Le cœur du problème

Un roman de Christian Oster.

2 carottes

Un homme rentre chez lui et trouve un mort dans son salon. La victime a visiblement fait une chute mortelle depuis la mezzanine, dont la rambarde est brisée. Le narrateur se rend dans la salle de bain où sa compagne est en train de prendre un bain. Sans vraiment expliquer la présence de ce cadavre qui ne lui est pas étranger, elle annonce au narrateur qu’elle part, qu’elle n’est pas en mesure de gérer cette situation et qu’il vaut mieux que ce soit lui qui s’en occupe. Dès ce point de départ, Federico n’a cessé d’être déconcerté par cet ouvrage : tout y est calme, froid et très étouffé. S’il devait créer un décor pour une adaptation, notre ami lapin opterait pour des murs blancs, un mobilier sobre et une lumière très crue de type hôpital. Les rares descriptions qui apparaissent dans l’écriture contredisent la vision de Federico mais il n’a pas pu se départir de cette impression pendant toute sa lecture.

©Editions de l'olivierTout ceci est la faute du héros de ce livre, qui se retrouve contraint de se débarrasser d’un cadavre  mais aussi de s’accommoder de l’idée que la femme qu’il aime a tué quelqu’un (probablement son amant) et qu’elle a pris le large. Les décisions qu’il va prendre à partir de là sont toutes plus étranges les unes que les autres : il semble s’attacher coûte que coûte à continuer à mener une vie normale. Non seulement pour donner le change et ne pas attirer les soupçons, mais aussi pour se convaincre lui même que la situation n’est pas si grave. En effet, et cela a grandement perturbé notre ami lapin, sa réaction est d’une étonnante froideur. Alors qu’on pourrait attendre de la panique et de la colère dont résulterait un grand n’importe quoi, notre héros va s’en tenir à la requête de sa compagne : il s’occupe du problème. Alors, certes, tout cela le perturbe un peu et il est un peu inquiet, mais pas trop.

Pour assurer ses arrières, il va jusqu’à déclarer la disparition de sa compagne à la gendarmerie. C’est là qu’intervient le deuxième personnage difficile à cerner en la personne d’un gendarme nouvellement retraité qui va s’intéresser de près au cas du narrateur. Touché par son histoire (enfin, sa version de l’histoire) il lui manifeste une attention quasi paternelle qui met le lecteur super mal à l’aise parce que ça sent le roussi quand même.

Dans ce livre, nous avons donc des personnages bizarres, dans des situations extraordinaires mais qui font comme si de rien était. C’est étrange, c’est fascinant, ça met mal à l’aise. Intrigué par ce livre, Federico a été entraîné dans l’ambiance suggérée par les réactions des personnages. Cependant, force est de constater que ce roman possède une dimension psychologique que notre ami lapin n’a pas réussi à appréhender et qu’il s’adresse a un public certainement plus pointu que votre chroniqueur.

Christian Oster, Le cœur du problème, éditions de l’Olivier, août 2015, 192 p.

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