Le voyage de Robey Childs

Un roman de Robert Olmstead, traduit de l’anglais (États-Unis) par François Happe.

noté 4 sur 4

©GallmeisterUn matin la mère de Robey lui demande de partir à la recherche de son père : elle le sent, il court un grave danger. Nous sommes en 1863 et le jeune garçon s’apprête à partir pour un voyage des plus périlleux au travers des États-Unis déchirés par la guerre de Sécession. Le voilà donc en route avec sa vieille jument et une chemise réversible : un côté pour chaque armée. Lors de la première étape, Robey se voit remettre les rênes d’un cheval noir magnifique, puissant et d’une intelligence troublante. Sur son chemin, le jeune garçon va découvrir un monde qu’il ne connaissait pas et qu’il n’aurait jamais imaginé aussi cruel. Ses pas vont le mener sur le charnier de Gettysburg, mythique bataille qui, si elle n’est pas nommée, est aisément reconnaissable au vu du désastre humain, décrit avec un réalisme qui pourrait émouvoir les lecteurs sensibles.

Dans un article précédent, Federico s’était un peu étalé sur les titres français qui changent totalement de sens vis-à-vis de l’original. Avec ce roman c’est encore le cas : nos amis anglo-saxons ont eu la joie de lire Coal Black Horse, soit « un cheval noir comme le charbon ». L’accent est donc mis sur la relation étonnante entre le garçon et l’animal. Ce dernier semble veiller sur son cavalier et a évoqué à Federico ces animaux mythologiques qui accompagnent les héros dans leur voyage. Le VOYAGE de Robey Childs. Ah ! Tout est lié ! C’est diabolique !!

Ahem…

En fait on s’en moque un peu de savoir qui du cheval ou du garçon est au centre de l’histoire. Le plus important est de souligner la beauté de ce récit d’apprentissage qui voit le jeune Robey parcourir les routes ensanglantées des États-Unis et devenir peu à peu un homme. La barbarie de la guerre, dont on ne voit que les conséquences, est décrite de façon assez crue, sans complaisance. Âmes sensibles, s’abstenir. Pour les autres, délectez vous de la poésie qui marque chaque phrase et donne sa portée mythologique au texte. Entre le comportement étrangement sage du cheval, la beauté lumineuse de la nature, les parts d’ombre des hommes et les réflexions prophétiques de Robey, tout est en place pour nous envelopper dans un récit hors du temps. Robey est un personnage fascinant : sa façon de penser et de regarder le monde en font un personnage solaire, unique et inoubliable.

Tout comme son voyage.

Et son cheval.

Robert Olmstead, Le Voyage de Robey Childs, Gallmeister, avril 2014, 240 p.

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