Une place à prendre

Un roman de J. K. Rowling, traduit de l’anglais par Pierre Demarty.

noté 2 sur 4

Par dévouement, mais aussi par curiosité, Federico a lu le pavé de J. K. Rowling… Et oui, quid du dernier né de la maman de Barry Crotter ?

On le sait, les médias l’ont rabâché tout au long de la rentrée de septembre : Une place à prendre est un livre pour adulte. Soit. En passant, Federico remarque que préciser à tout bout de champ « livre pour adulte » sous-entend, et surtout souligne, que la saga du sorcier binoclard était avant tout un « livre pour enfant », et donc qu’il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes nom d’une pipe en terre. Cela agace un peu notre ami lapin, car le plus important n’est pas de déterminer si c’est un livre pour les enfants, les adultes ou les poissons-chats, mais si ce bouquin vaut le coup qu’on y mette le museau. Au vu des 2 carottes, difficile de trancher… Ben oui, c’est pas mauvais, ni génialissime, c’est juste pas mal.

© Grasset, 2012Il faut quand même le dire, J. K. Rowling est une bonne conteuse. Alliant suspens, action et émotions, elle alterne différentes voix qui portent avec aisance l’intrigue du roman. Au fait, de quoi ça cause ?

Voici l’histoire :

Suite au décès soudain de Barry Fairbrother, un siège est vacant au conseil paroissial de la petite ville de Pagford. Les notables de la bourgade anglaise se préparent aux élections à venir et se déchirent alors sur la grande question qui anime la commune depuis des décennies : la cité des Champs doit-elle rester sous l’administration de Pagford ou bien rejoindre la tutelle de Yarvil, la ville « rivale » voisine ? Amis et opposants du défunt se croisent et se confrontent, et les secrets bien cachés entre les murs des grandes maisons cossues finissent par éclater au grand jour sur le site internet du conseil paroissial sous l’anonymat du « Fantôme de Barry Fairbrother »…

Secrets, drames familiaux, embrouilles, jalousie, sexe… « mais c’est Desperates housewives » direz-vous ! « Et oui ! », répond Federico.

Malgré les clichés éparpillés ça et là, certains personnages prennent de l’épaisseur au fil de l’histoire et on découvre des rapports entre parents et adolescents particulièrement conflictuels. On fait donc connaissance avec Andrew, ado introverti et boutonneux, son meilleur ami à l’humour cinglant Stuart, Sukhvinder, une jeune indienne mal dans sa peau et brimée en classe, et surtout Kristal, une fille de la cité qui lutte au quotidien contre l’emprise de la drogue sur sa mère et tentant de veiller au mieux sur son petit frère. Côté adulte, on rencontre le patriarche qui veut tout commander, la « première dame » du patelin qui participent à des œuvres caritatives, la fille qui débarque de Londres, la famille d’origine indienne, la cougar, le crapuleux, le looser, etc.

En vrai melting-pot social, plein de thématiques pas gaies y sont traitées : des scènes de violence, sexe, drogue, viol, enfants et épouse battus, scarifications, mais aussi du racisme, de l’adultère, Federico en passe des vertes et des pas mûres… Le tout avec en arrière-plan l’attachement de l’auteur à dépeindre les retors de la politique locale…

Cela doit donc être cette intrigue trop politique et sociale, mais aussi cette narration trop lisse (et peut-être trop facile) qui empêche Une place à prendre de captiver et bouleverser son lecteur jusqu’à la moelle, et donc de rester dans les annales conejienne.

Une place à prendre, J. K. Rowling, Grasset, 2012, 682 pages

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