Tout n’est pas perdu

Un roman de Wendy Walker, traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.

1 carotte

Attention ! Federico n’a pas aimé ce livre et n’a aucune envie de vous inciter à le lire, et donc par conséquent, il n’a aucun scrupule à vous dévoiler des éléments clés de l’intrigue. Vous voilà prévenus.

tout n'est pas perduFederico n’aime pas les thrillers, mais pourtant il essaie. Vraiment. Il s’est lancé tout frétillant dans la lecture de Tout n’est pas perdu, roman qu’on lui a présenté comme un phénomène à la hauteur de Les Apparences (que votre chroniqueur avait beaucoup aimé pour le coup, comme quoi, tout n’est pas perdu, huhuhu !)

C’est l’histoire d’une adolescente américaine violée lors d’une fête, qui va subir un traitement spécial, réservé aux militaires souffrant de stress post-traumatique, pour effacer tout souvenir de ce crime atroce. Le lecteur n’a pas cette chance et aucun détail du viol ne lui est épargné. Federico était donc assez mal à l’aise dès le départ. Mais puisqu’on lui avait promis une intrigue passionnante et un dénouement diabolique, il a bien voulu poursuivre sa lecture. C’est Alan Forrester, un psychologue qui nous raconte l’histoire de Jenny Kramer et de sa famille. Il la connaît bien puisque c’est lui qui commence à suivre la jeune fille après qu’elle ait fait une tentative de suicide. Et oui, effacer les souvenirs c’est bien joli, mais le corps a une mémoire et lui, il n’a rien oublié. Ce psychologue va donc essayer de retrouver les souvenirs effacés afin de reconstituer la mémoire de sa patiente et aider les autorités à retrouver le coupable. Alan suit aussi les parents de la victime et découvre de lourds secrets qui n’attendaient que ce drame pour leur exploser au visage. Hors du cabinet, l’enquête se poursuit, piétine et des suspects vont émerger. Alan ayant accès aux secrets et aux confidences de chacun, il va découvrir que la vérité pourrait le mettre en danger.

Sur cette base, l’auteur construit brillamment, et avec une excellente maîtrise de la digression, l’histoire de la manipulation que va orchestrer ce psychologue un peu plus louche à chaque chapitre. Cet homme a hautement conscience de son pouvoir sur l’esprit de ses patients et va en abuser, dans leur intérêt au début, puis le sien.

Suspens, suspicion…

Mais finalement, non, au dernier moment, l’auteur balaie la toile d’araignée qu’il a solidement construite d’un revers de manche, et, de cette même manche, sort un psychopathe. C’est lui qui a tout fait, par ce que c’est un méchant psychopathe et qu’il avait plein de raisons tordues pour faire ça. L’auteur essaie bien de nous faire croire que tout cela a du sens, que tout est lié et qu’il a vraiment un esprit super diabolique mais Federico n’a pas été convaincu. La fin du livre joue beaucoup sur la sympathie que le lecteur éprouve pour Alan, mais notre suspicieux lagomorphe n’a jamais ressenti autre chose que de la gêne à son égard. Même les révélations finales n’ont pas suffit à titiller l’empathie de Federico.

Wendy Walker, Tout n’est pas perdu, Sonatine, mai 2016, 345 p.

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