.

Avec toutes ces qualités, il n’en reste pas moins que le souvenir de cette lecture est assez évanescent dans l’esprit de notre ami lapin : Bestiaire n’est pas aussi mémorable que La fiancée américaine !

Éric Dupont, Bestiaire, 2008, Marchand de feuilles, 310 pages pour la version poche.

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