Le grand méchant renard

Une bande dessinée de Benjamin Renner.

3 carottes

Dans l’imagerie populaire le renard est un animal roublard, élégant et gourmand qui trompe habilement son monde et parvient toujours à ses fins aux dépends de celui qui l’écoute.

Cette bande dessinée vient contredire la légende et nous présente un spécimen de vulpes vulpes qui cultive l’art de la loose avec soin. Le renard de cette histoire (il n’a pas de nom, pas plus que les autres personnages) est tellement naze que ce sont les poules qui l’agressent quand il tente une incursion dans un poulailler très mal gardé, sous le regard compatissant du lapin et du cochon. Ce dernier, bonne âme, ne manque jamais d’offrir un panier de navet à notre malheureux renard.

©ShampooingAlors qu’il dresse le bilan de sa mauvaise journée avec le loup, vraie terreur des environs, celui-ci met au point un plan diabolique : puisque personne à la ferme ne craint le renard, il n’aura aucun mal à subtiliser quelques œufs. Ces œufs deviendront des poussins puis des poulets bien gras que nos deux compères se feront une joie de dévorer.

Comme vous l’imaginez, le plan ne va pas se dérouler exactement comme prévu et c’est tant mieux parce que cela offre une bonne grosse crise de rires au lecteur ! Ce qui est génial dans ce livre c’est que, même si l’idée de départ est excellente, l’auteur ne se repose pas sur ses lauriers et nous régale de bonnes surprises jusqu’à la fin. C’est un peu creux dit comme ça, sans exemples, mais Federico préfère que vous en fassiez le constat vous même.

L’histoire tient la route, donc, et le casting est franchement bon. On adore se moquer du renard mais on a un peu de peine pour lui et Federico (c’est un comble pour un lapin !) s’est surpris à espérer le voir mettre le grappin sur une poule… Les personnages secondaires sont tout aussi excellent : le loup, vilain ténébreux et cynique ; le chien de garde, génial glandeur ; les poules vindicatives qui montent un boot camp anti-prédateurs et enfin l’improbable duo cochon/lapin, deux bons gros boulets avec un cœur en or. Benjamin Renner leur a dessiné des têtes impayables à chacun et donne vie à ce petit monde grâce à un dessin plein d’énergie, de tendresse et d’humour. Ajoutez à cela des répliques qui fusent et frappent où ça fait mal, et ce sont vos zygomatiques qui vont souffrir !

Federico oublie presque le plus important dans ce livre : les poussins.

Les POUSSINS !

Imaginez des poussins élevés par un renard en quête de reconnaissance… Imbroglio parental et identitaire en vue. D’autant plus que les poussins en question sont aussi dingues que les autres personnages. Pour qualifier ces trois infernales boules de plume, Federico a choisi le néologisme suivants : ils sont attachiants !

Si vous êtes un peu ric-rac au niveau budget ce mois-ci parce que vous avez acheté une maison ou une voiture ou un râtelier, Federico accepte de vous donner le lien du blog de l’auteur (cliquez sur le renard). Benjamin Renner a en effet eu la bonne idée de publier les premières planches de son livre, précédées de la genèse de l’histoire, pour vous donner envie de le lire vite vite. Mais après, vous irez l’acheter, hein ?

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Maintenant, si vous n’avez plus de questions, Federico va aller lire tout le blog de Benjamin Renner où l’attend l’histoire d’un canard, d’un cochon, d’un lapin et du Père Noël

Benjamin Renner, Le grand méchant renard, Delcourt, janvier 2015, 192 pages. (Collection « Shampooing »)

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