Promenons-nous dans les bois

Un roman de Bill Bryson, traduit de l’anglais par Karine Chaunac.

3 carottes

Connaissez-vous l’Appalachian Trail ? Ce mignon sentier de randonnée sillonne la côte Est des États-Unis sur 3 500 kilomètres, soit à travers quatorze états, du Maine à la Géorgie. Comme son nom l’indique, il traverse la chaîne de montagne des Appalaches, et permet aux randonneurs de s’attaquer à des monts aux noms prometteurs tels que Great Smoky Mountain, Cumberlands ou Blue Ridge.
promenons nous

Des personnes de tous horizons se lancent sur ce mythique sentier, avec des objectifs très variés, tout comme le sont leurs capacités physiques et leur sens de l’orientation. Mais concentrons-nous plutôt sur Bill Bryson qui nous raconte son aventure dans Promenons nous dans les bois, drôlatique récit de voyage et véritable encyclopédie sur l’Appalachian Trail (AT pour les intimes).

Federico n’a pas lu énormément de récits de voyage, son incursion la plus marquante dans le genre restant En Patagonie de Bruce Chatwin. La découverte des écrits de Bill Bryson lui donne résolument l’envie de se plonger plus souvent dans ce genre de livres.

Tout comme son illustre prédécesseur, Bill Bryson partage son livre entre son expérience de marcheur et de riches explications sur l’AT, son histoire et ceux qui l’ont écrite au passé comme au présent. On apprend donc énormément de choses et c’est ce sens de l’anecdote qui donne un excellent rythme au récit. Non pas que les aventures de l’auteur ne soient pas intéressantes : Federico a beaucoup ri en lisant le récit de ses préparatifs et la naissance d’une passion immodérée pour les burgers après plusieurs jours passés dans la nature. Néanmoins, notre ami lapin a beaucoup apprécié les évocations de marcheurs qui sont entrés dans l’histoire ainsi que les révélations sur la gestion catastrophique de certains tronçons du sentier. Quant aux ours, qui ont été la pire crainte de l’auteur, les passages qui leurs sont consacrés sont narrés avec un humour qui fait mouche à chaque fois. Bill Bryson se montre avant tout comme un randonneur assez proche du commun des mortels, qui peine à porter ses vingt kilos de matériel, s’émerveille devant certains paysage et déprime devant d’autres. Il n’hésite pas non plus à se montrer sous un jour moins favorable en décrivant les moments où il se comporte de façon assez exécrable avec d’autres randonneurs, à commencer par son propre compagnon de voyage, Stephen Katz, pas vraiment taillé pour l’aventure.

Au-delà de tout cela, Promenons-nous dans les bois est aussi une critique acerbe de ses contemporains étasuniens, incapables de faire le moindre trajet sans leur voiture et de prendre soin de leur magnifique patrimoine naturel. Le live a été écrit dans les années 1990 et la situation n’a pas dû s’améliorer depuis…

Bill Bryson, trad. Karine Chaunac, Promenons-nous dans les bois, Éditions Payot & Rivages, 2013, 243 p.

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